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LA ROUTE DU ROCK – Saint-Malo – 17,18,19,20/08/2017

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C’est le rendez-vous annuel du rock indépendant : cette année encore, au cœur du mois d’août, gloires des 90’s, buzz d’aujourd’hui et espoirs de demain avaient rencard en terres bretonnes. Pour sa 27e édition, la Route du Rock de Saint-Malo a fait le plein avec plus de 36 000 festivaliers au compteur.
Texte : Flavien Giraud – Photos : © Flavien Giraud

Vendredi 18 août
Le premier jour, Froth fait l’ouverture en douceur, mais manque un peu de charisme pour susciter les passions… Du charisme, Sam France de Foxygen n’en manque pas : la gueule enfarinée de paillettes, lunettes roses en forme de cœurs et torse nu sous sa veste blanche, on dirait une déclinaison post-Bowie outrancière du crooner glam déglingué. Son alter-ego Jonathan Rado, en veste de survêtement à bandes, passe le plus clair de son temps sur le piano électrique, mais peut vous décocher par surprise un solo enflammé sur Telecaster à pickguard miroir… Le talent est indéniable, mais le show encore en dents de scie, alors que leur fanfare à cuivres menace parfois de virer à la croisière s’amuse. Pour ce qui est de s’amuser, PJ Harvey a au contraire opté pour un rigorisme très premier degré. Ses chorégraphies de diva sur platform boots et son big band (9 pointures, dont John Parish, Mick Harvey ou encore Alain Johannes) semblent tellement rôdés qu’on se demande s’il reste une place pour l’imprévu : aussi solide et carré que le béton qui fait office de décors derrière eux. Et il faudra attendre la fin du set pour voir ressurgir du passé les Down By The Water et autres To Bring You My Love. Chez Car Seat Headrest, Will Toledo marque des points avec sa voix plaintive, presque brisée parfois, comme sur Drunk Drivers/Killer Whales qui donne envie d’hurler à tue-tête « It doesn’t have to be like this »… Mais la grosse sensation de la soirée, c’est Idles, qui nous laisse sur le cul : ces sauvageons d’Anglais déboulent comme une bande de renégats, avec un hooligan en colère en guise de chanteur (Joe Talbot) et un guitariste intenable qui brandit son instrument comme s’il se débattait avec un animal enragé (Mark Bowen). On éructe, on crache, on saute, ça chahute et ça pourrait virer à la baston à n’importe quel moment… Ils mettent la barre dangereusement haut pour les Black Lips programmés le lendemain. À suivre. Pas de quoi inquiéter l’avion à réaction des Oh Sees pour autant, propulsé par ses 2 batteurs supersoniques et piloté tout en virages serrés par John Dwyer : décollage vertical pour ne plus jamais retoucher terre, c’est tout le public qui prend plusieurs G dans la tronche, et le service d’ordre ne sait bientôt plus où donner de la tête. Minotaure à tignasse blonde, Dwyer tire des sons insensés de sa SG Electrical Guitar Company translucide et termine sur une version dantesque et échevelée de Contraption/Soul Desert.

 

Samedi 19 août
Le lendemain, Cold Pumas s’occupe du tour de chauffe avec son batteur-chanteur qui laisse aux 2 guitaristes de part et d’autre de la scène le loisir de s’appliquer sur leurs sons distordus. Puis débarque Parquet Courts : 4 ans après un passage remarqué au festival, les intéressés ont gardé leur dégaine d’éternels étudiants qui en auraient trop pris. Complémentaires, Andrew Savage (chemise improbable et spoken-word en pétard) et le flegmatique Austin Brown (piano à un doigt, interventions pince sans rire entre les morceaux) cisèlent un post-punk arty à part. Le final sur One Man No City réussit un mix mambo-bruitiste extra. Seul regret, le groupe déroule un best-of alors qu’on attend impatiemment du neuf… Arab Strap ressuscite ensuite les nineties à la sauce écossaise, avec claviers et violon électrifié, mais leurs atmosphères électro-rock sombres auraient sans doute mieux convenu à une heure plus tardive. Quant à Temples, depuis son virage pop, le groupe de Kettering ennuie et donne l’impression de s’engouffrer en vain à la poursuite de Tame Impala. Fade. Plongé dans une épaisse fumée, The Jesus And Mary Chain parvient à raviver la nostalgie sans sonner daté. Jim Reid semble un peu seul en frontman au devant de la scène, mais son frangin William est bien occupé et shoegaze stoïquement sous sa touffe de savant fou avec sa belle Gibson 330 devant ses amplis Orange (anglais bien sûr) siglés « Jesus » (!). « Damage and Joy » dit leur dernier album : pour la joie, on repassera, mais au-delà de leur reformation, il suffit d’un intemporel Just Like Honey pour faire frissonner les premiers rangs. Après tant d’austérité, les Black Lips déclarent la fiesta flower-punk instantanée à coup d’hymnes garage dégénérés et de jets de rouleaux de PQ par leur rondouillard roadie. Le line-up remanié accueille désormais la saxophoniste Zumi Rosow, et le guitariste Danny Lee Blackwell de Night Beats est venu en renfort de Jared Swilley (blouson noir, moustache et basse Hofner) et Cole Alexander (Gretsch Billy-Bo) qui semble toujours s’être échappé de l’asile la veille. Le public barjote allègrement, comme si le groupe d’Atlanta avait le pouvoir de désinhiber les foules.

 

Dimanche 20 août
Le troisième jour, The Proper Ornaments assurent une excellente entrée en matière, avec leur pop psychédélique aux mélodies sublimes, guitares carillonnantes et harmonies vocales 60’s british. Le regard langoureux à peine dissimulé derrière des lunettes jaunes, la belle Angel Olsen captive et sa voix envoûte, magnifiée par les arrangements de ses 5 comparses. Tout sourire, ses interventions entre les morceaux passeraient presque pour de la drague. Moins dans la séduction, plus dans la confrontation, Oli Burslem crache une giclée de bière : Yak déboule et c’est une autre histoire. Le trio a embauché un quatrième larron aux claviers pour épaissir le son et s’est transformé au passage en machine de guerre. Avec sa Strat élimée à la limite de l’incontrôlable, Burslem a déjà l’assurance d’une rockstar et se jette dans le public dès le deuxième morceau, hurle, croone (Smile), harangue, sans faiblir, tout au long d’un set canon où défilent les morceaux de leur monumental premier album, « Alas Salvation » : Harbour The Feeling, massif, Use Somebody, stoogien, et victoire par KO… Mac DeMarco lui, reste une énigme, mi-sketch mi-pop d’ascenseur, avec une bonne dose de second degré. Sur la gauche de la scène, une table de jardin accueille bientôt en invités les membres d’un des groupes précédents en mode apéro ! Clope au bec, hilare, la scène est son élément, et quand atterrit à ses pieds un épis de maïs, le Mac n’hésite pas à croquer dedans avec ses dents du bonheur ! Mais tout de même, ce son très mash-mellow et guitare noyée de chorus tendance easy-listening, est-ce bien raisonnable ? La nuit est tombée et Interpol déchaine les clameurs de la foule avant même de monter sur scène. Le groupe semble en terrain conquis pour fêter les 15 ans de « Turn On The Bright Lights », autant d’années après leur première Route du Rock. Comme si rien n’avait changé, leur mélange cold-wave sur fond de rythmiques dance-rock nous ramène bel et bien à l’aube des années 2000, même si le groupe, ultra-pro, plongé dans des ambiances monochromes, déroule son set avec un son surpuissant, efficace sans doute mais ne laissant guère de place aux subtilités des chansons. À la suite, The Moonlandingz réintroduit ce qu’il faut de danger. C’est qu’au chant, le groupe anglais est emmené par Lias Saoudi, leader de Fat White Family, dont on retrouve l’attitude borderline et le cri primal. Si l’on peut se demander ce qui a réuni cette agence tout risque (un chanteur azimuté en lunettes de ski et pull idoine, un bassiste qui prend des pauses caricaturales, un batteur hilare, un claviériste débonnaire et une guitariste qui semble à peine sortir du lycée), les titres d’« Interplanterary Class Classics » sont transcendés miraculeusement. Pas le temps de souffler, Ty Segall embraye à fond la caisse sur Break A Guitar. En rouge des pieds à la tête, le Freedom Band guitare/guitare/basse/batterie/Rhodes est redoutable d’efficacité et le grand blond en K-way rouge lamine ses riffs et solote avec une aisance déconcertante sur sa guitare Travis Bean : c’est lourd, dense, du heavy Segall ! Aspergé de champagne, il repart en roi de la soirée et peut-être même, ne lui en déplaise, du rock indé, adulé par le public du Fort de Saint-Père.

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