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STERLING BY MUSIC MAN SUB CT30 SSS – La Cutlass des débuts

À tarif abordable, cette version Sterling SUB de Music Man développe un caractère un peu plus agressif et moins consensuel qu’une énième réinterprétation de la Stratocaster. Perfectible, mais agréable à jouer, on la considérera comme une bonne alternative malgré la rude concurrence dans cette catégorie.

Sterling est à Music Man ce qu’Epiphone est à Gibson, Squier à Fender ou LTD à ESP: une manière de développer des gammes plus abordable en restant dans l’esprit des modèles d’origine et de la marque. À prix très amical, cette version CT30 de la Cutlass (elle-même doté d’un ADN stratoïde), vise clairement la jeune classe pour ses débuts. Fabriquée en Indonésie, la lutherie est d’assez bonne facture, sans laisser voir de défauts ni de problèmes à signaler. Le profil du manche, un peu plus rond et épais, avec un radius 12”, pourra solliciter plus d’efforts au poignet gauche aux alentours de la 12e case, surtout si vous portez la guitare assez bas. Mais la jouabilité est bonne, on enchaîne facilement les accords ou les solos, d’autant que le vernis satiné est fin et agréable au toucher, facilitant le glissement de la main, même si vous êtes sujet à la transpiration. Hormis
 la tête, fidèle à la marque, avec quatre mécaniques au dessus et deux en bas, elle diffère de la Strat avec la fiche jack (un peu dure à connecter d’ailleurs), qui n’est pas sur la table mais sur la tranche et une seule tonalité au lieu de deux. Le seul point de débat concerne le chevalet/vibrato, dont l’effet s’avère très 
raide et dur en action 
(voir trop), mais qui 
paradoxalement est,
 en l’état, le garant de 
la tenue de l’accordage, même avec le faible tirant de cordes installé (09-42). On pourra se poser la question légitime d’un éventuel remplacement.

Super Strat ?
Il est assez courant que sur les guitares d’entrée de gamme, les micros n’aient pas le bon équilibre de fréquences ou la niaque escomptée. Une fois cette Cutlass branchée on sent des médiums en retrait et on ne se délecte pas autant du grognement caractéristique qui fait toute la saveur de l’esprit Stratocaster. Mais ce ressenti est un peu trompeur surtout si l’on joue à bas volume à l’ampli, car il suffit de hausser un peu le ton pour que ce « growl » se révèle un peu, même si on peine parfois à trouver de belles nuances de crunch qu’on serait en droit d’attendre. En mode saturation, elle se projette plus rapidement dans 
le rouge, avec des aigus présents qui résonnent, des basses et un spectre creusé. On pourrait presque l’associer à la catégorie superstrat car les trois positions qui correspondent aux micros développent un aspect souvent plus agressif et plus plat, et les deux positions hors-phase semblent moins à l’aise et manquent un peu de coffre. Elle s’y entendra pour envoyer du boucan en prenant soin de bien choisir un type de saturation « classic rock » pas trop agressive, flattant les fréquences médiums pour étendre ses possibilités. Sans proscrire les grosses saturations, elle s’y montrera moins à l’aise, moins polyvalente et nuancée. Notez en revanche que contrairement à la Strat, la tonalité est active sur le micro chevalet, pratique. En bref, le verdict est partagé en raison de la raideur du vibrato et du rendu des micros, mais sa lutherie saine permet d’envisager une personnalisation suivant ses goûts et son budget pour tenir la comparaison avec une concurrence nombreuse, mais souvent plus chère.
Olivier Davantès

  • Caractéristiques
  • Type : Solidbody

  • Corps : peuplier
  • Manche : érable massif vissé
  • Touche : érable
  • Radius : 12”
  • Frettes : 22
  • Chevalet : Fulcrum Tremolo
  • Mécaniques : moulée
  • Micros : 3 simples
  • Contrôles : volume, tonalité, sélecteur 5 positions

  • Finition : Daphne Blue

  • Origine : Indonésie
  • Prix : 369€
  • Distributeur : www.algam-webstore.fr

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