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LAST TRAIN – La vie du rail

Tout aussi « loco » que motivé, le gang originaire d’Altkirch (Haut-Rhin) ne laisse pas indifférent. Si les musiciens ont à peine 20 ans en moyenne, cela fait déjà dix ans qu’ils se démènent, ensemble ou séparément. Depuis la naissance de Last Train, ceux qui les ont vus sur scène, notamment en ouverture de Triggerfinger, Rival Sons, The Datsuns, The Raveonettes, Birth Of Joy ou Band Of Skulls, ne tarissent pas d’éloges. La route c’est leur élément et ils ne sont du reste pas pressés de sortir un album. Pour le moment, il faudra se contenter des EP « Cold Fever » et « The Holy Family ». Un groupe vrai à voir en vrai.
Propos recueillis par Jean-Pierre Sabouret

Bien que tout le monde continue à penser en termes d’albums ou de contrat avec une maison de disques, même les groupes débutants, vous avez choisi de vous concentrer avant tout sur la scène, tournant presque sans vous arrêter…
Jean-Noël Scherrer (chant/guitare) : On a quand même réalisé un EP deux titres au début, mais c’est ce qui nous a permis de faire plus de 200 concerts. C’est la preuve que l’on n’a pas besoin d’un album. Nous, ça ne nous servait à rien. On n’avait pas envie de se griller en sortant la cartouche du premier album alors qu’on n’avait même pas de public. Le but pour nous c’était d’abord de partir sur la route, de rencontrer les gens et de faire nos armes. C’est comme un crash-test pour les voitures. On voulait vérifier si on était capables de faire carrière, de se lancer vraiment dans la musique. A notre avis, c’est une démarche nécessaire à mener avant de faire un album et de vouloir vendre des choses.

C’est vrai que ça paraît tout à fait logique de vouloir d’abord convaincre un certain nombre de gens avant de leur mettre une rondelle de plastique dans les mains ou un quelconque téléchargement, mais tout le monde ne le comprend pas forcément…
Jean-Noël Scherrer : On avait rendez-vous tout à l’heure avec un groupe qui nous demandait des conseils et je leur ai raconté l’anecdote de la première tournée qu’on a montée. C’était dans toute l’Europe, sur seize jours dans quatorze pays, le tout avec plus de 6500 km de route. Tout le monde nous a demandé comment on avait fait sachant qu’on n’avait aucun support à l’époque et pas d’album. Le tout est dans la façon de présenter le groupe, le plus simplement. On disait juste : « On est quatre jeunes qui font du rock et qui sont prêts à jouer partout ».

Julien Peultier (guitare) : Cela représente aussi beaucoup de travail. C’est Jean-Noël qui a monté la tournée, sans carnet de booking. Quand tu commences à chercher en Italie, tu ne connais personne. Il faut d’abord recenser tout ce qui existe, voir où les groupes qu’on aime ont déjà joué, trouver des lieux qui puissent convenir à ce qu’on fait. Il y a eu six mois de préparation dans l’ombre avant de pouvoir partir.

Et le budget, vous l’avez trouvé comment ?
Jean-Noël Scherrer : Tout ce qu’on a, même nos instruments, on l’a payé. Julien et moi avons travaillé dans un fast-food pendant huit mois… En cumulant le booking des dates, les répétitions, le boulot, on ne dormait plus beaucoup (rires). Quand on n’est pas sur la route, Julien et moi sommes basés à Lyon où on a monté un label et une agence de tours : Cold Fame Records & Booking. On a notamment signé et produit un groupe dont on est tombés amoureux, Holy Two.

Julien Peultier : Je pense que ça nous boostait bien pour faire de la musique avec un maximum d’énergie. L’idée reçue chez beaucoup de musiciens, je pense, c’est de croire que, juste en faisant de la musique, des concerts vont arriver et tout va s’enchaîner. On a bossé dur et c’est grâce à ça que lorsqu’on montait enfin sur scène, on pouvait se libérer vraiment. Il faut aussi que tout le monde soit sur la même longueur d’onde dans le groupe…

Jean-Noël Scherrer : On est aussi conscients qu’on a la chance inouïe d’être un vrai groupe avec une réelle alchimie qui se développe entre nous. On a une entière confiance les uns envers les autres, aussi bien sur scène qu’en studio ou dans la vie de tous les jours…

Vous faites presque l’unanimité dans les médias, à commencer par un Francis Zégut qui vous soutient à fond depuis longtemps…
Jean-Noël Scherrer : Francis est devenu un véritable ami. Il est venu avec nous sur plusieurs concerts. On lui doit énormément. Il était là sur notre première grosse date parisienne. Il nous a tout de suite programmés sur RTL2. C’était fou et en même temps très spontané.

Julien Peultier : Quand tu as autant galéré et que tu as un mec de cette envergure qui vient te soutenir, ça fait chaud au cœur et ça te donne envie de sortir tout ce que tu as dans le ventre.

Le risque, avec tous les éloges que vous recevez, surtout après Rock En Seine, c’est que vous vous chopiez le melon, que vous ne passiez plus les portes et que vous vous croyiez « arrivés ». Sans oublier la pression… « Le meilleur groupe de rock français depuis Noir Désir », ça ne doit pas être simple à gérer, non ?
Jean-Noël Scherrer : Tu sais, on n’a pas le temps de se prendre la tête. On tourne énormément et dès qu’on revient on se remet au boulot sur le label. Il y a des tas de groupes excellents, mais ceux qui s’en sortent en indé, ce sont ceux qui bossent et qui ne font pas n’importe quoi. Au début, on ne savait pas trop ce qu’on faisait, on ne savait pas où on mettait les pieds. On n’y connaissait rien à la régie de prod’ ou à l’enregistrement en studio, pas plus que de trouver des dates… C’est venu petit à petit et on en apprend encore tous les jours. Quoi qu’on fasse, c’est le travail qui nous ramène toujours à la réalité. Quand tu dis qu’on pourrait ne plus passer les portes, à chaque fois qu’on descend de scène, on a cette grosse claque qui nous ramène à la réalité et qui nous dit : « Garçon tu n’es rien, si tu es sur scène, c’est surtout grâce au travail que tu as donné. Donc continue à bosser ! »

Donc, un premier album n’est toujours pas au programme ?
Julien Peultier : Pas dans un futur proche. Nous, ce qu’on aime avant tout, vous avez dû le comprendre, c’est le live… L’idée, c’est de proposer un contenu uniquement en concert et que l’on vienne nous voir avant tout. On peut se le permettre parce que même là, on a encore quarante dates rien qu’en automne. Après, il y en a dès janvier et on est bookés au moins jusqu’en avril. Ensuite, on proposera cet album quand le moment sera vraiment parfait.

Jean-Noël Scherrer : Ça fait un an et demi qu’on est sur la route, on a bien sûr envie de faire un album. On a largement de quoi le remplir. On adore le studio et ce n’est pas de la mauvaise volonté. Mais il faudra qu’on soit vraiment fiers de ce qu’on aura entre les mains. On ne va pas te cacher qu’on est aussi contents de se faire un peu désirer (rires). Et puis les morceaux évoluent. Un titre comme Fire, celui que Zégut adore et qu’il diffuse souvent, entre le moment où il a été enregistré et la façon dont on le joue aujourd’hui, ce n’est plus du tout la même chose.

Julien Peultier : Comme pour la scène, on aborde le studio avec surtout l’envie de transmettre plus que du son dans les micros. On veut faire passer des émotions avant tout. C’est la complexité de l’enregistrement et c’est par ce qu’on va vivre en live que l’on va pouvoir recréer une émotion.

Et quels sont ceux qui vous ont transmis ce genre d’émotions au départ ?
Jean-Noël Scherrer : On a commencé par écouter ce qui était le plus logique quand on était gamins, du Avril Lavigne, Sum 41 ou autres… Puis on a grandi un peu et on est passés à des Wolfmother, Parlor Mob, Brian Jonestown Massacre, Black Rebel Motorcycle Club… Même si, bien sûr, on était aussi fans de Pink Floyd ou de Led Zeppelin. Mais on a surtout accroché à ces groupes qui ont su réactualiser ce son seventies… Ou Rival Sons, qui est l’exemple idéal… Ou encore les concerts des Raconteurs qui sont des chefs-d’œuvre.

Julien Peultier : Sleepy Sun, aussi ! Un groupe de psyché qui est une grosse référence.

 

Zoom matos

Jean-Noël

  • Fender Coronado Reissue
  • Gretsch Duo Jet
  • Fender Stratocaster CP60
  • Marshall Plexi
  • Orange AD30
  • Electro-Harmonix Big Muff
  • Electro-Harmonix Holy Grail
  • Electro-Harmonix POG
  • Dunlop Cry Baby Wah

Julien

  • Gibson Midtown Custom
  • Danelectro DC 59
  • Fender Stratocaster American Standard
  • Fender Twin Reverb Blackface
  • Fender Twin Reverb Silverface
  • Ibanez Tube Screamer TS 808
  • Electro-Harmonix Big Muff
  • Electro-Harmonix Memory Man

 

 

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