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ÉVÉNEMENT – Rencontre avec Julien Bitoun pour l’exposition « Les Paul, le son du rock a 70 ans »

Julien Bitoun est le commissaire d’exposition de cette célébration, inédite en France, de la Les Paul au MuPop, à Montluçon, du 9 juillet au 31 décembre 2022. Il nous en dit plus…

Quel est ton rôle dans l’organisation de l’exposition du MuPop ?
Julien Bitoun : Pour faire simple, j’ai conçu l’exposition, son agencement, ses thèmes, décidé des morceaux et des vidéos à écouter et voir, écrit toutes les descriptions, choisi les guitares qu’il fallait exposer, et je les ai cherchées puis rameées ! Réunir des modèles historiques n’était pas simple puisque ce sont des guitares qui valent une véritable fortune. Il a donc fallu trouver les propriétaires (entre autres Philippe Almosnino, Philippe Fernandez et Étienne Dupuis, ndlr), puis qu’ils se laissent convaincre de se séparer de leur précieuse pendant six mois. Mais la plupart étaient fiers d’avoir de si belles pièces à partager avec les fans de la Les Paul. Je suis en contact constant avec l’équipe du MuPop qui me suggère des idées et m’aide à me rendre compte de ce qui est possible… J’ai tenté de naviguer entre le côté chronologique des évolutions du modèle et les courants musicaux qui ont fait connaître la Les Paul. Par exemple, quand on parle de Goldtop, il faut mentionner Frank Zappa ou George Harrison même s’ils ne faisaient pas de musique en 1952. Ce qui m’intéresse, c’est surtout le fait que la Les Paul est devenue l’instrument parfait pour un style musical qui n’existait pas encore lors de sa naissance en 1952 !

Si on la considère aujourd’hui comme une référence, elle a connu un parcours sinueux au cours de ses 70 ans d’existence : son succès ne fut pas immédiat et la Les Paul a aussi connu des « traversées du désert »…
C’est même une guitare qui a failli disparaître à plusieurs reprises ! La Standard Sunburst qui représente actuellement le Saint Graal de la guitare vintage était une dernière tentative en 1958 de rendre le modèle attirant face aux guitares de Fender, plus modernes et fun à l’époque. Une guitare Sunburst à table rapportée en érable, ça faisait vieillot à l’époque, et ils ont donc arrêté de la produire en 1960. Après ça, Keith Richards en a joué une, puis Eric Clapton, puis Jeff Beck, puis Mike Bloomfield, et les guitaristes ont bien compris qu’il se passait un truc spécial autour de ce modèle. Il faudra attendre 1968 pour que Gibson le réédite, mais surtout 1983 pour avoir une vraie réédition de Burst ! Gibson a changé deux fois de propriétaire (en 1969, puis en 1986), et dans les années 80 tout le monde voulait des Superstrats avec Floyd Rose ; à part quelques collectionneurs, personne ne s’intéressait à la Les Paul ! Et puis Slash est arrivé et tout a changé… et Bonamassa a encore remis de l’huile sur le feu dans les années 2010.

Justement, qui sont les héros incontournables de la Les Paul selon toi ?
J’ai fait une playlist pour l’expo en ne gardant que les plus importants… et il y a plus de 50 titres ! Bien sûr, Eric Clapton est crucial puisque c’est lui qui a enregistré une Les Paul sur un Marshall à fond dès 1965 et a scotché tout le monde, mais il y a aussi Jimmy Page qui a poussé cette logique encore plus loin, Peter Green et Paul Kosso qui ont tous les deux des vibratos hallucinants qui ne marcheraient pas aussi bien sur une guitare autre que la Les Paul ; et Leslie West qui a montré qu’une Junior pouvait aussi être redoutable…

L’exposition fait aussi un focus sur la Les Paul et les artistes français, le Golf Drouot… Comment le modèle a-t-il trouvé sa place dans le paysage musical français ?
Les guitares importées étaient très rares avant le milieu des années 60, et donc il y a eu très peu de Les Paul des années 50 sur la scène du Golf Drouot. On voit bien une Burst entre les mains de Pierre Fanen de Zoo, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Puis les premières Gibson importées sont arrivées, et de plus en plus de groupes se sont mis à jouer sur les Custom rééditées à partir de 1968 ou sur les Deluxe à partir de 1969. On voit par exemple Marc Tobaly des Variations avec une très belle Black Beauty. Et puis la Les Paul est devenue omniprésente dans les années 70, Nono de Trust a montré qu’elle était parfaite pour le hard-rock et toute la scène s’en est emparée, ainsi que la scène des années 90 (Noir Désir, Matmatah, FFF). Il y a toujours eu assez peu de Les Paul vintage en France, mais il y a eu beaucoup d’artistes qui ont gravé leurs plus beaux moments avec des modèles plus récents.

Dossier complet sur les 70 ans de la Les Paul dans le Guitar Part n°340

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