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THE ROLLING STONES – U ARENA – 22/10/2017

Après une inauguration en grande pompe début octobre, l’U Arena fêtait son baptême en accueillant les Rolling Stones et ce, durant 3 soirs et à guichets fermés, à l’occasion de la tournée « No Filter » de la formation anglaise. Un mastodonte de l’histoire du rock pour la plus grande salle de spectacle couverte d’Europe. Quoi de plus normal ?
Olivier Ducruix – Photos : © Olivier Ducruix

Aux abords de la salle, 1h avant l’ouverture des portes, c’est la foule des grands jours, le genre de date qu’un amateur de (classic) rock gravera à jamais dans sa mémoire. Mais avant de pénétrer à l’intérieur de l’enceinte, il va falloir passer moult points de contrôle tenus par des gilets bleus, jaunes, verts, orange… Être méticuleux sur les questions de sécurité, c’est bien (et bien sûr indispensable). Être organisé, c’est mieux et ça évite des bousculades avec un public qui n’a sans doute jamais mis les pieds dans un concert de cette envergure ou dans un festival. La copie pour une meilleure régulation des spectateurs est à revoir, encore plus quand on voit le nombre impressionnant de stewards et d’hôtesses présents sur le site (sans compter les forces de l’ordre). Les fans ont sans doute dû très vite oublier ce manque notoire d’organisation et mis de côté les râleries de fin d’après-midi. En ce dimanche soir du 22 octobre 2017, les Rolling Stones donnent le second de leurs 3 rounds parisiens. Et c’est bien là le plus important.

Jouer le rôle du hors-d’œuvre alors que le plat de résistance est attendu par plus de 38 000 convives n’est pas chose aisée. Pourtant, cela n’a pas semblé effrayer outre mesure les musiciens de Cage The Elephant. Véritable pile électrique, Matt Schultz, le chanteur, ne ménage pas sa peine pour faire bouger une assistance qui, soit commence à entrer doucement dans l’U Arena, soit est encore occupée à acheter des tee-shirts hors de prix. Business is business. L’intéressé, tout de jaune vêtu, ira même jusqu’à grimper sur les épaules du guitariste (voir la photo ici).

Aux alentours de 21h, la salle est totalement remplie et, vu d’en bas, ça donne sacrément le tournis. De grands écrans tout en hauteur (4 au total), tous arborant la fameuse langue des Rolling Stones, projettent une lumière jaune et vive. À peine arrivé sur scène, alors que les clameurs du public s’estompent difficilement, le groupe attaque bille en tête avec Jumpin’ Jack Flash, suivi de près par It’s Only Rock’n’Roll. On l’aura très vite compris, la setlist de ce soir ressemble à un véritable best of : aucune surprise, à part Ride ‘Em On Down, une reprise d’Eddie Taylor que l’on retrouve sur « Blue And Lonesome » (2016) et Dancing With Mr. D, morceau d’ouverture de l’album « Goats Head Soup » qui n’avait plus connu les honneurs d’être joué en live depuis 1973. Le son est d’une incroyable précision, fort mais sans plus, une véritable prouesse dans ce genre de lieu que l’on doit à l’acousticien Jean-Paul Lamoureux. Preuve en est avec un énorme You Can’t Always Get What You Want, groovy à souhait.

Sans être celle de l’année, encore moins de la décennie, la prestation des Anglais est de bonne facture, généreuse (environ 2h15), et placée sous le signe de la bonne humeur. Mick Jagger, terriblement impressionnant de vitalité (mais comment fait-il pour toujours exécuter à 74 ans ses légendaires pas de danse ?), quasiment irréprochable du côté de ses cordes vocales, manie fort bien la langue de Molière et le montre à plusieurs reprises, avec une pointe d’accent so British. « C’est chantmé ! », crie le frontman juste après une version de Paint It Black où Keith Richards se fait un peu plus entendre sur l’intro (on aura même le droit à un « vous kiffez ? », du jeunisme poussé à l’extrême). On retrouve le guitariste en vedette sur une paire dispensable de morceaux (Happy et Slippin’ Away). Hilare, heureux de l’accueil du public de Nanterre, notre homme semble quand même fatigué, parfois perdu, et peut remercier l’ingénieur du son qui booste (pas vraiment discrètement) ses interventions en lead.

Heureusement que Ron Wood est là pour donner un peu de solidité aux parties de guitare des Rolling Stones. Darryl Jones, fidèle employé de l’entreprise Pierres Qui Roulent, n’est pas en reste et se met en évidence sur Miss You avec un solo de basse dantesque. On retiendra également les autres musiciens qui accompagnent la bande de septuagénaires, et plus particulièrement Chuck Leavell aux claviers et piano pour ses superbes envolées lyriques, ainsi que Sasha Allen, l’une des choristes, dont le duel de voix en rappel avec Mick Jagger sur Gimme Shelter en a scotché plus d’un. Le concert se termine, comme par hasard, par un Satisfaction trop attendu et, surtout, un brin rébarbatif de par sa longueur. Une bien belle soirée au final, riche en émotions (pour les fans) et en euros (pour le groupe et les organisateurs), avec la nette impression, même si tout n’a pas été parfait, d’avoir assisté au sacre d’une nouvelle arène dédiée aux spectacles hors normes dans l’Hexagone. Vous avez dit Super U ?

Source : www.instagram.com/therollingstones

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