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PRÉVENTION – Les oreilles, on n’en a que deux…

Le prochain texte de loi (1) pour les musiques amplifiées marquera de vraies avancées. Mais une chose ne changera jamais : la meilleure sécurité viendra toujours de vous-même. Pas de panique, il y a seulement quelques éléments simples à connaître…
Par Jean-Louis Horvilleur

L’ouïe est active en permanence. Un bruit fort nous réveille même en plein rêve. Or les abus de dB accélèrent la presbyacousie, l’usure naturelle de l’audition avec le temps. Cependant, certains seront atteints plus vite que d’autres. Comment connaître ses limites avant qu’il ne soit trop tard ? Il suffit de faire des tests d’audition réguliers ! Pourquoi ne pas en profiter, quand il en est de gratuits, autour de la Semaine du Son, en janvier, et des Journées de l’Audition, en mars ? Ok, tant que tout marche bien, il est facile de dire « Si c’est trop fort, c’est que vous êtes trop vieux ». Mais cette petite phrase ne serait-elle pas du sénateur Ted Nugent, dont l’oreille gauche est pas mal « butée » selon ses propres termes ?
 Contrairement au feu qui brûle la main, les signes de souffrance de l’oreille restent inaperçus tant que « ça chauffe ». On ne s’en rend compte que quand le son s’arrête. Cela peut alors se manifester par du « coton dans les oreilles » (une baisse d’audition), un sifflement ou bourdonnement (un acouphène), ou au contraire une hyperacousie (tous les sons semblent trop forts). Il faut consulter dès le lendemain s’ils persistent. Et bien entendu, il ne faut pas se remettre en danger, même si les symptômes disparaissent cette fois-là.

Que faire ?
En salle de répétition avec votre groupe, il est préférable de baisser les niveaux, quitte à isoler le batteur. On pourra aussi penser qualité et optimiser sa balance. On pourra également aménager le local qui, fermé, ne permet pas de s’éloigner de l’épicentre.
 En tant que spectateurs, n’oublions pas non plus les pauses et périodes de récupération les lendemains de concerts. Le Ministère de la Santé recommande 30 mn toutes les 
2 h ou 10 mn toutes les 45 mn. Du côté niveaux sonores, le principe de précaution, c’est 
8 heures maxi à 85 dB(a) pour le public. Ensuite, on divise le temps par 2 à chaque augmentation de 3 dB. Quant aux bouchons spéciaux pour la musique (autour de 20€, ils durent des années), un article comparatif que j’avais commis il y a quelques années dans Guitar Part est désormais disponible sur le net. Il suffit de taper « La guerre des bouchons Guitar Part » dans un moteur de recherche. Pas mal de légendes du gros son avouent en public ou en privé souffrir d’ennuis auditifs. Maintenant, vous êtes équipés pour les éviter !

(1) Ce texte de loi est encore en version modifiable. Sa date de sortie est très proche. On peut s’attendre à une baisse des niveaux en concerts ou festivals, y compris extérieurs (une nouveauté), de 3 à 5 dB(A), par rapport aux actuels 105 dB(A), selon la recommandation qui sera retenue. Une mesure associée en dB(C) prenant mieux en compte les basses fréquences que le dB(A) est également au programme, ainsi qu’une amélioration de la prévention. L’esprit de la loi ? Améliorer la protection du public, comme des riverains.


Photo : © C. Mellini

Jean-Louis Horvilleur est depuis
 10 ans, Jean-Louis Harche, testeur matos chez Guitar Part au goût immodéré pour les grosses
 pelles metal, ce qu’il cumule
 avec le rôle d’audioprothésiste 
chez Conversons (9, rue de Maubeuge 75009 Paris), de président du Conseil Scientifique de Bruitparif (l’organisme de surveillance du bruit en Ile de France), d’administrateur et de membre du Bureau de La Semaine du Son. Il enseigne le risque auditif et est membre du groupe Santé du Conseil National du Bruit.

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