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HOT SNAKES – Le chant des sirènes

Pas moins de 14 ans après sa dernière livraison, Hot Snakes a signé un retour en grande pompe en livrant au cours du premier trimestre de 2018 un impeccable et bouillonnant « Jericho Sirens », véritable leçon de noisy punk en à peine plus de 30 minutes. Nous avons rencontré John Reis (guitare), juste avant le concert phénoménal du quatuor américain au Point FMR, à Paris, en novembre 2018.
Propos recueillis par Olivier Ducruix

En 2015, Rick (Froberg, chant/guitare. Ndr) et toi, vous avez reformé Drive Like Jehu pour faire quelques tournées. Peut-on dire que ce fut le point de départ quant à l’envie de réactiver la machine Hot Snakes ?
John Reis (guitare) : Plus ou moins, oui. Nous avions fait quelques concerts avec Hot Snakes en 2011, mais ça s’était arrêté là. Après la tournée avec Drive Like Jehu, j’ai repris un peu du service avec Rocket From The Crypt. Et ensuite, je n’avais plus rien, du moins plus de groupe actif. J’ai donc dit à Rick que ce serait le bon moment pour composer de nouvelles choses avec Hot Snakes et tout le monde semblait d’accord. Alors oui, quelque part, la reformation de Drive Like Jehu a grandement contribué au retour du groupe. Mais nous nous sommes quand même posés une question : sortir un nouvel album de Hot Snakes avait-il encore un sens aujourd’hui ?

Une longue période de 14 ans sépare « Jericho Sirens » de son prédécesseur. Vois-tu beaucoup de différences entre cet album et vos autres réalisations ?
C’est difficile à dire… Je pense que c’est un meilleur disque, pas seulement parce que nous avons tous progressé en tant que musiciens, mais aussi parce que le nouveau est plus réfléchi que les autres. « Jericho Sirens » a été enregistré en plusieurs sessions de studio. À chaque fois, nous mettions en boîte 2 ou 3, voire 4 morceaux, jamais plus.

Et c’était une nouvelle et bénéfique manière pour vous que de procéder ainsi ?
Oui, je n’avais jamais enregistré de la sorte depuis que je fais de la musique. Et c’était franchement cool de procéder de cette façon. Quand tu enregistres un album complet à la suite, tu ne te concentres pas forcément sur les petits détails. Tu manques parfois de recul car il faut rentabiliser du mieux possible la location du studio. Avec « Jericho Sirens », nous avons pris le temps de réfléchir entre chaque session et de nous poser les bonnes questions quant à l’évolution qu’on voulait qu’il prenne. C’était comme de voir grandir l’album peu à peu, au fil des sessions. J’aimerais vraiment que notre prochain album soit réalisé ainsi. C’est sans doute l’une de mes meilleures expériences d’enregistrement de toute ma vie.

Quel fut le plus gros challenge de ce nouvel album : retrouver en studio l’alchimie des débuts ou essayer de proposer quelque chose de nouveau tout en gardant votre identité musicale ?
Ce fut plus simple que ça. À la fin de l’enregistrement, nous nous sommes posés une seule question, celle de savoir si tout le monde aimait l’album ou pas (rires) ! Il n’y avait aucune pression. Si nous l’avions trouvé mauvais, le disque ne serait pas sorti et personne n’aurait été au courant. Nous aurions pu nous contenter de faire une nouvelle tournée de reformation en nous disant que les gens veulent simplement entendre nos anciens morceaux. Mais nous avions besoin, en tant que groupe, d’avoir une nouvelle vie et de ne pas nous reposer sur notre passé. Jouer des nouveaux titres en concert, c’était primordial pour repartir sur la route et se sentir vivant.

Peux-tu nous dire quelques mots sur ton actuelle guitare principale ?
C’est une Gibson Les Paul Custom des années 80, la même que j’utilisais dans Rocket From The Crypt, Drive Like Jehu, et même dans Pitchfork. Je l’ai pas mal modifiée, avec un micro EMG en position chevalet. En fait, la guitare est équipée de deux entrées et chaque micro est relié à un jack qui part vers deux amplis, mais je ne joue pas en stéréo pour autant. Le micro chevalet est amplifié par un Vox AC30 et celui du manche va vers un Marshall JCM800. Je n’ai aucune pédale, à part un accordeur, et cette configuration me permet d’avoir un son clair vraiment propre avec le Vox, surtout pour les notes séparées. J’aime beaucoup cette guitare… J’avais demandé à un gars de la repeindre avec une finition Sparkle, mais comme je n’avais pas assez d’argent, il n’a pu faire que que le devant du corps de la guitare (rires) !

C’est cette même guitare qu’on t’a volé il n’y a pas si longtemps ?
Tout à fait ! Cela s’est passé pendant l’enregistrement du nouvel album. Rick fumait une cigarette dehors et ma guitare était dans ma voiture que je pouvais voir par l’une des fenêtres du studio. Je n’étais pas inquiet et je me suis dit que j’irai la chercher plus tard… Et pourtant, elle a été volée ! J’ai passé une annonce sur les réseaux sociaux. Même la presse locale s’est emparée de l’affaire en relayant l’information. Et puis, quelqu’un l’a retrouvée sur une application spécialisée dans la revente de matériel d’occasion. J’ai donc contacté la police, un jeudi, pour pouvoir récupérer mon instrument, mais le gars m’a répondu qu’aucun policier ne travaillait ce jour-là, et qu’il fallait rappeler lundi. Je n’en croyais pas mes oreilles ! On a donc décidé de répondre favorablement à l’annonce sur cette application. Et lorsque le lieu du rendez-vous a été conclu, je suis venu avec une « équipe » (rires) ! Et nous avons récupéré la guitare…

Et tu as fini l’enregistrement de « Jericho Sirens » avec ladite guitare…
Oui, même si au départ, ce n’était pas forcément ma guitare principale avec Hot Snakes, j’en ai utilisé pas mal… Mais bon, c’était comme un signe : je devais absolument finir l’enregistrement de l’album avec cette Les Paul Custom.

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