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THE SORE LOSERS – Guitar Porn

La griffe saturée et l’ampli chauffé au tison : les riffs des Sore Losers semblent avoir été trempés dans de
 la graisse de Zeppelin et de l’huile de Sabbath. Avec son troisième album, « Skydogs », le groupe belge a bel et bien franchi un cap.
Propos recueillis par Flavien Giraud – Photo : © Volha Hapanenka

Ne parlez surtout pas matos avec Cedric Maes, le guitariste des Sore Losers : il est intarissable. Et écœurant. Il vous raconterait comment, à 21 ans, il a dégotté une mystérieuse Goldtop « un peu rincée » qui, d’après un expert Gibson, s’avérerait être une Les Paul unique, fabriquée dans les années 60 par un employé de la marque pour lui- même ! « C’est ma guitare principale, je l’utilise en enregistrement, mais je ne l’emmène plus en tournée… » On le comprend. Elle reste sans doute avec cette Black Beauty de 1968, qu’un
« vieux bonhomme » lui a vendu pour un prix ridicule en disant : « elle est trop lourde pour moi ; je veux qu’elle ait une deuxième vie. Et ce ne sont pas les micros originaux, donc elle ne vaut pas tant que ça. » À ce stade, l’intervieweur blasé n’écoute plus que d’une oreille déconfite ses histoires de pédales Wah Wah et Fuzz vintage trouvées pour une bouchée de pain à une époque où « les gens n’en avaient rien à faire du vieux matos », et de Marshall JMP de 1966 qui aurait été joué par les Who lors d’une tournée belge : « Je l’ai eu avec le cab 8×12 original, mais je ne l’ai pas payé si cher que ça ; il faut avoir un peu de chance »… On l’aura compris ! On reprend son souffle, et à côté, Jan Straetemans, le chanteur, s’excuserait presque d’être gaucher (« Je ne peux pas jouer sur ses guitares, c’est horrible ! »), même s’il est ravi aujourd’hui de posséder une belle 
SG Custom Reissue sortie du Custom Shop Gibson en 2001. La discussion va bon train et on en oublierait presque de parler de « Skydogs », troisième album classic rock, 70’s en diable, servi par une production massive…

Berlin l’enchanteresse
Après un second opus (« Roslyn », 2014) enregistré en Suède avec Dolf de Borst des Datsuns, les 4 Belges ont cette fois eu recours au producteur de Nashville Dave Cobb (Rival Sons), assisté d’Eddie Spear (Jack White)
, et posé leurs amplis à Berlin, au Vox-Ton, « un studio avec une belle console, une belle pièce pour jouer
 en live… Nous avions aussi jeté un œil
 aux studios Hansa, mais c’est bas de plafond et il y a des visites touristiques tous les jours ! Nous aimons être isolés pour bosser, être loin de chez soi : il faut que ce soit inspirant… » L’expérience a marqué les Sore Losers : « Ça s’est fait très vite, on y a passé 11 jours, poursuit Jan. Nous avons fini tous les morceaux sur place. Le producteur a dit : “Je ne veux pas que vous les jouiez et que vous veniez en studio essayer de les recréer. Il n’y a rien de meilleur que cette sensation de chanson jouée pour la première fois”. On allait en studio à 11h du matin, on se regroupait, on attrapait une guitare acoustique, on rebondissait sur les idées des uns et des autres et au bout d’une heure : “Ok allons boire une bière et ensuite on va l’enregistrer”. Pendant ce temps, l’ingénieur Eddie Spear nous écoutait et installait la config’ micros. Nous avions cette chance de pouvoir travailler très vite : nous nous retrouvions dans le studio, tous dans la même
 pièce, sans casque sur les oreilles, Dave restait au milieu avec un tambourin et lançait le tempo, on jouait, il nous donnait des indications, tout se passait comme ça sur le moment, et à la fin : “ok, on l’a !” On n’y croyait pas ! » Ces sessions sur le fil ont fait progresser le groupe :
« Nous avons beaucoup appris, il 
a placé la barre très haut et nous a poussés à faire des choses dont on n’aurait pas osé rêver », s’enthousiasme Cedric. « Nous nous sommes éclatés, renchérit Jan !
 Eddie mixait, nous réécoutions
 et tout s’enchaînait !
 Nous sommes rentrés chez nous
 avec un CD :
 c’était notre album, fini ! »

Zoom matos
Lors de notre rencontre, Cedric Maes avait pour le concert des Nuits de l’Alligator à Paris, en février 2017, une paire de Gibson Custom Shop : une Les Paul Junior et une ES-335 Special Edition avec des P-90 sur laquelle le guitariste a ajouté un Bigsby. Quant à Jan, après une Les Paul Standard et une Telecaster Reissue ‘52, il a racheté sa SG Custom blanche à un producteur de cinéma américain : « il avait une grosse collection de guitares gaucher. L’annonce eBay disait que la guitare était en Belgique. Nous sommes montés dans le van et nous avons foncé à Bruxelles ! Elle est légère, résonnante, parfaite ! »

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