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MUSIC MAN STINGRAY – The cult of Ray

Certes d’autres modèles mythiques (Fender Precision ou Jazz Bass, Gibson EB-3) sont assurément plus vieux que celui-ci. Et pourtant, depuis sa création en 1976, la StingRay de Music Man est devenue une référence incontournable en matière de basse électrique. Une belle longévité qui ne semble pas prête de s’arrêter.
Par Olivier Ducruix

En 1971, deux employés de Fender, Forrest White et Tom Walker, mécontents de la façon dont CBS gérait l’entreprise rachetée à Leo Fender, décident de fonder leur propre affaire. Après avoir nommé leur toute nouvelle firme Tri-Sonic, puis Musitek Inc. pendant un court laps de temps, les deux compères optent finalement pour le nom de Music Man en 1974. Les premiers pas de nos jeunes entrepreneurs se font via un ampli à lampes dessiné et imaginé et par Tom Walk et par… Leo Fender ! Une collaboration précieuse, mais qui se doit de rester discrète, le créateur des Precision et autres Jazz Bass ayant signé une clause de non concurrence avec CBS en 1965. Une décennie plus tard, ce paragraphe contractuel embarrassant prend fin et Monsieur Fender est nommé président de Music Man. L’aventure de la StingRay peut enfin commencer…

Innovations
Le modèle StingRay est né un beau jour de 1976. La paternité de ce joli bébé fut attribué à un trio de géniteurs : Leo Fender, Tom Walker et Sterling Ball, ce dernier étant un beta testeur des instruments produits par l’entreprise. De suite, les formes de la StingRay font un brin penser à une Precision, mais elle se montre, pour l’époque, beaucoup plus innovante que sa cousine par alliance. Elle est en effet équipée d’un micro de type humbucker à 8 plots en position chevalet et d’un préampli alimenté par une pile 9 volts. Les tous premiers modèles de StingRay bénéficie également de l’apport d’un égaliseur deux bandes (grave, aigu), remplacé quelque temps après par le même genre d’électronique, mais cette fois-ci avec trois bandes (grave, médium, aigu). Une sacrée performance pour l’époque que de pouvoir booster comme bon vous semble et séparément, trois fréquences… Mode actif, quand tu nous tiens !

3 + 1
D’autres caractéristiques contribueront également à la grande popularité de la StingRay. À commencer par cette finition satinée du dos du manche qui apporte un confort de jeu très largement au dessus de la moyenne et permet d’augmenter de manière conséquente la rapidité d’exécution des plans. Question look, la Music Man estampillé StingRay se fait remarquer par une plaque de protection en forme d’œuf et par un panneau pour les potentiomètres, séparé du pickguard,, rappelant le design d’un boomerang. Mais ce qui reste sans doute le plus marquant pour bon nombre de bassistes est sans nul doute la manière dont sont agencées les mécaniques, avec le Sol en bas, à l’opposé des trois autres trèfles. Pour finir, les cordes, sur les premiers modèles de StingRay étaient traversantes avec un système ajustable d’étouffoir (string mute). La marque américaine laissa ses deux options de côté dans le milieu des années 90, sauf pour un modèle bien spécifique en 2006, modèle célébrant le 30ième anniversaire de la StingRay. Nombreux sont les bassistes qui regrettent aujourd’hui la disparition de ces petits tampons noirs servant à étouffer les cordes. Pour justifier ce choix de ne plus les faire figurer sur leurs modèles, Music Man avança l’argument que les musiciens pouvaient se blesser… Quelques modèles (ceux issus de la Classic Collection) ont fait revivre ces petits riens qui font parfois qu’une basse devient mythique… À noter pour les puristes que la plaque où figure le numéro de série est passée de la forme d’un triangle à celle d’un carré entre 1979 et 1981.

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La Sting, c’est chic
La StingRay fut rapidement adoptée par de nombreux bassistes. Dans un premier temps, les férus de jazz rock et, surtout de funk, contribuèrent à rendre populaire ce légendaire modèle de Music Man. Bernard Edwards, de Chic, à travers des tubes tels que Le Freak (1978) ou encore Good Times (1979) fut un des premiers à mettre en avant la dame. Tony Levin (King Crimson, Peter Gabriel) et Pino Palladino (en version fretless) ne furent pas en reste eux aussi quant à défendre haut et fort les mérites de cette basse hors normes. Mais cette dernière ne resta pas longtemps l’instrument préféré des jazzeux et autres funk addicts. On pense à Flea des Red Hot Chili Peppers, à l’immuable et discret bassiste d’AC/DC, Cliff Williams, à Tim Commerford, le métronome à quatre cordes de Rage Against The Machine. La liste des groupes où le bassiste utilise ou a utilisé une StingRay (The Cure, Billy Talent, Fugazi, Blur, Radiohead, etc…) pourrait être plus longue, vraiment plus longue… Preuve que ce modèle fait définitivement partie de l’histoire de la musique.

MM_StingRay_pubs_1976

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