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WEEZER – Le retour des nerds

Plus qu’un hommage au heavy metal des 80’s en filigrane, le quinzième album studio de Weezer marque enfin et surtout le retour du groupe à ce qu’il sait faire de mieux, après quelques réalisations plus qu’en demi-teinte : de la power pop chargée en guitare et en refrains imparables.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photos : © Murphy

Vous avez dédié votre nouvel album, « Van Weezer », à Eddie Van Halen car vous teniez à le remercier pour sa musique qui a bercé votre jeunesse et inspiré le présent disque…
Brian Bell (guitare) : Oui, nous lui avons dédié cet album… Et j’ajouterai aussi à Rick Ocasek, qui est décédé en 2019. Nous avons réalisé trois disques avec lui et il a indéniablement marqué l’histoire du groupe. Nous avons appelé cet album « Van Weezer », non pas parce que son influence y est fortement présente, mais parce qu’on trouve dans certains morceaux quelques plans de guitares acrobatiques et autres tapping. Ce n’est en aucun cas une manière de prouver que nous sommes capables de jouer comme Eddie (rires).

As-tu déjà essayé de reprendre certains de ses plans ?
Non, je n’ai jamais tenté de le faire. J’ai toujours su que c’était au-dessus de mes capacités. Notre batteur (Patrick Wilson, ndlr) est le plus grand fan d’Eddie Van Halen dans le groupe et il est capable de jouer des trucs comme Eruption sans problème. Je crois qu’on peut arriver à jouer ce genre de plans quand on est très jeune, mais c’est pratiquement impossible quand tu prends de l’âge. Et je fais plutôt partie de cette seconde catégorie (rires).

Même si quelques morceaux comportent des passages empruntés au hard rock, « Van Weezer » n’est pas pour autant un véritable album de metal…
Effectivement, c’est même un album très Weezer dans l’esprit. Le heavy metal a toujours fait partie de notre univers musical, lorsque nous étions adolescents et que nous apprenions à jouer de la guitare. Nos influences changent au cours des années, nous grandissons tous en tant que musiciens, mais nous voulions nous rappeler cette période. Rivers (Cuomo, le leader du groupe, ndlr) a toujours eu en lui cette intéressante dualité entre des influences pop et metal, c’est pour lui quelque chose de naturel.

As-tu été un metal kid quand tu as commencé à jouer de la guitare ?
Oh oui, totalement ! J’ai commencé par Metallica, le premier concert auquel j’ai assisté fut celui d’Iron Maiden… Je devais avoir 14 ou 15 ans, je me mettais plus sérieusement à la guitare, mais je voulais une électrique. Ma mère m’a dit que je n’avais qu’à m’en acheter une. Mais comment un môme de 15 ans peut-il se le permettre financièrement ? J’ai donc vendu tous mes jeux vidéo et je me suis acheté une Ibanez Roadstar II. Mes parents ont senti que j’étais vraiment motivé, ils m’ont donc payé des cours de guitare. À l’époque, j’habitais dans le Tennessee et j’ai eu la chance de tomber sur un excellent musicien qui donnait des leçons dans un magasin de musique du coin. Il a réussi à convaincre mes parents de m’envoyer à Los Angeles pour étudier la musique dans une école.

Passer du Tennessee à Los Angeles, ça a dû être un sacré choc pour toi, non ?
Oh oui ! Surtout qu’à cette époque, le hair metal régnait en maître sur Los Angeles, du moins jusqu’à ce que « Nevermind » de Nirvana sorte. Après ça, le hair metal a disparu d’un coup (rires). J’écoutais beaucoup de heavy metal, de classic rock et j’ai découvert d’autres groupes qui ont définitivement changé ma vision de la musique grâce à KROQ (célèbre radio américaine qui vit le jour au début des années 70, ndlr) : The Smiths, The Cure, Siouxsie And The Banshees, Joy Division… Finalement, j’ai commencé à détester le heavy metal, encore plus quand ce style a commencé à s’acoquiner avec le rap. Je me souviens d’un titre avec Slayer et Ice-T (un duo que l’on retrouve sur la B.O. du film Judgment Night, ndlr)… Bref, c’en était trop pour moi : je me suis rasé la tête et j’ai revendu tous mes tee-shirts estampillés metal. Et je le regrette car aujourd’hui, un tee-shirt d’Iron Maiden de cette époque vaut dans les 1500 dollars (rires).

Vous avez sorti « Ok Human » en janvier 2021, un album totalement acoustique, et « Van Weezer » début mai. Vous travaillez également à la réalisation de deux autres albums qui verront le jour avant la fin de cette année. Peut-on voir un concept dans cette démarche, à savoir un disque pour chaque saison ?
En fait, nous travaillons sur quatre autres albums. Rien n’est officiel car personne ne m’a confirmé directement cela, c’est juste mon interprétation personnelle, mais je crois que, comme tu l’as dit, c’est bien un clin d’œil aux Quatre Saisons de Vivaldi. J’imagine donc, si tout se passe pour le mieux, que ces quatre disques sortiront en 2022 pour marquer chaque début de saison. D’ailleurs, j’ai déjà reçu pas mal de démos sur mon Dropbox, c’est comme ça que nous bossons, et je vais m’atteler à bosser dessus en y apportant mes idées. Pour l’heure, je suis focalisé sur la promo de « Van Weezer » car nous devons faire deux shows aux États-Unis, l’un pour la télé et l’autre pour une radio. C’est la semaine prochaine (l’interview a été réalisé le 30 avril 2021, ndlr) et je n’ai aucune idée des parties guitares que je vais devoir choisir pour jouer ces nouveaux titres (rires).

Weezer est décidément très productif… Penses-tu que cette incroyable période de créativité aurait été la même sans la situation actuelle ?
C’est une bonne question… Je pense que oui. Rivers est quelqu’un de très discipliné et organisé dans sa façon de travailler. Et ce n’est pas une pandémie, ou une tournée, qui va remettre en cause son planning. Je me dis parfois qu’aucun être humain normalement constitué peut faire ce qu’il fait.

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Ma guitare principale sur « Van Weezer » est une Gibson Les Paul Custom de 1958 noire que j’espère pouvoir récupérer juste après cette interview. Même si les potards crachent un peu, c’est une magnifique guitare avec un son incroyable. Pas la peine de lui ajouter des effets : tu la branches directement dans l’ampli et ça sonne. Je ne sais pas si c’est l’instrument de mes rêves, mais ça y ressemble ! Lorsque mon guitar tech m’a demandé si je voulais lui ajouter des straplocks, je lui ai répondu non, qu’il ne devait pas la toucher… et même la regarder ! C’était digne de Spinal Tap (rires). Mais je n’ai pas envie de faire mon snob. Le plus important au final, c’est ce que tu joues, pas l’instrument en lui-même. Cela n’a pas d’importance de savoir si tu as utilisé une Fender ou une Gibson, non ?

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