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LUX – Velvet rock

« Super 8 », titre de l’album de LUX, tout comme l’ambiance qui s’en dégage, sonne très vintage. Un choix totalement assumé par le duo franco-américain et une première livraison très classic rock prometteuse.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Olivier Ducruix

Comment l’envie de travailler ensemble est-elle née ?
Angela Randall (chant) : La première fois que j’ai rencontré Sylvain, c’était dans un magasin de musique. Il essayait une guitare et j’ai de suite été impressionnée par son jeu. Je ne dis pas ça parce qu’il est là, mais sa façon de jouer était bien au-dessus de tout ce que j’avais pu entendre auparavant. Bon, il ne m’a même pas dit bonjour (rires). Je l’ai invité ensuite pour prendre un thé et c’est ainsi que notre collaboration a débuté.
Sylvain Laforge (guitare) : J’avais pas mal de morceaux qui traînaient et Angela beaucoup de textes, c’est comme ça que nous avons commencé à travailler ensemble. J’aimais beaucoup les textes d’Angela et j’ai eu la chance qu’elle apprécie la musique que je lui proposais. En 1 mois, nous avons dû écrire une dizaine de chansons. Entre Angela et moi, ça a collé de suite car nous avions les mêmes références musicales : les Beatles, les Rolling Stones. J’ai toujours composé, maquetté des morceaux de mon côté, mais là, j’avais l’impression que c’était la première fois que je réalisais des chansons, je veux dire avec de vrais textes qui racontent des histoires, avec de vrais arrangements aussi…

Tu cites les Beatles et les Stones comme références communes avec Angela. On pourrait ajouter Neil Young et Fleetwood Mac…
Sylvain Laforge : Fleetwood Mac revient assez régulièrement quand on parle de notre musique… Ce n’est pas conscient en tout cas. Quand nous composons ensemble, nous avons toujours la même base de travail : un texte d’Angela et une guitare acoustique pour ma part. Ça sonne très folk, et peut-être qu’en électrisant le tout, cela peut faire penser à Fleetwood Mac.

Vous avez réalisé un premier EP, enregistré au Black Box (un studio près d’Angers. Ndr) par Peter Deimel. Vous avez fait de même pour l’album, mais en confiant à Peter le rôle de directeur artistique. Pourquoi un tel changement de statut entre les 2 livraisons ?
Angela Randall : Nous avions tellement de chansons, au moins une cinquantaine, et il était très important d’avoir une personne extérieure au groupe qui puisse donner son avis, nous aider à faire le tri. Et puis Peter a une expérience incroyable, il a travaillé avec énormément de groupes. De plus, nous avons la chance de partager les mêmes références musicales. Nous lui avons donc envoyé une vingtaine de titres et c’est lui qui a choisi ceux qui figurent aujourd’hui sur l’album.

LUX est un duo à la base, mais vous avez enregistré avec une section rythmique. Comment s’est fait le choix de celle-ci ?
Sylvain Laforge : Très naturellement. Le bassiste est un vieil ami et cela fait plus de 20 ans qu’on fait de la musique ensemble. Quant au batteur, on se connaît depuis une dizaine d’années. Nous avons commencé à travailler avec eux dès le EP, c’était donc rassurant de continuer avec cette formation pour l’enregistrement de l’album.
Angela Randall : C’est une manière de fonctionner qui nous plait. On peut jouer en groupe ou on peut décider de partir Sylvain et moi pour se produire en duo, comme nous l’avons fait à New York il y a quelque temps.

« Super 8 » est un album réellement abouti, d’une grande maturité. Il est difficile de croire que vous n’ayez pas trouvé un label sérieux pour le défendre et que vous le sortiez en autoproduction…
Angela Randall : Nous avons rencontré un petit label qui avait l’idée de créer une nouvelle branche pour sortir le disque. Nous pensions que cela pouvait être intéressant pour un premier album. Nous nous sommes beaucoup investis dans cette aventure : nous avons levé des fonds pour payer le studio, un graphiste pour la pochette, la SDRM aussi… Finalement, au moment où il fallait que cela se concrétise, cette structure n’a pas donné suite. Nous nous sommes retrouvés le bec dans l’eau. Nous avons donc décidé de sortir le disque par nous-mêmes et de ne plus attendre. Bon, cela nous a fait perdre quelques mois… Aujourd’hui, nous travaillons avec Dooweet Agency pour la promotion et nous cherchons un tourneur. Ensuite, quand notre musique sera un peu plus connue, nous chercherons éventuellement un distributeur.

Quel que soit le style de musique, c’est une étape dans la vie d’un groupe qui reste toujours complexe…
Angela Randall : C’est juste. Nous avons fait le EP pour avoir rapidement un objet physique et ainsi pouvoir tourner. Mais là, on te dit que les tourneurs préfèrent avoir un groupe avec un album complet, même si le groupe en question a des dizaines de chansons en stock. Ensuite il te faut un label pour que tu aies une distribution parce que l’un ne va pas sans l’autre.
Sylvain Laforge : C’est un cercle vicieux, comme si chaque partie se renvoyait la balle… Travailler avec une boîte de promotion extérieure comme nous le faisons, c’est la bonne solution pour nous.
Angela Randall : Nous n’avons pas l’étiquette d’un label qui pourrait nous ouvrir les portes pour décrocher encore plus de papiers dans la presse, nous n’avons pas non plus des dizaines de milliers de followers sur Facebook, mais qu’importe. Les gens qui nous suivent sont vraiment fidèles, certains d’entre eux ont même financé une partie du disque et ça, quand tu y penses, c’est incroyable… Un groupe, c’est comme une aventure au jour le jour avec l’espoir de pouvoir continuer. D’ailleurs, nous pensons déjà au second album… Enfin, Sylvain, je ne sais pas, mais moi j’y pense déjà (rires) !
Sylvain Laforge : Quand tu y penses, c’est vraiment étrange la vie d’un album. Tu le prépares pendant 1 an, tu l’enregistres, tu en parles en faisant de la promo et puis, le jour où il sort, c’est comme s’il t’échappait… Tu te demandes ce que tu vas faire et tu penses de suite au prochain disque.

Sylvain, peux-tu nous parler de ton expérience avec les Rita Mitsouko ?
Sylvain Laforge : J’ai d’abord accompagné le groupe en tant que guitariste pour la tourner de l’album « Variety », puis, après le décès de Fred Chichin, je suis reparti sur la route avec Catherine Ringer, le tout entre 2007 et 2010. Ce fut une super expérience.

Tu as un passé de musicien de studio ?
Sylvain Laforge : Pas du tout. J’ai peu fait ce genre de chose, pas par manque d’envie, mais plutôt par manque d’opportunités. En fait, j’ai joué avec Jean Néplin, un vieil ami du groupe. Sur chaque album des Rita Mitsouko, tu avais un titre soit écrit par lui, soit chanté avec Catherine et Fred. Ces derniers sont venus voir Jean en concert, c’était au tout début des années 2000 et, 6 ans après, je reçois un coup de fil de Fred qui ne m’avait pas oublié… Comme quoi, il faut jouer le plus possible car on ne sait jamais ce qui peut arriver ! Bon, je n’en ai pas profité ensuite. Je ne suis pas très mondain, j’aime être tranquille… et j’ai sans doute loupé des tonnes de trucs. Musicien de session, c’est un boulot à plein temps. Du coup, j’ai pu rencontrer Angela (rires) !

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