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MARK HOLCOMB (PERIPHERY) – Mister classe

Guitariste au sein d’un groupe qui en compte 3, Mark Holcomb semble à son aise là où parfois on peine à saisir l’intérêt d’un tel line-up. Mais chez Periphery, on se démarque aussi de cette manière. Plus de cordes, pour plus de son.
Propos recueillis par Guillaume Ley

Difficile de ne pas étiqueter Periphery avec un autre label que celui de « groupe de metal progressif avec des morceaux de djent dedans ». Du gros son, des rythmiques un peu folles, des accordages bien graves, l’utilisation ponctuelle des guitares 7 ou 8 cordes… autant d’éléments qui font du groupe de Washington D.C. un incontournable du metal expérimental, au même titre que Meshuggah ou Animals As 
Leaders. Seulement, Periphery se démarque de ses contemporains en intégrant 3 guitaristes. De quoi élargir le nombre de plans ou mieux répartir les efforts ? Des questions auxquelles a répondu Mark Holcomb, tout en sourire
 et en détente, juste avant de donner une masterclass à Paris.

La question que tout le monde se pose est comment faites-vous pour composer à 3 sans vous marcher les uns sur les autres ?
Mark Holcomb : Tout s’est fait au fur et à mesure. Au début, on avait chacun tendance à composer nos propres parties dans notre coin, à s’envoyer des fichiers par mail, puis à essayer d’harmoniser le tout. Aujourd’hui, tout se fait en commun, sous forme de grandes jams ou de séances de travail collectives, ce qui rend notre musique plus cohérente.

Vous bossez aussi vos sons respectifs pour que chacun
 trouve sa place au passage ?

Tu vas peut-être trouver ça étonnant, mais nous avons pratiquement le même son et nous utilisons tous des réglages similaires. Nous avons des goûts très proches, donc ça paraît logique.

Vraiment ?
(rires) Oui. Nous sommes tous sur Fractal Axe Fx II. La différence vient des doigts de chacun et de nos guitares, toutes différentes : Misha Mansoor sur Jackson, Jake
 Bowen sur Ibanez et moi sur PRS. Après, c’est vrai que nous avons des timbres de guitare plutôt similaires.

Vous n’avez jamais essayé
 d’autres émulations comme Kemper ou Line 6 ?

Kemper, je trouve ça très intéressant, mais c’est une autre philosophie, un autre type de fonctionnement. Ce qui est passionnant avec Fractal, c’est que nous avons aussi programmé le changement de nos effets en Midi pour le live.

Tu veux dire que vous n’avez aucune pédale au sol, même pas un pédalier de contrôle pour vos racks ? Tout se fait au clic ?
Exactement. Nous avons des 
ear monitors pour entendre nos instruments et le clic dans nos oreilles. Une fois le morceau lancé, on peut jouer sans 
se prendre la tête, ni s’emmêler les pinceaux avec les pédales. Tous les changements de canaux et les déclenchements d’effets sont lancés par ordinateur.

Mais cela implique un ordinateur stable, qui ne plante pas, voire un modèle de secours en cas de pépin…
Nous avons 2 ordinateurs de remplacement en cas de panne. Tu veux une anecdote ? (sourire) Nous jouions en première partie de Dream Theater en 2012 sur leur tournée européenne. Nous nous lancions dans le grand bain avec ce système de gestion de nos sons. Comme nous avions confiance en notre matos, nous n’avions qu’un seul et unique ordinateur avec nous. C’était à Helsinki, en Finlande, devant 7000 personnes. Et là, l’ordi crashe… On se retrouve alors chacun bloqués sur un son différent. J’avais un crunch, Jake du clean, et Misha une grosse saturation. J’étais le mieux loti, car en jouant avec le potard de volume de ma guitare, je pouvait éclaircir un peu le son. Mais pour Jake, c’était un peu compliqué de passer en mode saturé… Bien entendu, c’est arrivé sur un long morceau de 15 minutes, et il restait au moins 7 ou 8 minutes à jouer !

Et alors ?
On a fini tant bien que mal et on s’est fait huer comme jamais (rires). Le pire, c’est qu’on a tout testé ensuite pour que ça n’arrive plus et rebelote au cours d’une date en Allemagne. Là aussi, le public nous a bien mis la misère en criant : « Rentrez chez vous ! ». Depuis, nous voyageons avec 3 ordinateurs et un système qui permet de basculer rapidement de l’un à l’autre.

Zoom matos
Mark possède une guitare Signature chez PRS déclinée en 6, 7 et 8 cordes. « Je les utilise en alternance pour le live, mais je reviens souvent sur la 6-cordes ». Une 6-cordes de la série asiatique SE, que Mark emmène avec lui sur les routes. « Elle est très bien et ce n’est pas un modèle à 4000$, comme la version US qui est quand même chère. Je suis content de me servir de cette guitare, je n’ai changé que les mécaniques. Tout le reste est d’origine, y compris les micros Seymour Duncan Signature Alpha et Omega ». Mark a aussi une pédale de Delay à son nom chez Protone, la Haunted Delay, qu’il n’emmène pas sur les routes, puisqu’il utilise son rack Axe FX II.

Remerciements à Sounds Like Hell Productions.

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