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HIGHLY SUSPECT – Les anges de Brooklyn

Avec un excellent second album sorti en 2017, « The Boy Who Died Wolf », et quelques nominations aux Grammy Awards dans la foulée, Highly Suspect endosse doucement mais sûrement son rôle de challenger. Johnny Stevens (guitare et voix) nous en dit plus sur ce trio à suivre de près.
Propos recueillis par Olivier Ducruix

Peux-tu nous dire quelques mots sur les débuts du groupe ?
Nous nous sommes rencontrés après le lycée. Nous étions passionnés par les motos, mais aussi par la musique. Nous avons alors commencé à jouer ensemble, mais rien de bien sérieux. Un jour, j’ai booké un concert dans un bar et nous avons été obligés de nous dépêcher pour apprendre un nombre suffisant de morceaux. Comme cela avait bien fonctionné ce soir-là, nous avons continué à jouer dans des bars de la région.

Quel genre de reprises faisiez-vous à cette époque ?
Vu que notre ville d’origine est située sur une presqu’île et que les gens étaient là pour faire la fête, nous reprenions du Sublime, du Red Hot Chili Peppers ou du Bob Marley, des trucs dans le genre. C’était uniquement acoustique jusqu’au jour où nous avons répondu favorablement à une station de radio qui cherchait un groupe électrique pour un concert. Je me souviens que, la première fois où nous avons joué électrique, c’est en reprenant une chanson de Weezer, Say It Ain’t So. Wow… Ce fut vraiment comme une révélation (rires).

Quand avez-vous réalisé que le groupe prenait une tournure plus sérieuse ? Que vous alliez vivre de votre musique ?
Je me demande si je réalise encore (rires) ! Notre déménagement de Cap Code (une ville située dans le Massachusetts. Ndr) à New York a sans doute été un moment clé. C’est là que nous avons décidé de ne plus faire de reprises, mais plutôt d’écrire nos propres morceaux. Nous étions bien à Cap Code, et nous adorons toujours cette ville, mais nous avions l’impression d’y tourner en rond. Ce n’était pas le bon endroit pour qu’on puisse s’épanouir sur un plan artistique. Ce que je vais dire est peut-être un cliché, mais New York est une ville qui favorise la création. C’est comme un combat de tous les jours pour réussir, avec ce mélange incroyable des cultures.

Votre premier album, « Mister Asylum » est sorti en 2015 et le second, moins d’1 an et demi après. Comment expliques-tu une si courte période entre les 2 disques ?
C’est juste le désire d’être créatif. « Mister Asylum » était essentiellement composé de titres que nous traînions depuis des années. Il y avait une forte envie de se renouveler. Quand tu joues des morceaux depuis longtemps, tous les soirs ou presque, tu n’as qu’une seule idée en tête : en écrire des nouveaux ! Notre second album s’est fait très rapidement. Après avoir joué au festival Rock On The Range, nous sommes rentrés à Los Angeles et j’ai réservé dans la foulée un studio dans lequel je me suis enfermé pendant 10 jours. Je ne pensais qu’à une chose, composer encore et encore, et je me faisais livrer de la nourriture pour ne pas perdre de temps. Résultat, 90% du nouvel album a été composé en 10 jours. Par la suite, nous avons répété ces nouveaux titres tous les 3, histoire de voir si ça fonctionnait ou s’il fallait corriger et améliorer certains passages.

Tu as besoin de te mettre ainsi la pression pour composer ?
Enregistrer un disque, cela se planifie à l’avance : tu dois payer le producteur, l’ingénieur du son et le studio, mettre tout en œuvre avec la maison de disques pour bien préparer sa sortie. Alors, quand une date est décidée, tu n’as pas le droit de te manquer. Il y a tant de personnes impliquées dans le processus. La pression existe, c’est sûr… Pour être franc, j’avais un peu peur, car c’est la première fois que j’opérais ainsi, à savoir booker un studio pendant 10 jours pour composer pratiquement tout l’album. Je savais que je pouvais le faire, il y avait quelque chose d’excitant… Je crois même que je pourrai le faire encore plus rapidement… Notre prochain disque, je le composerai en 3 jours (rires) !

Penses-tu que le fait d’être un trio influe sur ta manière d’écrire une chanson ?
J’ai envie de te répondre oui et non. Sur « The Band Who Died Wolf », il y a des titres qui sont arrangés avec des synthés, du piano, de l’orgue… On se dit qu’on aimerait aller plus loin dans le futur. Pourtant, je me dis encore que ce que nous ne pouvons pas faire en live, nous ne devons pas l’enregistrer. Sur scène, nous ne jouons pas avec des bandes ou des séquences, cela ne nous empêche pas d’avoir envie de produire un album riche. C’est pour ça que, dans ce nouveau disque, il y a un équilibre entre des titres très travaillés et d’autres beaucoup plus directs, comme Look Alive Stay Alive, Chicago ou Viper Strike. Et puis, je n’ai pas envie de me battre sur scène, j’ai aussi envie de m’amuser.

Musicalement, « The Boy Who Died Wolf » est assez éclaté. On y trouve du grunge, de l’indie rock, et même quelques références aux années 70. Quel est votre secret pour garder au final une solide unité artistique ?
Depuis que nous jouons ensemble, nous ne nous fixons aucune limite pour ce qui est des styles. L’important est que nous prenions plaisir à jouer une chanson, qu’importe si elle sonne grunge, punk ou plus classique. Au final, ma voix est comme elle est, j’ai mon propre jeu de guitare, Rich sa façon de jouer de la basse, tout comme Ryan avec sa batterie. On pourra faire un morceau punk ou un autre ressemblant à du Pink Floyd, mais notre son reste et restera notre signature.

L’une de vos chansons, My Name Is Human, était nominée pour les Grammy Awards dans la catégorie « Meilleure chanson rock » en 2017. Lors de cette cérémonie, un groupe français était là aussi, Gojira. Tu connais bien Joe Duplantier qui a coproduit l’un de vos EP, « Black Ocean », non ?
Joe est mon voisin à Brooklyn. Je l’ai rencontré dans un petit café, pas loin de chez moi. À ce moment-là, il ne savait pas que je jouais dans Highly Suspect… Puis, nous sommes devenus amis. Je veux dire de vrais amis, pas le genre d’amitié que tu peux avoir en tournée avec d’autres musiciens. Non, ça va plus loin. Cela nous arrive de partir en vacances ensemble. Nous avons un peu le même caractère et nous partageons la même vision de la musique, de la vie aussi. C’est un super gars et Gojira un super groupe. C’est le premier Français que je rencontre et je peux dire que vous avez avec Joe un ambassadeur vraiment extra (rires).

Toutes vos vidéos sont vraiment incroyables. Pourtant, il serait tellement plus simple de faire des clips avec juste les paroles qui défilent… Pourquoi est-ce important pour vous ? Pour montrer que l’univers du groupe va au-delà de la musique ?
Tout d’abord, merci pour ton compliment ! Je ne veux pas être qu’un simple musicien, je veux être considéré comme un artiste complet. J’espère un jour que je pourrais devenir acteur, ou créer ma propre ligne de vêtements, ou je ne sais quoi d’autres. Il y a tellement de choses à faire… Pour les vidéos, je pense que nous avons été influencés par celles qui passaient sur MTV dans les années 90. Certaines étaient vraiment cools, avec de véritables histoires, presque comme des petits films. Tu as raison, nous pourrions nous contenter de faire des lyric videos, mais à quoi bon ? Il y en a tellement déjà. Organiser le tournage d’une vidéo avec des acteurs, des décors, un réalisateur, cela prend du temps, mais au final, nous sommes fiers du résultat.

Zoom matos

  • Fender Stratocaster (1991)
  • King Bee (forme Telecaster – marque basée au Texas et instrument acheté à Bogota !)
  • Gretsch White Falcon
  • Fender Hot Rod Deluxe ou Blues Junior (en fonction de la salle)
  • Supro Thunderbolt S6420
  • Boss DD-7
  • Boss Blues Driver
  • Electro-Harmonix Big Muff
  • Eventide H9
  • EarthQuaker Devices Ghost Echo
  • EarthQuaker Devices Afterneath
  • Ernie Ball Volume Pedal

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