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GUIDE D’ACHAT – Octaver ou Octafuzz, faites votre choix !

C’est la tendance du moment : donner l’impression d’avoir une basse qui joue la même chose que vous, ou une guitare encore plus aigüe qui vous accompagne dans votre solo. C’est la magie de l’Octaver.
Par Guillaume Ley

Mais que se passe-t-il ? On croirait entendre jouer une paire de guitares, voire plus, alors qu’un seul 6-cordistes s’expriment devant vos yeux ébahis. Quel est donc ce miracle ? Il s’agit d’un Octaver. Cet effet reproduit la note que vous jouez à l’octave (au-dessus, ou en dessous, ou même les 2 suivant la pédale utilisée). Si Hendrix fut l’un des premiers guitar heroes à se servir de cet effet avec brio, le grand public a surtout été marqué par son utilisation à travers le désormais incontournable Seven Nation Army des White Stripes. Le son grave qu’on entend, ce n’est pas de la basse, c’est une guitare utilisée avec un POG d’Electro-Harmonix. Les Black Keys, Royal Blood et Rival Sons font partie des groupes connus qui n’ont pas hésité à mettre cet effet en avant dans leurs riffs les plus célèbres, faisant sortir l’Octaver de son rôle d’appoint dans le cadre des sons en solo pour lequel il était principalement utilisé. Vous avez envie d’avoir un son plus épais, ou de jouer les Dan Auerbach ? Suivez le guide. Notre visite comporte 2 parties : la première composée d’Octavers purs et durs, la seconde de pédales cumulant Fuzz et Octaver, combinaison gagnante à tous les coups, qui a donné naissance à d’excellentes pédales d’effet dans cette catégorie.


OCTAVER

 

HOTONE OCTA (79€)

Le plus petit modèle de la sélection, qui prend vraiment une place ridicule sur votre pedalboard. Comme presque toutes les pédales que vous allez découvrir dans cette première partie de dossier, on peut gérer 3 niveaux : l’octave du dessus, celle du dessous, et le signal non traité. L’Octa est polyphonique, mais on préfère le rendu en single notes, les accords sont moins bien gérés. Le petit switch Dirty est encore plus orienté pour ce type de jeu « monophonique », puisqu’il offre encore une octave supplémentaire en dessous de la première. Sympa sur le principe, cette idée se révèle brouillon à l’arrivée. Restez en mode Clean, et vous aurez un bon petit produit pas cher et à l’encombrement réduit.

 

MOOER TENDER OCTAVER MKII (94€)

La version mkII de l’excellent Tender Octaver offre un petit toggle switch supplémentaire qui donne
 le choix entre 3 couleurs différentes : Fat, Tight et Swell. La réponse de l’Octaver est toujours aussi bonne, sans latence, avec une octave au-dessus et une en dessous, en plus du son non traité, le côté un peu synthétique de la première version étant en partie gommé par les différentes positions du toggle switch. C’est surtout lorsqu’on joue note à note que cet appareil fait des miracles. En mode Fat, le son est plus gros, idéal pour faire vibrer le grave. En Tight, les solistes vont apprécier le côté plus serré et plus précis des basses. En Swell, c’est un pur bonheur psychédélique, avec des attaques de notes adoucies, comme si on augmentait le volume de sa guitare juste après avoir attaqué
 la corde avec le son coupé. Dans
 la même marque,
 vous pourrez
 également trouver
 le Pure Octave, un Octaver polyphonique avec 11 modes de fonctionnement, mais dont le son nous a semblé moins naturel.

 

TC ELECTRONIC SUB’N’UP (129€)

Voilà un sacré concurrent. L’Octaver Sub’N’Up possède 4 contrôles pour gérer 3 octaves (dont 2 en dessous) en plus du son non traité. Et ça tient la route ! Le mode polyphonique garde le son bien défini, même s’il entame un peu l’attaque des notes. Il permet en revanche de faire de très jolies nappes qui, associées à de la Reverb ou du Delay, emmènent votre son dans une nouvelle dimension, plus proche de l’orgue que de la guitare, pour un rendu franchement sympa. Notez qu’il existe une version mini moins chère (109 €) avec « seulement » 2 octaves.

 

T-REX QUINT MACHINE (198€)

Voilà une pédale d’Octaver pour le moins originale : 4 contrôles sont disponibles, pour gérer les 2 fameuses octaves et le son dry ainsi… qu’une note à la quinte. Avouez que ça sort de l’ordinaire, et ça vous donnera le super pouvoir de réaliser des accords de puissance en ne jouant qu’une note à la fois, en mode paresseux ! C’est propre, ça ne décroche pas, et ça marche plutôt bien en jeu polyphonique. Mais il faudra prendre garde aux problèmes d’harmonie qui vous guettent lors de vos descentes de gammes si la quinte est enclenchée : autant l’octave est utilisable sans limite, autant la quinte sonnera en dehors de la tonalité sur certaines notes. Un beau son organique pour de larges possibilités.

 

ELECTRO-HARMONIX NANO POG (219€)

Valeur sûr dans le genre et référence incontournable, surtout pour les fans de Jack White, le Nano POG reprend les réglages du Micro POG qui était lui-même une version simplifiée du POG (un énorme Octaver qui gère 4 octaves à la fois en plus du son dry et embarque plusieurs filtres). S’il paraît étrange de dire qu’un son chimique puisse nous plaire, ici, c’est ce qui arrive ! Ce son étrange, synthétique et gras 
à la fois, est séduisant. L’effet est cher, si on le compare aux autres produits du marché, mais il ne décroche pas et sonne en toutes circonstances, en monophonique comme en polyphonique. Vous avez aimé l’énorme riff d’Electric Man par Scott Holiday dans Rival Sons ? Encore du POG. Tout est dit. Certes pas donné, mais redoutable.


OCTAFUZZ

 

ELECTRO-HARMONIX OCTAVIX (80€)

Voici l’occasion de s’offrir un son de légende à moindre coût. L’Octavix porte bien son nom, puisqu’il s’agit d’une pédale reprenant les grandes lignes de l’Octavia de Roger Mayer. Une pédale de Fuzz (avec l’octave supérieure réglable) au look magnifique, dont le son évoque son inspiratrice ou les vieilles Fuzz Face. C’est une vraie Fuzz, qui décroît de manière un peu floue sur la fin des résonances des accords, mais dont le sustain tient la route si l’on tire bien sur la corde. Parfait pour les notes individuelles, comme pour les accords. Cette pédale possède un switch qui permet de passer de 9 à 24 volts. Avec le voltage supérieur, le son devient plus précis et un peu plus clair, sans perdre de mordant pour autant. Un excellent modèle au rapport qualité-prix redoutable.

 

MXR LA MACHINE (153€)

MXR, c’est un peu le spécialiste de l’Octave-Fuzz. Après avoir lancé un modèle simple et efficace, la Blue Box (Fuzz et octave inférieure), 
la marque propose du neuf avec La Machine, qui sonne plus moderne et plus agressive que les classiques pédales reproduisant les sons hendrixiens de 
la fin des sixties. Ici, le son de Fuzz est puissant, le gain élevé et le rendu un peu plus serré. L’octave proposée est aussi celle du dessus. Elle rend la Fuzz plus chantante et fonctionne très bien note par note, comme en accords. Et en plus, on peut la désactiver, mais à la main, car le petit bouton placé en haut du boîtier est vraiment minuscule. Pour ceux qui veulent encore plus de gras et de grave, il existe la Sub Machine (190€) avec en plus, l’octave en dessous de la note jouée.

 

ORANGE FUR COAT (155€)

Après l’excellente Getaway Driver, voici l’incroyable Fur Coat. La proposition est vintage (une octave au-dessus en plus de la Fuzz), mais le rendu polyvalent et la gestion des paramètres moderne (octave déclenchable au pied, plage de gain pouvant aller du crunch léger à la grosse Fuzz de stoner qui écrase). Dans tous les cas de figure, ça sonne, et ce, quel que soit le micro utilisé. On peut abuser de l’octave pour le solo et obtenir un petit côté chimique pas très éloigné du POG en poussant le réglage à fond. Mais à l’inverse, quand on dose bien son propos, on obtient un son plus gros, mais sans trop discerner cette octave qui pourtant fait la différence. On peut donc passer des Black Keys à Hendrix sans difficulté, avant de repartir sur les terres de Kyuss ou de Black Sabbath en 2 tours de potards. Grosse sensation. Bravo Orange.

 

DUNLOP JIMI HENDRIX OCTAVIO FUZZ (165€)

Fini le boîtier au format soucoupe (et le charme qui allait avec) et aux réglages situés à l’arrière. Une série limitée avait déjà été réalisée ( Dunlop Jimi Hendrix Limited Edition Octavio 70th Anniversary Tribute Series) en 2012. On reprend la ligne compacte de cette dernière et on change le dessin du guitariste légendaire sérigraphié sur le boîtier. Mais pour le son, rien ne bouge. Pas le choix pour la balance entre Fuzz et Octaver, car c’est un équilibre fixé par l’électronique. Vous augmentez la Fuzz et l’octave qui va avec le potard Fuzz. C’est hendrixien, tout simplement. Si vous jouez sur les dernières cases, c’est même très proche du Ring Modulator. Psyché, vintage, pour un son à la Band Of Gypsys.

 

FULLTONE OCTAFUZZ OF-2 (179€)

Comme la Dunlop ci-dessus, cette Fulltone, clone de l’Octavia Tychobrahe, donne vraiment l’impression de jouer avec le son de Hendrix période Band Of Gypsys. La Fuzz est bien sale et l’octave fixe, là aussi. Bien entendu, avec les réglages à fond, en jouant sur les dernières cases, on retrouve
 là aussi le petit côté Ring Modulator bien particulier. En revanche, l’OF-2 dispose d’un petit plus : la possibilité de choisir l’Octave-Fuzz ou la Fuzz seule, grâce un petit toggle switch situé entre les 2 gros potards. C’est plutôt sympa, surtout que la Fuzz seule tient bien la route, malgré l’absence de réglage de Tone. Un modèle solide, vintage et fidèle à l’esprit d’antan.

 

MXR SLASH OCTAVE FUZZ (199€)

Voilà une pédale signature qui vaut le détour. Cette pédale de Fuzz avant tout (quel gros son !), offre une paire d’octaves réglables (supérieures
 et inférieures). On peut choisir de désenclencher l’Octaver pour ne garder que la Fuzz, et surtout injecter l’octave du dessous dans la Fuzz pour un son encore plus gros via le switch Sub Into Fuzz. Attention, les réglages sont nombreux
 et il n’est pas évident de trouver le bon équilibre d’emblée. Quand on ne pousse pas trop les basses et qu’on évite le switch Sub, cette pédale délivre un médium bien agressif pour facilement percer dans le mix, ce qui fait le bonheur des solistes. Une Octave-Fuzz de caractère aux multiples possibilités.

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