À LA UNE New

RAMONES – Ramones 40th Anniversary Deluxe Edition – (Rhino/Warner)

L’adolescence de Douglas Glenn Colvin est chaotique : père alcoolique, divorce, consommation de substances illicites dès l’âge de 15 ans. Bref, ça n’est pas la joie. Suite au casse d’une station d’essence qui tourne mal, le futur Dee Dee Ramone se retrouve dans une prison de l’Indiana. Après un séjour de 3 mois entre quatre murs, il retourne chez sa mère, dans le Queens, à New York. C’est là qu’il rencontre un certain John Cummings (Johnny Ramone), ce dernier habitant de l’autre côté de la rue. Les deux compères trainent ensemble dans le Queens, s’amusent à balancer des postes de télé usagés du haut des toits pour effrayer les passants. « Quand on a 16 ans, qu’on est fou de rage et qu’on s’ennuie, on a intérêt à être sacrément créatif pour provoquer quelques chose d’excitant », commentera plus tard le bassiste. Cette chose excitante en question sera finalement la musique. Dee Dee et Johnny font la connaissance de Jeffrey Hymann (Joey Ramone) et les trois amis décident un beau jour de monter leur propre groupe avec Jeffrey derrière les fûts pour commencer. Johnny s’achète une Mosrite et Dee Dee une Danelectro pour une poignée de billets verts chacun. Ce dernier propose d’appeler la toute nouvelle formation les Ramones, en référence au pseudonyme qu’utilisait Paul McCartney lorsqu’il signait les registres des hôtels au tout début de la carrière des Beatles. Un temps chanteur, Dee Dee préfère se consacrer uniquement à la basse pour laisser le micro à Joey qui cède les baguettes au propriétaire du local où la troupe répète, Tommy Eldelyi (Tommy Ramone). Deux ans plus tard, les Ramones enregistrent leur premier album éponyme sur Sire Records pour 6400$ et deviendront pour bon nombre d’historiens de la musique, le premier véritable groupe punk.

Retrouvez l’intégralité de la « Story Ramones » dans le Guitar Part #271

ramones_chainfence_roberta_bayley
© Roberta Bayley

Ramones 40th Anniversary Deluxe Edition
Récemment qualifié de « plus grand album punk de tous les temps » par le magazine américain Rolling Stone, le premier opus des Ramones fête cette année ses 40 ans. Quatre décennies plus tard, le label Rhino se fend d’un bien bel hommage pour célébrer cet anniversaire avec un coffret copieusement garni (3CD et 1 vinyle) disponible dans une édition Deluxe limitée (numérotée à 19760 exemplaires) contenant une nouvelle version stéréo améliorée et remasterisée ainsi qu’un nouveau mix mono de l’album original (CD1), mais aussi des raretés et autres démos (CD2) et une paire de concerts captés le même jour au Roxy de West Hollywood, le 12 août 1976 (CD3). Le premier set était déjà disponible, mais le second (en tout point identique, il faut l’avouer) n’avait jamais encore été publié. L’ensemble du disque est produit, mixé et remasterisé par Craig Leon, le producteur et responsable du mixage de l’album original. « Les tous premiers mixes de l’album étaient quasiment en mono », explique Leon. « Nous avions eu l’idée d’enregistrer à Abbey Road une version mono et une version stéréo de l’album, ce qui était inédit à l’époque. Je suis très heureux de voir que nous avons pu enfin réaliser cette idée 40 ans plus tard. » L’option mono se retrouve d’ailleurs sur le vinyle du coffret. Ce dernier comprend également les notes de production détaillées de Craig Leon concernant l’enregistrement de l’album, un essai (en anglais) du journaliste rock Mitchell Cohen sur les débuts du groupe et la planche-contact de la session photo de Roberta Bayley, genèse de la célèbre pochette de l’album. Certes, ce « Ramones 40th Anniversary Deluxe Edition » s’adresse avant tout aux fans purs et durs avec ces nombreuses versions des mêmes morceaux. Pourtant, on ne peut que vous conseiller de l’acquérir. D’abord parce que c’est un bel objet, qui plus est numéroté. Ensuite parce qu’il a valeur de témoignage, marquant les débuts officiels du punk pour ensuite influencer plusieurs générations de musiciens et de groupes, de Green Day à Weezer, en passant par les Foo Fighters. Même les Clash et les Sex Pistols furent à l’époque sacrément impressionnés par les faux frangins du Queens. « Ramones », c’est 14 morceaux pour 29 minutes. Mais c’est surtout et sans nul doute l’un des albums les plus importants de l’histoire du rock’n’roll.
Olivier Ducruix

ramones_40th_deluxe_edition_product_shot

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password