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PALF – La Big Muff à travers les âges

Dans un nouvel épisode de Palf, Julien Bitoun et Alexandre Ernandez (Anasounds) passent en revue l’histoire touffue de la mythique Big Muff d’Electro-Harmonix. Retour sur une Fuzz de légende…
Par Flavien Giraud

La Big Muff est sans aucun doute l’une des fuzz les plus redoutables et iconiques de l’histoire. Adoptée par David Gilmour ou Jack White en passant par nombre de groupes indé, grunge ou garage, elle a traversé les décennies sous d’innombrables incarnations…

Sise au sein de la Sainte Trinité des Fuzz aux côtés de Fuzz Face et de la Tone Bender, la Big Muff ne manque pas d’assise. C’est d’ailleurs la pédale sur laquelle se retrouvent aussi bien les guitaristes que les bassistes (mais aussi les claviéristes : branchez donc un Rhodes dans une Muff pour voir !). Plus qu’une Fuzz, la Big Muff se situe dans un entre-deux, quelque part entre Fuzz et distorsion. Et se revendique comme telle : Distortion Sustainer, clamait la réclame. L’objectif ? Sonner comme Hendrix pardi ! (ie : avec un maximum de saturation et de sustain, donc).

L’apocalypse selon Mike Matthews !
Après le booster LPB-1 et la Muff Fuzz (à deux transistors), Mike Matthews, fondateur de la marque, et Bob Myer, concepteur des pédales (et ancien ingénieur chez Bell Labs), voient plus gros, plus grand, et mettent au point la Big Muff (Muff pour « muffled » : « étouffé », explique la version officielle…). C’est un circuit à quatre transistors silicium en cascade, disposant de basses imposantes et de médiums assez creusés, d’une compression généreuse et d’un niveau de gain énorme ! Revers de la mitraille, elle se révèle moins subtile et dynamique que la Fuzz Face, si réactive aux variations de volume et aux intentions de jeu. Et dans son cas, mieux vaut la brancher dans un ampli en son clair avec du headroom pour encaisser. Et ne pas hésiter à la combiner avec d’autres pédales. On peut bâtir un mur du son béton, mais aussi la faire chanter avec son sustain infini, comme dans les solos les plus lyriques de David Gilmour, qui lui a toujours réservé une place de choix dans son arsenal. Elle a posé sa marque dans le grunge (Mudhoney, Dinosaur Jr, Smashing Pumpkins), le post-rock (Mogwai – le groupe écossais a eu le privilège d’une édition limitée à son nom en 2001), le garage (parfaite dans le contexte d’un duo rock comme les White Stripes et les Black Keys)…

Tsar d’assaut
En cinquante ans, la Big Muff a connu une trentaine de versions. Toutes avec leur petit surnom : « Triangle », « Ram’s Head », « Op-Amp » (changement notable dans le circuit), Deluxe, « Red & Black » (1979-1984), Red Army (première réédition russe), « Civil War », « Green Russian », « Black Russian »… À chacun sa favorite. La production est arrêtée dans les années 80 suite aux difficultés financières d’EHX, et Mike Matthews relancera ses activités au début des 90’s en Russie avec les fameux modèles Sovtek (« Soviet Technology »), qui deviendront cultes à leur tour (mais ne contiennent aucune pièce de récup’ militaire contrairement à la légende). Lorsque EHX renaît à New-York en 2000, la Big Muff Pi Reissue redevient le fleuron de la marque, suivie d’une ribambelle de déclinaisons : XO, Nano, Tone Wicker, Bass, Deluxe, Green Russian, Op-amp, Triangle… Sans parler des multiples rejetons qu’elle a enfantés chez bien des fabricants boutique…

Cet article est issu du hors-série Guitar Part Collector HS16, à commander ici.

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