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HAMER SUNBURST – Hamer on !

Les amateurs d’un certain esprit rock’n’roll seront très certainement ravis de revoir une guitare double cutaway d’inspiration Les Paul JR/Special qui bien que perfectible, est facile à jouer et plus abordable.

C’est avec un grand plaisir que nous retrouvons la marque américaine Hamer (qui bénéficie d’une nouvelle distribution). Fondée en 1973 par Paul Hamer et Joe Dantzig, elle était cruellement absente des points de vente (et des esprits) en France, mais toujours en activité outre-Atlantique. Historiquement, Hamer est synonyme d’instruments de qualité, fabriqués aux États-Unis. Aujourd’hui, nous accueillons la ressortie de la Sunburst, produite en Indonésie, qui se veut
 marcher dans les pas du modèle d’origine, premier à bénéficier d’une production
en série en 1977. Cette double cutaway,
 très légèrement asymétrique, mixe des inspirations Les Paul/LP Jr/LP
Special, mais avec deux micros humbucker à la place des P-90, 
gérés par deux volumes et 
une unique tonalité, alignés
 parallèlement au manche.
Visuellement, le dégradé Sunburst tirant vers le rouge est de toute beauté, sans aucun défaut de vernis apparent, laissant apparaître la table flammée. On notera quelques différences comme le couple Tune-O-Matic/Stopbar remplacé par un cordier/chevalet fixe à cordes traversantes et sur la touche en ébène, des repères dot à la place d’inlay nacrés. Notez qu’un changement de tirant de cordes 
et un réglage de l’action seront peut-être
 à envisager (comme sur le modèle de 
test). Au dos, un sticker d’une agence californienne nous prévient de l’utilisation de dioxyde de titane et de méthanol dans la fabrication, potentiellement nocifs : on en déduit qu’il vaut mieux éviter de lécher ou sniffer le vernis (voire de jouer nu ?).

Rock’n’hard attitude
Le confort de jeu est parfait, d’autant qu’on n’a pas l’impression de porter une enclume et que le manche, accessible 
à toutes les mains, permet aux solistes
 de jouer de haut en bas grâce au double cutaway très ouvert. On pourra débattre de la position du sélecteur de micro, placé derrière le chevalet, qui demandera un mouvement opposé du bras vers l’arrière. Une fois en couple avec un ampli à lampes au profil vintage/moderne, on comprend vite que ces doubles bobinages sont là pour nous emmener vers des contrées plus hard. Leur niveau de sortie n’est pas dévastateur et leur profil est un peu sec et creusés dans les médiums, ce qui va jouer sur la chaleur du rendu général. Ceci dit, les sons clairs sont assez bien définis, se mariant parfaitement avec les effets de modulation, qui rendront les rythmiques plutôt chantantes. Cependant, chaque
 riff à peine appuyé va naturellement chercher son côté plus nerveux et incisif, mais sans poussée de fièvre dans les aigus (qu’on aurait presque voulu booster un peu à ce niveau). On a alors envie de monter dans le rouge en poussant le Drive de l’ampli ou avec des pédales de saturation. À ce petit jeu, le micro chevalet relève le défi power-rock/hard-rock sans tomber dans le heavy le plus radical. Le micro manche, lui, pose trop vite ses limites, sans que l’on fasse vraiment la différence entre
 les positions manche et intermédiaire, et manque de précision sur les fréquences graves, qui bavent un peu trop dès que l’on booste avec une saturation. En revanche, il sera intéressant et chaud dans un registre blues. En bref, la petite est certes perfectible, mais sa conception la rend digne d’intérêt pour accueillir 
un nouveau set de micros pour les plus exigeants. La rock’n’roll attitude mérite bien ça, elle aussi.

Olivier Davantès

Caractéristiques

  • Type : Solidbody Double Cutaway
  • Corps : acajou avec table érable flammée

  • Manche : acajou avec la touche ébène, 22 frettes
  • Chevalet : basique chromé
  • Mécaniques : Hamer
  • Micros : Humbucker Hamer Zebra Hard Rock (x2)
  • Contrôles : volumes (x2), tonalité, sélecteur 3 positions
  • Prix : 699€
  • Origine : Indonésie
  • Distributeur : www.laboitenoiredumusicien.com

Hamer fait son cinéma
Entre Rick Nielsen, guitariste fantasque de CheapTrick, et Hamer, c’est une véritable histoire d’amour qui commence très tôt, puisqu’en tant que voisin du magasin de Joe Dantzig et Paul Hamer, celui-ci goûte rapidement au modèle « Standard » basé sur la forme d’une Explorer et l’adopte en 1974. Très vite, Hamer lui en fabrique d’autres, comme celles recouvertes de motifs à damiers, entièrement réalisées à la main et qui vont véritablement définir le style esthétique de Rick. Encore plus impressionnante et démesurée est sa guitare à cinq manches (une 12-cordes + deux de 6 + une 6 avec vibrato, une frettless) avec laquelle il joue sur scène sur la chanson Surrender. L’Uncle Dick, guitare à deux manches représentant Rick en pieds est le résultat d’un concours ouvert pour les fans permettant à chacun de proposer des croquis. La Box Guitar, d’inspiration Bo Diddley, reprend la pochette de l’album « Rockford », entièrement jaune. Voilà aussi pourquoi Hamer est souvent associée à un exercice de custom shop ostentatoire… et à Cheap Trick.

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