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Laura Cox & Waxx - Professions de Foi

Deux guitares, deux parcours, une même exigence. Laura Cox et Waxx se sont plusieurs fois rencontrés guitare en main. Pour Guitar Part, ils se retrouvent cette fois pour échanger quelques pensées à défaut de notes. Laura présente son album « Trouble Coming » et Benjamin, alias Waxx, défend « étincelle 2 », ainsi que son livre « Shuffle », tout en menant de front l’émission Foudre sur RTL2 et Fanzine sur la toile. Au fil d’une interview croisée, les deux musiciens confrontent souvenirs, sons, choix artistiques et visions du métier, la guitare comme langage commun et fil conducteur.

Avant de vous laisser la parole, pouvez-vous nous rappeler ce qui vous lie et peut-être remonter jusqu’à votre première rencontre qui ne date pas d’hier ?

Laura : C’était il y a une dizaine d’années, en 2014 ou 2015.

Waxx : Oui, exactement. En 2014.

Laura : Aux locaux de YouTube. Il y avait l’ouverture de YouTube Space, chez Google, et on s’est croisés là-bas. On a discuté, sympathisé…

Waxx : On faisait un concert commun.

Laura : Oui, je crois que c’est ça. Je me souviens même m’être demandé pourquoi j’étais là au départ.

Waxx : Ils organisaient un concert en réunissant des créateurs issus d’Internet qui faisaient de la musique. Toi, comme moi, on venait de là à ce moment-là.

Laura : Exactement. Ensuite, on est plus ou moins restés en contact, et quelques années plus tard, Gibson nous a vraiment rapprochés. En tout cas, c’est comme ça que je m’en souviens.

Waxx : Jusqu’à ce qu’on parte ensemble à Los Angeles, au NAMM, en 2020. Grosse expérience. Gibson avait loué quasiment un étage entier du Convention Center d’Anaheim. On s’est retrouvés à préparer un concert commun, avec des morceaux de Laura et des morceaux à moi. On avait même, je crois, deux concerts à assurer.

Laura : Et ça, ça a été la vraie rencontre, oui !

Waxx : Quand on a pris l’avion ensemble pour un Paris–Los Angeles, et qu’ensuite on était dans le même hôtel… C’était super.

Laura : J’ai perdu mon téléphone (rires)…

Waxx : Il y avait plein d’histoires, c’était super drôle.

Laura: Depuis ce moment-là, on est restés en contact assez régulièrement, surtout via Gibson, mais on se suit mutuellement.

Waxx : Et, en dehors de Gibson aussi, parce qu’on a quand même fait des sessions ensemble. Tu es venue dans mon émission Fanzine. Je t’ai invitée deux fois sur RTL2, et tu as aussi participé à ma spéciale Hellfest, puisque tu y jouais. On avait même joué ensemble Simple Man de Lynyrd Skynyrd. Sur ma tournée étincelle, je l’ai invitée et elle m’a rejoint. C’était aux Nuits de Champagne, qui est un super festival, et Laura est venue faire trois chansons avec nous…

Laura : Voilà, ça a commencé comme ça et puis ça suit son cours, quoi (rires).

Waxx : Là, on a déjà un gros amour de la musique et de la guitare. Ou, plus simplement, de la musique tout court. Et c’est vrai que j’adore le jeu de Laura, et à chaque fois que j’en ai l’occasion, je le lui dis. Donc, là, je lui dis merci.

Laura : Ce qui m’impressionne le plus chez toi, c’est ta capacité à apprendre très rapidement et ta faculté d’adaptation. Vu que tu fais énormément de featurings avec des artistes, tu sais te glisser dans la peau d’un membre du groupe, que ce soit pour les arrangements ou autre chose. C’est quelque chose que je ne sais pas faire et que j’admire beaucoup, justement parce que ton cerveau doit avancer à mille à l’heure.

Waxx : Je pense que c’est une gymnastique. Le fait de le faire souvent m’a permis d’y arriver, mais c’est aussi parce que je produis des disques depuis très longtemps. C’est clairement quelque chose qui m’a beaucoup aidé.

Maintenant qu’on en sait plus sur votre parcours commun. À votre tour de poser les questions…

Waxx : J’ai une première question. C’est la première fois que tu travailles avec des producteurs sur cet album. J’aimerais déjà savoir comment vous vous êtes rencontrés, et surtout ce que ça a changé, autant au niveau de la production que de ton écriture. On parlait tout à l’heure de ta façon de travailler, de ta préparation quand tu sais que tu vas intervenir sur le projet de quelqu’un d’autre. Quelle pression ça t’a mise, et qu’est-ce que ça t’a apporté de positif ?

Laura : J’avais moins de pression en travaillant sur mon propre projet qu’en intervenant sur celui de quelqu’un d’autre, par exemple. Là, je me dis que si je me plante, ça ne regarde que moi. Je n’ai pas envie de faire merder le projet des autres. Pour les producteurs, tout est parti d’Apolline, notre manageuse à tous les deux. Elle m’a dit : « Tu vas sortir un nouvel album, est-ce que tu as envie d’aller ailleurs avec ton son ? Qu’est-ce que tu as envie de faire ? » À ce moment-là, j’écoutais pas mal la radio en voiture et je tombais de temps en temps sur No Money Kids (Félix Matschulat et JM Pelatan, NDR). Je me suis dit que j’aimerais bien bosser avec eux, même si je ne savais pas du tout s’ils faisaient de la production. Apolline les a contactés, ça a très bien matché, et tout est parti de là. De mon côté, j’avais déjà commencé à composer des maquettes, sur lesquelles mon groupe de live s’était aussi greffé. Et ce qu’on a fait, c’est qu’on a gardé juste mes parties et qu’on a refait ces maquettes avec No Money Kids. Sur certaines, j’avais ça sur quatre ou cinq titres et le reste, en fait, a été composé par moi. Plus tard, une fois que j’avais embrayé le travail avec eux et le fait justement d’avoir entamé cette collaboration, effectivement, ça m’a fait composer différemment parce que ça m’a un peu ouvert l’esprit en me disant je vais arrêter de me poser des barrières en termes de style et je vais partir un peu là où j’ai, là où mon cerveau me guide sans me poser de questions sur le style. Et, comme on a ces producteurs arrangeurs, ils arriveront à donner une couleur et une cohérence à l’album. Et, donc, je n’avais vraiment pas de pression, enfin moins que d’habitude, parce que je n’avais pas ce truc d’enregistrer en studio, en live avec mes musiciens, mais juste tranquillement travailler mes maquettes chez moi, les retrouver dans leur studio et avancer à mon rythme. Et ça s’est fait enfin dans la liberté. C’était le lâcher-prise. Ça faisait plaisir.

« Trouble Coming », Laura Cox.

Au passage, Pauline est donc un autre point commun entre vous deux…

Waxx : Oui, on est managés par Pauline Bérenger.

Laura : Grâce à Waxx, en fait, qui m’a mise sur le coup. Ma mère écoute beaucoup Waxx, elle le suit, et elle m’a dit : « Waxx, ça marche bien pour lui, tu devrais contacter sa manageuse. » C’est vraiment comme ça que ça s’est passé, je te l’avais dit. Elle a cherché sur Internet, trouvé le contact, et elle m’a dit : « C’est bon, tu vas l’appeler. »

Waxx : Génial !

Laura : Au début, Pauline m’a dit qu’elle était désolée, qu’elle n’avait pas trop le temps, qu’elle avait beaucoup de travail. Et c’est Waxx qui a insisté pour qu’on se rencontre. Je pense que tout est parti de là.

Revenons aux questions, à ton tour, Laura…

Laura : « étincelle », c’est un projet qui est né comment, à l’origine ?

Waxx : C’est assez drôle, parce que tout s’est déclenché la même semaine. On m’a proposé de faire la création des Francofolies de La Rochelle, ce qui était extrêmement honorifique pour moi. Les Francos font vraiment partie du patrimoine culturel français, et c’est aussi le premier festival qui m’a donné ma chance, au début des années 2000. Là, on était en 2023. Je me retrouve donc avec cette création à imaginer et je me demande ce que je pourrais y faire. Au même moment, je donne une interview à Télérama, sans lien direct avec ça, et la journaliste me dit : « Toi qui fais beaucoup de reprises, pourquoi tu n’as jamais fait d’album de reprises ? » Ça m’a fait réfléchir. Je me suis demandé : « Si je devais en faire un, à quoi il ressemblerait ? » Et c’est là que l’idée est née. Je me suis dit que j’aimerais inviter sur scène des artistes que le public connaît déjà, pour qu’ils viennent interpréter la chanson qui leur a donné envie d’aimer la musique. Je trouve qu’on n’a jamais le même rapport à une chanson quand elle est fondatrice pour soi, que lorsqu’on interprète un morceau qu’on aime bien ou qu’on a découvert il y a deux semaines. Tu te rappelles avoir le peigne dans la main et chanter devant la glace. J’ai donc commencé à monter ce concert en appelant des artistes pour qu’ils me rejoignent sur cette création. Et la magie a opéré tout de suite. Dès les répétitions, on le voyait, on était tous en larmes. C’était hyper beau, parce que chacun avait une histoire à raconter avec ces chansons-là. À ce moment-là, je me suis dit que je voulais en faire un disque.

« Étincelle 2 », Waxx.

Laura : Tu t’es dit « reprises acoustiques » dès le départ, ou c’est venu en cours de route ?

Waxx : Non, c’est venu tout de suite. Je me suis dit que j’aimerais quelque chose de très minimal, avec des arrangements qui se rapprochent vraiment de ce que j’aime. Il y a beaucoup de classiques de blues qui ont été repris, notamment sur le « MTV Unplugged » d’Eric Clapton… Ça m’a fait entrer dans plein de chansons de blues que je ne connaissais pas forcément, et les entendre comme ça, le plus nu possible, ça m’a vraiment accroché.

Laura : C’est clairement plus minimaliste, mais parfois ça a plus de poids comme ça, parce que tu es à nu, tu te dévoiles. Ça touche vraiment. Je n’étais pas aux Francofolies, mais j’ai eu la chance de participer à un concert d’Étincelle il y a quelques mois, et franchement c’était très fort. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de projet entièrement acoustique, mais tout est dans la finesse, chaque instrument a sa place, et ça te prend aux tripes. C’est magnifique.

Waxx : Merci beaucoup. Et de mon côté, il y a des titres que j’ai découverts ou redécouverts en acoustique. Je pense par exemple à The Man Who Sold The World de Bowie. La version de Kurt Cobain l’a fait découvrir à toute une génération, et moi, c’était un morceau que je ne connaissais pas du tout avant.

Laura : Tu as énormément de projets en parallèle : Foudre sur RTL2, Étincelle, un livre… Tu fais beaucoup de choses en même temps. En quoi tout ça est lié ? Est-ce que tu puises ton inspiration dans les rencontres que tu fais, par exemple dans Foudre, et que tu réinjectes ensuite dans d’autres projets ?

Waxx : En fait, je suis vraiment une éponge. Un monsieur éponge. Je suis un peu un Frankenstein aussi : toutes les personnes que j’ai rencontrées et avec qui j’ai collaboré m’ont apporté quelque chose. Parfois, c’est infime, parfois c’est énorme. Avec Pomme, par exemple, ça m’a fait énormément évoluer, musicalement, mais aussi humainement. Elle m’a fait voir les choses très différemment. J’ai produit son premier disque, puis, pour le suivant, elle m’a dit qu’elle voulait travailler avec tous les producteurs qu’elle aimait, et qu’elle ne referait pas deux fois de suite un album avec la même personne. Sur le coup, ça pourrait heurter l’ego, se dire : « Pourquoi on n’en refait pas un ensemble ? » Mais, en réalité, elle m’a effacé ça. J’ai compris sa démarche : butiner, aller à droite, à gauche, apprendre qui l’on est à travers les rencontres. C’est une grande leçon qu’elle m’a apprise. Toi aussi, tu m’as appris beaucoup, notamment sur la rigueur. À Los Angeles, je t’ai vue m’emprunter ma guitare…

Laura : Oui, pour aller répéter dans ma chambre.

Waxx : Pour répéter un morceau que tu connaissais déjà quasiment par cœur. Moi, je viens du milieu hardcore de la fin des années 90, où on ne répétait jamais. Quand on répétait, c’était surtout pour fumer et boire des bières. Aujourd’hui, je rattrape tout ça avec le travail que je fournis.

Waxx : J’avais une question à te poser sur ton disque, par rapport à ton rapport aux solos de guitare. Je sais que, par exemple, ceux de John Mayer ont beaucoup évolué avec le temps, notamment à travers ses rencontres avec Don Was, qui a produit plusieurs de ses très grands disques. J’adore Don Was, c’est quelqu’un qui a énormément de goût. Je me demandais si le fait de travailler avec des producteurs comme No Money Kids avait changé ton approche du solo. Je trouve que ceux que tu joues sur cet album sont différents des précédents.

Laura : Ce qui a changé aussi, c’est qu’il n’y a pas forcément de solo sur toutes les chansons. Avant, je n’imaginais pas un morceau sans solo, et, aujourd’hui, je me dis que, parfois, la chanson est terminée telle quelle, qu’il n’y a pas besoin d’en rajouter un. Sur certains titres, le solo serait presque hors sujet. Ce n’est pas forcément lié au fait d’avoir travaillé avec No Money Kids, mais plutôt à une réflexion globale sur cet album. J’avais envie de faire un disque qui ne s’adresse pas uniquement aux musiciens, pas seulement aux techniciens ou aux guitaristes, même si ça peut évidemment leur parler aussi. Je voulais quelque chose qui puisse faire hocher la tête à tout le monde. Du coup, pas forcément besoin de solos de guitare, ni de solos compliqués. Selon les morceaux, c’était très différent, mais mon approche a changé. Je me suis davantage concentrée sur le songwriting, et un peu moins sur les solos, qui sont là pour habiller la chanson, alors que j’avais tendance à faire l’inverse auparavant.

Waxx : Sachant que tu as aussi été identifiée pour ton jeu de guitare, est-ce que, quand tu abordes un solo sur un album, tu te mets une pression en te disant que les gens vont attendre ce moment-là ?

Laura : Peut-être qu’avant, oui, je me mettais cette pression. Mais pour ce dernier album, j’ai vraiment abordé ça de manière très tranquille. Je me suis dit que l’important, c’était de sortir quelque chose qui me plaisait, et que, si ça me plaisait à moi, ça plairait sûrement à d’autres. Ensuite, je peux toujours faire évoluer les morceaux en live, les agrandir, rallonger certains passages, développer davantage la guitare, avec plus de solos. C’est justement ce sur quoi on travaille pour les arrangements de la tournée 2026. Il y a des chansons du nouvel album que j’ai très envie de jouer sur scène, mais qui sont peut-être un peu courtes pour le live. On va donc entamer ce travail de réarrangement.

Laura : Sur le choix des invités de tes albums, c’est quand même très éclectique, et franchement, ça fait plaisir. Quand tu vois que tu passes de la Star Academy à Philippe Katerine, il y a vraiment de tout, et c’est ce qui fait la richesse de l’album, je trouve. Mais je me demande comment tu fais. Est-ce que ce sont des rencontres récentes, des envies liées à Fanzine ou à Foudre ?

Waxx : C’est une bonne question. Honnêtement, sur les deux albums, j’ai eu la chance de côtoyer des gens que je connais parfois depuis quinze ans, parfois depuis six mois, et, à chaque fois, ce sont de vrais coups de cœur. Je fonctionne vraiment comme ça : je me donne environ un an pour faire l’album, et pendant cette période, je pense à des gens, et j’y vais. Par exemple, MC Solaar m’a proposé de jouer avec lui à l’Olympia, et ça avait cartonné. Les gens avaient adoré qu’on joue ensemble, et j’étais son seul invité, donc forcément, ça mettait une pression de dingue. Moi, j’ai grandi en écoutant Solaar, alors je lui ai dit : « Je prépare un album, est-ce que tu voudrais en faire partie ? » Il m’a répondu oui, direct. Je lui ai demandé quelle était la chanson qui lui avait donné envie d’aimer la musique, et il m’a répondu : « Mistral gagnant de Renaud. » Un poète qui reprend un autre poète, je trouvais ça magnifique. Jain, par exemple, ça fait dix ans qu’on se connaît, on a toujours voulu faire quelque chose ensemble, et c’était la bonne occasion. Ebony, elle, sortait de la Star Academy. Je l’avais croisée, je l’avais trouvée touchante, puissante…

Laura : C’est sur du Rihanna. J’ai passé l’album dans mon salon l’autre jour, j’écoutais d’une oreille et je me suis dit : « Mais qui a repris ça ? » Une copine m’a répondu : « C’est Ebony. » Je me suis dit : « Putain, c’est trop cool ! »

Waxx : Tu vois, comme quoi les générations se mélangent. Philippe, ça fait des années qu’on se connaît. Et cette question me titillait vraiment. Je lui ai demandé : « Dis-moi, toi, qu’est-ce qui t’a fait aimer la musique ? » Je m’attendais à plein de réponses possibles, mais, quand il m’a répondu : « Téléphone et surtout Flipper… » j’étais là : « Waouh ! » Et, en fait, je trouve que ça a énormément de sens. Philippe Katerine, personne ne savait son amour pour Téléphone. Et tu sais, Jean-Louis Aubert m’a quand même envoyé un message parce qu’il était là, à mes Olympia. Pour mes Olympia, c’était Jean-Louis Aubert qui terminait. C’était mon invité de fin d’Olympia. Et je lui avais dit : « Il y aura une petite surprise pour toi sur mon prochain album… » Et il était loin de se douter que ce serait Philippe (rires). Jean-Louis Aubert, Il a été très important pour moi. Ou Téléphone, globalement… MC Solaar aussi. Et j’ai réuni les deux à l’Olympia et c’était la première fois qu’ils faisaient un truc comme ça. Et puis il y avait Pomme. Donc c’était marrant de mélanger les générations…

Bon, l’heure tournant, devinez de quoi il faut parler impérativement ? Guitares et matos quand même. Qui commence ?

Laura : Tout l’album a été enregistré avec la même guitare, du début à la fin. À chaque fois, c’est la même.

Waxx : En acoustique, c’est toujours la même. Mon American Eagle Gibson. C’est mon point de repère. Je l’ai utilisée sur tous les titres des deux albums « étincelle ». C’est comme ça. J’ai aussi utilisé ma guitare signature et ma Gibson Nighthawk Waxx, que Gibson m’avait offerte il y a plus de dix ans. Et puis il y a une petite nouvelle sur cet album : une Epiphone ET-270, de l’époque où le modèle allait renaître.

Laura : J’étais en train de me demander à quoi ressemble une ET-270. C’est un peu une forme de Coronet, non ?

Waxx : C’est un peu une forme Stratocaster. C’est la guitare qu’utilisait Kurt Cobain entre « Bleach » et « Nevermind ». Je vais te montrer la photo… (il sort son smartphone). C’est une Epiphone des années 70, fabriquée au Japon, avec une qualité extraordinaire. Des simples bobinages, et surtout ce vibrato qui me permettait d’obtenir cette ambiance un peu surf sur certains morceaux.

Waxx : Et toi, Laura, alors ? Ton matériel ?

Laura : Pour cet album, c’est la première fois que je me suis vraiment posée. Je ne me suis pas pris la tête avec le matos, justement, et le fait de travailler avec No Money Kids a beaucoup aidé. J’arrivais chez eux, ils me mettaient une guitare entre les mains, et je ne passais pas des heures à régler des amplis ou à chercher des sons. Avant, j’aimais bien ça, mais ça pouvait vite devenir une prise de tête et faire perdre beaucoup de temps en studio. Comme j’ai enregistré en partie chez eux et en partie chez moi, et qu’ils connaissent parfaitement leur matériel, c’était très fluide. Souvent, je venais avec une de mes guitares. J’ai pas mal utilisé ma Gibson SG ’61 Standard TV Yellow, qui est une de mes guitares principales sur scène en ce moment. Je la trouve super belle, ce jaune change vraiment du Cherry qu’on voit partout. C’est clairement ma guitare principale actuellement. J’ai aussi utilisé ma Les Paul Junior Billie Joe Armstrong rouge, celle qui est sur la pochette de l’album. Et, sinon, j’ai beaucoup joué sur le matériel de No Money Kids, qui fonctionne très bien. Notamment une Gibson Les Paul Signature des années 70, une guitare un peu particulière, avec des ouïes, finition Goldtop, et des micros à capots plastiques crème, un peu comme sur la basse de Jack Casady. C’est une demi-caisse avec de petites ouïes, équipée d’un piezo. Ils avaient ça au studio, et j’ai beaucoup joué dessus. J’ai aussi pas mal joué sur ma Supro Martinique ’61 Jerry Jones, qui ressemble à un modèle Danelectro. Voilà, ce sont essentiellement les guitares que j’ai utilisées chez eux. Je ne me suis pas posé de questions, parce qu’ils connaissent parfaitement leur matériel. J’avais envie de leur faire confiance sur la façon dont ils entendaient l’album. Il y a eu du changement sur ce nouvel album. Il y a eu beaucoup de Kemper. J’ai utilisé le matos de No Money Kids et c’était essentiellement de la simulation de Marshall.

Waxx : Moi, j’ai eu la chance d’avoir Gibson qui m’a offert récemment un super Mesa/Boogie. J’ai aussi un AC30 Studio que j’adore, parce que ce sont des modèles mythiques. Et puis j’ai un très, très vieux Mesa/Boogie 150. Et sinon j’ai un tout petit ampli Epiphone, des années 40…

Waxx : Mais toi, Laura, c’est quoi ton ampli de rêve, tes effets ?

Laura : Franchement, je n’ai plus vraiment de rêve de matos. Guitares ou amplis, ce n’est plus ça qui me fait fantasmer. Ce qui me tient vraiment à cœur aujourd’hui, c’est de créer. Je n’ai pas de rêve de matériel cher en soi. En revanche, le Marshall reste très important pour moi. Je tourne avec ça en ce moment et ça marche super bien sur scène. J’ai deux stacks Studio Vintage 20, des petites têtes de 20 watts avec leurs baffles 2x12. Franchement, ça fonctionne vraiment très bien en live. Pour la prochaine tournée, je passerai peut-être sur du 4x12. Je peux les porter toute seule. Il sont chargés dans le camion, ça ne pèse pas trois tonnes… Pour les effets, je vais vraiment au plus simple. Déjà, être bien accordée, c’est essentiel. J’ai quelques overdrives, j’utilise des pédales Solo Dallas, notamment la Solo Dallas Storm. Pour les modulations et les delays, j’ai des EarthQuaker Devices, et aussi un effet un peu beat crusher de chez eux, qui s’appelle le Bit Commander. Et une wah aussi, la classique de chez Dunlop, mais sans switch. Dès que tu poses le pied dessus, l’effet s’enclenche automatiquement. C’est beaucoup plus simple sur scène.

Waxx : Moi, j’ai le même pédalier depuis toujours.

Laura : Ce n’est pas un Digitech ?

Waxx : Si, j’ai une disto Digitech, un delay Digitech aussi, ma Whammy, ma wah, l’originale, big up à Hendrix et j’ai aussi un super chorus qui marche d’enfer.

Laura : Chorus, mais de quelle marque ?

Waxx : Electro-Harmonix. Et franchement, ça marche super bien.

Certainement de nouvelles rencontres en 2026. © Jean-Pierre Sabouret

Il nous reste cinq ou dix minutes. Vous n’avez pas une question à vous poser sur la raison essentielle pour laquelle vous êtes tous les deux ici aujourd’hui ? À savoir, la découverte de la guitare…

Laura : Mais oui. Tu as commencé par l’acoustique ou par l’électrique ?

Waxx : Moi, j’ai commencé par la basse. J’ai appris tout seul, sans professeur. Et l’anecdote est assez marrante, surtout vu le magazine qui nous pose la question aujourd’hui. À l’époque, Guitar Part avait un magazine qui s’appelait Bass Part, avec un CD en bonus pour apprendre des morceaux des Red Hot Chili Peppers ou de Rage Against The Machine… J’avais une basse premier prix, une marque qui s’appelait James Spirit, qui n’existe plus du tout. Personne ne connaît ça, mais je l’ai toujours. Je suis très fier d’avoir gardé mon premier instrument. Et j’ai aussi conservé ce numéro de Bass Part. C’est vraiment grâce à ce magazine que j’ai appris à faire de la musique. Ensuite, la guitare est venue naturellement, parce que j’ai intégré des groupes où il y avait des guitaristes. Je les observais, ils me montraient des plans. Et puis j’ai eu envie d’écrire des chansons. Écrire à la basse, c’est possible, mais ce n’est pas le même exercice. Moi, j’ai été attiré par la guitare parce que je voulais écrire des chansons.

Waxx : Et toi, c’est quoi ton premier rapport avec un instrument ? Par quoi tu as commencé ?

Laura : J’ai commencé par la guitare classique. Même si je savais que je voulais faire de l’électrique, je pensais que c’était un peu le chemin à suivre : classique, acoustique, électrique. J’ai donc fait un an ou deux de classique et d’acoustique. J’ai commencé sur une classique nylon, puis je suis passée à la folk pendant environ un an. Mais je savais que je voulais basculer vers l’électrique. C’était surtout une idée que je me faisais du parcours « logique », alors qu’en réalité, je pense qu’il n’y a pas de règles. Ma vraie soif, c’était d’apprendre l’instrument. Peu importe ce que je jouais, tant que je jouais. Et assez rapidement, je suis passée à l’électrique, parce que je savais que c’était là que j’avais envie d’aller. On en a parlé il n’y a pas longtemps, mais je pense que c’était We Will Rock You, le solo de Brian May. C’est vraiment à ce moment-là que je me suis dit que j’avais envie de faire de l’électrique. Le son me fascinait, je voulais apprendre ça. Ce sont vraiment ces sons de solo qui m’obsédaient. Et c’est comme ça que j’ai basculé. Et toi ?

Waxx : Le premier morceau que j’ai vraiment maîtrisé à la guitare, en tout cas le riff principal, et c’était très basique, c’est Another Brick in the Wall. C’était très dur et mes doigts étaient en sang (rires).

Article paru dans le numéro 376 de Guitar Part.

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