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JC SATÀN – Borderline

Avec un rock hybride toujours plus monolithique, JC Satàn est devenu un des groupes les plus puissants et excitants de la scène hexagonale. Mené par un guitariste tatoué à moustache et une chanteuse italienne peroxydée, le quintette bordelais poursuit son ascension avec « Centaur Desire », sans se départir de son image de gang borderline. Décryptage avec Arthur, architecte du son Satàn.
Propos recueillis par Flavien Giraud

Preuve par 5
De « Sick Of Love » (2010) à « Centaur Desire », JC Satàn a publié 5 albums qui ont assis une solide réputation, étayée par une intensité live diabolique. Catalogué tantôt garage, tantôt stoner, Arthur nuance : « On vient de l’indé tout en flirtant avec de la musique un peu plus classic rock. Sans se poser de question ni essayer de s’inscrire dans l’underground, mais plutôt aux limites. Le plus dur d’ailleurs, c’est de savoir quand ne pas trop les dépasser, c’est la différence entre l’audace et le laisser-aller et la facilité : de l’ouverture, mais de l’exigence quand même. » Et de citer « Abbey Road » des Beatles, « Something Else By The Kinks », les compositions signées Gainsbourg-Vanier (« un truc qui me transcende, je suis ultra-fan »), les vagues successives du rock garage, les « Desert Sessions » et les Queens Of The Stone Age des débuts ou des classiques des 90’s comme les Breeders.

Du studio à la scène
« Il y a plusieurs modes de fonctionnement
 dans le groupe. On adore la scène c’est sûr, mais comme j’écris la musique de mon côté, j’adore
le studio : c’est une espèce de laboratoire où je peux laisser libre-cours à tout ce que j’ai dans la tête. C’est comme en dessin – je dessine aussi : je trouve que plus tu fouilles, plus tu trouves une voie. Aujourd’hui, j’ai besoin d’ambiances qui me donnent envie d’écrire des morceaux : il suffit que j’entende un son de batterie, un bruit, des trucs
 de musique de film, et ça me lance pour trouver une ligne de basse, une mélodie… La mélodie, c’est la base, et tout le reste, c’est l’enrobage. Après je monte, je fais une espèce de bricolage jusqu’à trouver une alchimie, un truc qui marche. »

L’indépendance
« On est un groupe très indépendant : on ne va jamais en studio, on 
achète du matos pour enregistrer tout seul… Pour moi c’est 
ça qui compte, se démerder au maximum. L’indé, c’est une éthique : une façon de faire, une liberté, et pas un milieu auquel on veut appartenir, sinon ce n’est rien d’autre que du communautarisme. Mais c’est aussi être patient : le prix pour l’indépendance, c’est accepter que ça prendra plus de temps, plutôt que de chercher à passer par des sponsors et des aides. Il n’y a que 2 niveaux en France : des labels comme Born Bad, en marge et aux moyens limités (et qui sont la seule alternative pour ne pas trop écouter de la merde), et au-dessus, des pseudo-majors, il n’y a pas d’entre-deux. Et les aides culturelles ou l’intermittence, ça ne marche que quand tu es déjà professionnellement inscrit dans un milieu. C’est cool d’avoir du fric, mais après il faut courir derrière, c’est horrible. »

De la scène à l’after
« On est de bons fêtards. L’after, c’est notre cadeau régulier après la scène, le studio, après tout ! Les clichés du rock en tournée, c’est moins pire que ce qu’on imagine, mais à vivre c’est quand même assez marrant. Les fêtes, les endroits où on se retrouve, et des trucs qu’il vaudrait mieux que mes parents ne lisent pas. On a eu des contrôles de flics assez drôles en revenant de tournée en Belgique… La Belgique c’est assez puissant en termes de produits, d’alcool… J’aime bien quand les flics, en voyant la vitre se baisser et s’apercevant que tout le monde a la tête de l’archétype du mec qu’il faut contrôler, baissent les bras et te disent de dégager. C’est sympa de leur part de ne pas trop bosser à ce genre de niveau. Quand ils ne bossent pas, ils sont plutôt cool en fait ! »

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