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HANGMAN’S CHAIR – La grande couronne

Dans « Banlieue triste », Hangman’s Chair continue son exploration sonore avec une imparable justesse. Un cinquième album, sombre mais contrasté, qui plonge l’auditeur dans les méandres du doom, du sludge et de la new wave des années 80.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © William Lacalmontie

Comment avez-vous eu l’idée du titre de l’album, pour le coup en français ?
Mehdi : Il nous est venu pendant la composition de l’album grâce à la photo de la pochette. C’est la première fois que cela nous arrive. D’habitude, on compose l’ensemble des morceaux du futur disque et ensuite on se penche sur tout l’univers graphique qui l’accompagne.
Julien : Cette photo nous a fait penser à « Banlieue rouge » de Renaud…
Mehdi : Une grosse référence pour ce qui est des années 80, avec un côté très citadin. J’évite volontairement de dire urbain car Julien n’aime pas ce terme (rires) ! Nous avons donc décidé d’appeler ce nouvel album « Banlieue triste », en français, alors que nous chantons en anglais. Par rapport à la pochette, avec cette ambiance très franco-française qu’elle dégage, c’est ce qui fonctionnait le mieux.

Avec cette caravane et cette cité en fond, si tu es réfractaire au terme urbain, Julien, cela risque de vite t’énerver, parce que c’est le premier qui vient à l’esprit…
Mehdi : C’est exactement ce que j’ai dit au monsieur (rires) !
Julien : Je sais bien ! Mais pour moi, le mot urbain a une connotation rap, c’est ça qui me gêne et je préfère le remplacer par citadin. Parfois, on nous parle aussi du groove qu’il peut y avoir dans notre musique. Ce ne sont pas forcément des termes qui correspondent au style du groupe… Mais bon, la langue française est assez riche pour qu’on puisse trouver d’autres appellations (rires). Quoi qu’il en soit, nous restons des mecs de la ville.

Une imagerie très française, banlieusarde même. La facilité, par rapport à votre style, aurait été de privilégier un artwork plus porté vers les grands espaces américains, comme le désert, ou des villes abandonnées…
Mehdi : Nos influences restent majoritairement anglo-saxonnes, c’est indéniable. On nous a souvent catalogués, ce qui est tout à fait normal, comme un groupe de doom, de sludge, voire de stoner. Mais nous avons toujours voulu nous échapper de ces codes et les visuels que nous pouvons utiliser nous aident aussi en ce sens. Et puis, avec l’âge, cela nous semble de plus en plus logique d’assumer totalement ce côté banlieue : c’est là que nous avons grandi, que nous vivons encore aujourd’hui. Ces couleurs très froides ont définitivement marqué notre jeunesse.

Vous êtes allés à nouveau enregistrer au studio Sainte Marthe avec Francis Caste. On ne change pas une équipe qui gagne ?
Julien : En temps normal, pour faire un album, nous environ prenons une dizaine de jour. Pour « Banlieue triste », nous avions envie de nous poser un peu plus en prenant carrément 1 mois. Nous ne pouvions pas nous permettre de rester aussi longtemps dans un studio sans connaître l’endroit. Il fallait qu’on s’y sente bien, comme chez nous. Cela doit faire 15 ou 20 ans qu’on enregistre chez Francis Caste. Le studio Sainte Marthe, on le connaît. C’était primordial pour rester créatifs et pouvoir essayer des choses en studio. On sait qu’on peut faire totalement confiance à Francis pour tout ce qui est technique, ce qui nous a permis de nous concentrer sur l’artistique.
Mehdi : Francis n’est pas qu’un simple technicien hors pair. C’est aussi un excellent arrangeur qui amène des idées et en plus un très bon multi-instrumentistes. Il propose des choses et ça, quand tu es dans ta bulle en studio, c’est vraiment important pour prendre un peu de recul.

Pensez-vous que votre son a réellement évolué avec cet album ?
Julien : Oui, surtout au niveau de la texture. Avant, pour les sons saturés, je n’utilisais que ma tête d’ampli Rivera, du moins en studio. Pour « Banlieue triste », j’étais en quête d’un son plus granuleux, d’où mon choix d’une pédale Rat. Mon son a également évolué avec les effets de modulation, qui fait que la guitare peut presque sonner comme un synthé, comme par exemple sur le titre Touch The Razor.

De l’extérieur, on a parfois l’impression que vous cultivez volontairement un côté mystérieux, qui va de pair avec votre musique…
Mehdi : Ce n’est pas quelque chose que nous cultivons consciemment. Nous ne sommes pas du genre à nous livrer. Par contre, si une personne vient nous voir, nous restons très ouverts.
Julien : Nous n’avons pas de messages à faire passer, notre musique se suffit à elle-même.

Pas de messages particuliers, même avec une pochette et un titre d’album qui peuvent être interprétés comme tels ?
Julien : C’est plus une façon de parler de nous, de notre environnement. Sincèrement, il n’y a aucun message dans tout cela. C’est plus quelque chose d’introspectif. La banlieue est un univers que l’on connaît, sur lequel on peut dire des choses vraies. C’est ça qui nous importe au final : montrer notre intégrité dans tout ce que l’on fait.

Zoom matos (plus d’informations ici)

  • Guitare hybride (corps Telecaster, manche aluminium et micros Electrical Guitar Company)
  • Kramer 450G
  • SG Jaydee
  • Rivera KnuckleHead (en studio)
  • Orange OR145 + baffle 4×12’’ (x2, en live)
  • ProCo Rat
  • Boss Digital Metallizer
  • Line 6 M13, Arion SCH-1

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