À LA UNE New

POPA CHUBBY – The Catfish, un album au grand cœur

L’infatigable et talentueux Popa Chubby revient avec un nouvel album, « The Catfish », dans lequel le blues a toujours une place prépondérante. Mais le guitariste ne s’est pas contenté de livrer une simple et énième déclinaison du genre et est allé explorer de nouveaux horizons sonores, du reggae au funk, en passant par le classic rock, voire même le punk rock.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Olivier Ducruix

Cet album semble plus varié que tes précédents. As-tu abordé différemment le processus de composition pour « The Catfish » ?
Tu sais, ma façon de composer est quasi la même à chaque album. Je suis en tournée pratiquement toute l’année, sauf vers la fin novembre où je suis chez moi. Là, j’ai un studio et je commence à trouver des idées pour ensuite les enregistrer. Et des idées, j’en ai toujours parce que la musique fait partie intégrante de ma vie. Dans ma maison, il y a des guitares partout et chaque pièce est un studio potentiel d’enregistrement… Dans ma chambre, il y a par exemple une batterie, dans mon salon aussi avec un ampli basse. Je ne me force en rien. Je me lève et je joue, tout simplement. Je m’occupe de tout, du début jusqu’à la fin, même de la production car je ne me vois pas travailler avec un producteur extérieur.

Par peur que ta musique soit mal comprise, voire dénaturée au final ?
Oui, mais pas seulement. Je n’aime pas que les choses traînent. J’appelle des amis, on répète un peu et on enregistre dans la foulée. Dans les années 70, les groupes ne se posaient pas trop de questions. Ok, Pink Floyd pouvait passer 2 ans en studio… Mais regarde un groupe comme Black Sabbath. Les gars ont réalisé leurs deux premiers albums en 10 jours pour chacun et « Disraeli Gears » de Cream a été fait en 3 jours, mix compris !

Tu es souvent décrit comme un pur guitariste de blues. Cette étiquette qui te colle à la peau te convient-elle ?
Moi, un pur guitariste de blues ? Voilà qui est intéressant (rires) ! Je ne me considère pas vraiment ainsi car je pense que d’autres artistes jouent du blues bien mieux que moi. En fait, si je devais me décrire, je dirais que je suis avant tout un fan de guitare. J’aime tellement de choses, de Wes Montgomery à Eddie Van Halen, en passant par Django Reinhardt. Je m’inspire du jeu de ces musiciens pour faire ma petite sauce personnelle.

D’ailleurs, ce qui est frappant dans « The Catfish », c’est ce mélange des genres : blues, reggae, funk, jazz, rock. Tout y passe…
C’est pour ça que je ne me considère pas comme un guitariste de blues. B.B. King, Buddy Guy, voilà des vrais bluesmen et j’ai le plus grand respect pour ces artistes. Pour moi, la musique est plus grande que ce genre de classification. Mais bon, le blues est partout, c’est le fondement de la musique actuelle.

D’où est venue l’idée d’écrire le titre Motörhead Saved My Life ?
J’ai composé ce morceau juste après le décès de Lemmy. C’est un hommage à l’impact du groupe sur le rock’n’roll. Parfois, dans le rock, tu peux y trouver pas mal de conneries… Mais quand Lemmy était là, personne ne la ramenait ! Du metal au punk rock, tout le monde respectait Motörhead et Ace Of Spades est sans doute l’une des meilleures chansons rock jamais écrite.

Il y a un autre hommage dans ce disque, avec le titre Blues For Charlie
J’ai composé ce morceau suite à l’attentat qui a touché la rédaction du magazine Charlie Hebdo, mais il a été enregistré après la tragédie du Bataclan… Tu sais, cette salle a quelque chose de spécial pour moi et j’ai voulu montrer ma solidarité envers les victimes… Je dois tellement à votre pays… Quand je suis venu jouer à Paris pour la première fois, dans les années 90, c’était au Bataclan. Le lendemain, je me baladais à Pigalle et les gens me reconnaissaient dans la rue. J’avais l’impression que cette ville m’appartenait, que j’étais totalement en phase avec elle… C’était comme un rêve qui devenait réalité. Mais pour cet hommage, je n’ai pas voulu tomber dans la politique. C’est un instrumental parce que, parfois, la musique parle plus que de simples mots…

Comment expliques-tu cette relation si particulière que tu as avec le public français ?
Difficile à dire… Je crois que les Français s’attachent plus facilement à un artiste qui est différent des autres. Je ne suis pas le mec mignon avec des cheveux longs et des vêtements branchés (rires). Je suis plutôt un mec quelque peu atypique et le public français l’a bien compris. Il aime ma sincérité et mon intégrité. C’est d’ailleurs pour ces mêmes raisons que j’apprécie tant Lemmy de Motörhead !

Retrouvez la chronique de « The Catfish » dans le Guitar Part #271
Retrouvez tous les secrets de la Fender Strat ’66 du guitariste dans le Guitar Part #271

 

Zoom matos

  • Fender Stratocaster 1966 (guitare principale, à l’origine Sunburst)
  • Gibson Goldtop Les Paul 1954
  • Gibson Black Beauty Les Paul1956
  • Gibson TV Special 1956
  • Gibson ES-335 1963
  • Fender Blackface Pro Reverb
  • Fender Twin Reverb
  • Marshall JCM900
  • Marshall JMP
  • MXR Uni-Vibe
  • Ibanez TS-808 (Reissue)
  • Dunlop Crybaby

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password