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The Darkness – Dea Matrona Elysée Montmartre - Paris, 29/10/25

L’Élysée Montmartre affichait complet ce mercredi 29 octobre, avec un public prêt à célébrer The Darkness comme il se doit. Deux décennies après l’explosion de « Permission To Land », le groupe britannique prouve qu’il n’a rien perdu de sa démesure rock and roll ni de son sens inné du spectacle. Dès l’entrée en scène, l’atmosphère change : les lumières virent au scintillant, les amplis grondent, et les premiers accords annoncent un concert où l’humour, la technique et l’énergie brute vont cohabiter sans jamais se marcher dessus. Justin Hawkins, plus flamboyant que jamais, ouvre le bal avec un jeu de guitare qui allie virtuosité, grain tranchant et vibrato expressif, le tout porté par une présence scénique qui renvoie autant au glam des 70’s qu’aux grands entertainers du rock, disons, « moderne » (comme son, hum, grand ami Yungblud…). L’Élysée Montmartre devient immédiatement un terrain de jeu sonore où chaque riff semble rallumer une braise du rock exubérant.

La soirée avait pourtant commencé plus simplement avec Dea Matrona, quartette irlandais qui combine efficacité rock et sens de la mélodie. Son set, solide et sans fioritures, repose sur des guitares aux attaques franches et un grain naturel qui rappelle parfois le classic rock brut d’une époque où l’on branchait, on jouait, et le reste suivait. Une rythmique carrée, des harmonies bien balancées, un groove assuré : le public se laisse embarquer sans difficulté, d’autant que la scène et le son montent progressivement en puissance, comme si tout était pensé pour préparer le terrain à la grandiloquence de ce qui allait suivre. Une reprise bien sentie du fameux Oh Well! Du Peter Green’s Fleetwood Mac finira de convaincre plus d’un de revenir voir Dea Matrona lors de son prochain passage au Backstage By The Mill de Paris le 12 mars prochain.

© Jean-Pierre Sabouret

Mais, lorsque les frères Hawkins font irruption avec Rock And Roll Party Cowboy, la différence est immédiate : la salle s’ouvre, l’air vibre, et le glam rock reprend ses droits avec une assurance déconcertante. Justin Hawkins s’impose immédiatement comme le catalyseur du spectacle. Sa maîtrise technique est évidente : attaques nettes, bends vertigineux, glissandos mesurés, tout cela entre deux envolées vocales stratosphériques dont lui seul a le secret. Mais derrière l’excentricité et les paillettes se cache un musicien d’une précision chirurgicale, capable de passer d’un riff agressif à une ligne mélodique délicate en un clin d’œil. Ses échanges avec la foule — amusants, spontanés, parfois absurdes — créent une proximité rare pour un groupe aussi théâtral. À ses côtés, Dan Hawkins ancre chaque morceau dans une solidité rythmique exemplaire. Son son, typiquement Gibson/Marshall, apporte ce grain chaud et massif qui constitue le socle du style The Darkness : large, mais défini, brillant mais jamais criard, parfaitement adapté aux lignes vocales et aux solos acérés de son frère. La section rythmique forme un tandem redoutable. Frankie Poullain assure une basse à la fois élégante et ferme, avec ce groove légèrement vintage qui permet aux guitares de parler sans étouffer le mix. Rufus Tiger Taylor, derrière les fûts, joue avec une intensité contrôlée qui élève chaque morceau : ses relances, puissantes, mais jamais envahissantes, donnent à la musique un relief supplémentaire et rappellent que le fils du batteur de Queen a définitivement trouvé sa propre voie sonore. Le tout est soutenu par un son étonnamment clair pour une salle aux résonances parfois capricieuses : les guitares ressortent distinctement, la basse respire, la batterie claque comme il faut.

La setlist navigue habilement entre nostalgie et nouveautés. Les classiques issus de « Permission To Land » (Get Your Hands Off My Woman, Love Is Only A Feeling, One Way Ticket) déclenchent des réactions instinctives, comme des hymnes intemporels que la salle entière semble connaître depuis toujours. Mais les morceaux tirés de « Dreams On Toast » trouvent aussi leur place avec une aisance remarquable : riffs plus denses, refrains efficaces, arrangements qui montrent une maturité sans jamais renier la signature flamboyante du groupe. L’équilibre entre le passé et le présent fonctionne parfaitement, comme si The Darkness rappelait qu’il n’est pas seulement un groupe nostalgique, mais un groupe vivant, toujours inspiré.

© Jean-Pierre Sabouret

La setlist avance avec la fluidité propre aux grands groupes : les classiques réveillent immédiatement la salle, tandis que les titres plus récents trouvent leur place sans rupture. The Darkness montre ainsi qu’il sait honorer son héritage tout en continuant à évoluer, sans jamais perdre ce mélange de grandeur et de spontanéité qui caractérise leur rock. Au cœur du concert, la reprise de The Power Of Love (Jennifer Rush) vient suspendre le temps. Hawkins y adopte une retenue inattendue, offrant une interprétation douce et sincère qui contraste avec la déferlante d’énergie qui précède et suit ce moment. Une pause brève, mais profondément marquante, avant que le groupe ne relance la machine. Le final arrive avec l’imparable I Believe In A Thing Called Love, transformant la salle en un chœur unique. Le public chante, saute, vit le morceau comme un hymne. Sans artifices, sans prolongation inutile, The Darkness quitte la scène après une performance à la fois généreuse et maîtrisée, rappelant qu’un rock assumé et vibrant garde toujours la même puissance, même vingt ans plus tard.

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