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RIDE – A ticket to…

Après avoir jeté les armes en 1996, Ride est revenu aux affaires en livrant un premier album post-reformation (2017), puis un EP, pour aujourd’hui sortir « This Is Not A Safe Place », un disque maîtrisé, aussi pop que sombre.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Steve Gullick

Vous avez sorti « Weather Diaries » en 2017 et un EP un an plus tard, alors que le nouvel album est attendu pour le 16 août. Comment expliques-tu cette période si prolifique pour le groupe après une période de silence si longue ?
Andy Bell (chant/guitare) : Difficile de l’expliquer, c’est un peu accidentel en quelque sorte… Tout s’est enchaîné parfaitement. Nous avons commencé à composer des nouveaux titres pour « This Is Not A Safe Place » alors que nous étions encore en tournée. Et comme nous étions vraiment contents du résultat, nous nous sommes dit que cela ne servirait à rien d’attendre. Nous avons donc décidé de sortir rapidement ce nouvel album.

Comme pour rattraper le temps perdu ?
Inconsciemment, sans doute que oui. Tu ne peux bien sûr pas forcer les choses, mais c’est bien d’aller vite sans se poser de questions. Tu ne sais jamais comment ta vie va évoluer et si tu auras assez de temps pour réaliser tes envies…

Entre le split du groupe en 1996 et « This Is Not A Safe Place », comment vois-tu l’évolution de Ride ?
Notre tournée de reformation en 2015 fut un excellent exercice pour se rendre compte de certaines choses. Durant ces concerts, notre setlist était composée de vieux morceaux que nous n’avions jamais joué en public. La setlist était assez conséquente, avec tous nos meilleurs titres et, après cet épisode, nous avons réellement pris conscience de ce qui faisait la force du groupe. « Weather Diaries » était un peu un saut dans l’inconnu car nous ne savions pas si le public allait l’aimer, s’il allait être un succès, du moins de notre point de vue, sur un plan artistique. Heureusement, il a été bien accueilli, ce qui nous a donné beaucoup de confiance pour continuer et ainsi sortir très vite une nouvelle production. Aujourd’hui, nous avons pris plus de recul quant à la manière d’aborder la musique, ce qui nous permet de réaliser « This Is Not A Safe Place », un disque construit autour d’un retour aux sources et de l’époque où nous étions au lycée, lorsque nous avions 18 ans et que nous écoutions The Cure, Siouxsie & The Banshees, Public Image Limited et pas mal de groupes de post-punk.

Un retour aux sources, certes, mais dans la continuité du précédent, avec une dualité assez marquée entre des titres très pop et d’autres beaucoup plus sombres …
C’est effectivement la suite logique de « Weather Diaries », mais avec un regard sur le monde actuel et certains enjeux politiques… Enfin, surtout sur les problèmes que connaît l’Angleterre aujourd’hui avec le Brexit. C’est étrange, tu composes au départ des chansons avec des paroles qui te sont très personnelles et elles deviennent finalement universelles. Concernant la dualité dont tu parles, c’est vrai, elle est bien présente. Les morceaux les plus sombres aussi sont arrivés en premier. Mais nous voulions ajouter un peu de lumière dans ce disque, d’où l’arrivée de titres plus pop par la suite, et trouver un équilibre entre ces deux facettes.

Dans les années 90, Ride fut considéré comme l’un des groupes phares du shoegaze. Pourtant, vous avez souvent rejeté cette appellation. Était-elle trop réductive pour vous ?
Je ne pense pas avoir rejeté ce terme, c’est juste que je ne l’ai jamais utilisé ! Au fil du temps, la définition du shoegaze est floue et englobe aujourd’hui tous les groupes qui ont un son de guitare très typé (avec beaucoup de saturation et autant de réverbe, le tout servi par des chansons au format pop, ndlr). À la grande époque du shoegaze, entre 1991 et 1993, cela avait un sens. Mais de nos jours, j’ai l’impression que cette appellation est devenue générique, un peu comme le hip hop maintenant. Je n’ai plus de problème avec ce mot aujourd’hui, puisque j’en parle !

Tu citais certains groupes qui ont pu influencer la composition de « This Is Not A Safe Place ». Ce sont ces mêmes groupes qui ont contribué à ton éducation musicale et t’ont donné envie de te mettre à la guitare ?
Oui, et bien d’autres encore… J’ai eu ma première guitare, une acoustique, pour mes 9 ans, mais je n’étais pas franchement très intéressé par la musique. Les choses ont changé quand, à l’âge de 13 ans, j’ai découvert The Smiths. Le jeu de Johnny Marr m’a réellement marqué à l’époque et j’ai été par la suite beaucoup plus assidu quant à la pratique de l’instrument. Robert Smith, Will Sergeant (guitariste d’Echo & The Bunnymen, ndlr), Pete Townsend, Jimmy Page, mais également les Beatles, m’ont influencé. Après, grâce à Steve, notre bassiste, j’ai découvert d’autres formations des années 80 : House Of Love, My Bloody Valentine, Spacemen 3, Primal Scream, Loop… C’était comme si un nouveau monde rempli de guitares s’ouvrait à moi. Je pense que c’est surtout cette période qui nous a donné envie de monter Ride et de faire de la musique.

Madchester
Le message passé par Andy Bell via sa maison de disques était clair : aucune question sur Oasis. Une mise en garde plus pour éviter que l’interview occulte le nouvel album de Ride que pour passer sous silence ces 10 années de piges aux côtés des frères Gallagher en tant que bassiste (voire même compositeur sur une poignée de titres). La collaboration durera une décennie, avec trois albums au compteur : « Heathen Chemistry », « Don’t Believe The Truth » et « Dig Out Your Soul ». Après le split d’Oasis en 2009, Andy Bell a repris la 6-cordes et suivi Liam dans Beady Eye, groupe dans lequel ses talents de compositeur étaient un peu plus sollicités, malgré une paire de disques très vite tombés dans l’oubli.

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