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GUIDE D’ACHAT – 10 pédales de synthé-guitare pour un son sans limite

Un son synthétique, comme tout droit sorti d’un Moog ou d’un Prophet V, obtenu sans clavier, mais avec une 6-cordes : un challenge relevé haut la main grâce à des pédales d’effets surprenantes, qui transforment n’importe quelle guitare en synthétiseur vintage. Pour adeptes de filtres et d’ondes en tout genre.
Par Guillaume Ley

Les synthétiseurs ont bousculé le monde de 
la musique amplifiée il y a déjà une bonne soixantaine d’années (bien que l’invention des premiers modèles remonte au début du siècle dernier, c’est bien entendu la musique électronique, le rock,
 le funk et d’autres styles contemporains qui ont permis de démocratiser cet instrument). Il ne faut pas confondre le synthétiseur avec le clavier électronique ou le piano électrique. Un synthétiseur part d’un son, d’une onde (l’oscillateur), qu’on bidouille ensuite dans tous les sens à l’aide de différents filtres jusqu’à obtenir le résultat désiré (au contraire des claviers utilisant des presets ou des banques de sons pour imiter d’autres instruments, piano, orgue, violon…). Cela fait des années que de nombreuses marques s’amusent à transformer nos guitares en synthés. Tout s’est accéléré avec le XXIe siècle et l’avènement du numérique beaucoup plus performant qu’à ses débuts. On retrouve plusieurs types de pédales
 qui transforment votre guitare en clavier, comme
 les Electro-Harmonix B9 et C9. Mais nous avons volontairement choisi de rester sur les synthétiseurs, rien que pour le côté expérimental, amusant et créatif des pédales de ce type. Bienvenue dans un monde ou le son de votre guitare n’a plus vraiment de limites.


DigiTech Dirty Robot (137€)

Voilà une pédale compacte (au gabarit équivalent au format Boss), mais avec suffisamment de réglages pour bidouiller pendant un bon moment et travailler le son. Vous disposez de deux voicings différents comme base de travail. La position V1 pour un côté synthé analogique, qui vient piocher dans les années 70 et 80, et la V2 pour des effets plus vocaux (type Talk Box ou Vocoder). Rien qu’avec ça, vous pouvez couvrir une très large palette de sons complètement fous, avec un rendu à la fois synthétique (logique) et organique (on peut avoir du coffre et du gras sans sonner trop numérique, 
ce qui est fort agréable). Pas de sauvegardes 
au programme, mais toujours la protection en caoutchouc stomplock (livrée dans la boîte) à placer sur vos potards pour préserver vos réglages en cas d’accidents sur scène. La force de ce Dirty Robot, c’est d’encaisser les basses les plus graves et les guitares accordées moult tons en dessous, sans décrocher. Autre détail qui a son importance, la baisse de prix de cet effet, lancé à presque 200 euros à sa sortie, aujourd’hui beaucoup plus accessible.

Electro-Harmonix Mono Synth (147€)

Voilà une pédale qui fait très fort, tant sur le plan sonore que tarifaire. La Mono Synth a ce côté plug & play qui vous offre de suite un résultat qui sonne. Là aussi, les synthés sont très typés années 70 et 80, et le rendu très agréable car très analogique dans l’ensemble. On peut vraiment en tirer un son bien épais dans le bas du spectre… À condition d’utilise une guitare ; car si l’on essaie avec une basse ou une 7-cordes, le son décroche, et c’est nettement moins enthousiasmant (voilà pourquoi il existe aussi la Bass Mono Synth). Comme son nom l’indique, cette pédale est, à l’image de certains synthés analogiques, monophonique. Pensez donc à jouer note après note et à ne pas raisonner en jeu en accords. Une fois qu’on a retenu ça, c’est l’éclate assurée, grâce à 11 types de synthés différents
 et à leurs réglages simples et efficaces (avec des potards pour doser son traité et non traité). Et pour chaque preset de synthé, la pédale mémorise les derniers réglages, soit un potentiel de 11 mémoires au total (une par synthé). Et comme on peut ajouter une pédale d’expression, tout est fait pour jouer facilement sans se prendre la tête, avec le son à l’arrivée. À ce prix, c’est carton plein !

Subdecay Octasynth (200€)

Cette pédale peut être considérée comme un Octaver combiné avec un moteur de synthé analogique, pour livrer un effet monophonique efficace. Le contrôle de la partie synthé se résume à une section Filter qui comprend deux potards Depth et Res. C’est assez succinct, mais largement suffisant si vous n’avez besoin que de petits sons synthétiques de temps à autre, pour des arrangements. En termes de sonorités, on est donc dans l’esprit des Moog et autres équivalents, mais avec un « seul » son principal qu’on s’amuse à triturer et 
à bidouiller pour qu’il rentre dans le mix ou en sorte plus facilement. Le rendu est bon, avec un joli bas, Octaver oblige, qui réagit bien à votre jeu de guitare. Une pédale simple quant à son utilisation pour éviter de se prendre la tête sans chercher à trop peaufiner.

EarthQuaker Devices Bit Commander V2 (219€)

Autre pédale de synthé monophonique pour guitare, cette seconde version de la Bit Commander s’appuie sur une seule forme d’onde (de type carré), associée à trois réglages d’octaves différents ainsi qu’à un filtre (qui sert
 de tonalité). Dans l’ensemble, c’est assez funky et moins axé sur les gros sons qui avoinent dans le bas ou permettent de livrer des ambiances aériennes. Tous les réglages en façade sont faciles à prendre en main, et donnent très vite des résultats exploitables. En revanche, il est difficile d’obtenir un son qui ne décroche pas si on essaie de jouer entre la première et la septième case. Voilà pourquoi ce modèle reste très funky, car joué dans des notes plus aigues pour que le rendu reste efficace. C’est aussi très sympa si on joue un solo qu’on veut habiller autrement qu’avec un pur son de guitare.

Keeley Electronics Synth-1 (247€)

Bienvenue dans les ambiances inspirées par les synthés de type Moog. La base de travail est une Octafuzz avec un effet qui réagit à l’attaque de votre jeu, le reste des réglages permettant de peaufiner le son (Filter, Attack, Blend, choix de la forme d’onde). Là aussi, la possibilité d’ajouter une pédale d’expression aide à s’amuser (elle agit sur la section Filter pour passer d’une tonalité à une autre en un rien de temps). Comme chez la Mono Synth d’Electro-Harmonix, il s’agit d’un modèle monophonique, donc à jouer de préférence en note à note. Le résultat est plutôt fun et tordu dans l’ensemble (surtout lorsqu’on actionne le switch Chaos, qui porte bien son 
nom et amène une jolie folie désordonnée). C’est très bien pour ajouter un plan venu d’ailleurs dans une composition, avec un côté noisy expérimental. C’est moins adapté pour les ambiances et les nappes pures, même si le réglage d’Attack permet de faire du violoning grâce à une entame de notes à la fois retardée et adoucie. Bien réalisée, mais très ancrée dans un type de son.

Electro-Harmonix Synth9 (263€)

Après avoir aligné tout une série de pédales reproduisant les sons de claviers célèbres (orgues, pianos électriques, Mellotron), Electro-Harmonix a atteint un nouveau sommet avec la Synth9, orientée sur les synthétiseurs d’époque. Au même titre que les autres modèles de la série (y compris la Mono Synth), on branche, on sélectionne le son désiré et on joue. On retrouve de grands synthés émulés sous des pseudos à peine déguisés : OBX (pour Oberheim OB-X), Profit V (pour Prophet V), Mini Mood (pour Mini Moog)… Gros plus par rapport à d’autres modèles de la marque : ce modèle capte mieux les notes les plus graves, et surtout, une bonne partie des synthés émulés ont un réglage de Tone pour mieux rentrer dans le mix. Et ce modèle est polyphonique : vous pouvez donc y aller de vos plus beaux accords et donner naissance 
à d’incroyables nappes, en plus du jeu note 
à note. La Synth9 tient bon la rampe, ne décroche pas dans le grave, n’a pas de latence handicapante, et livre un son ébouriffant, à un prix incroyable vus les services rendus.

Pigtronix Mothership 2 (279€)

Si le premier modèle sorti il y a plus de 10 ans était un bloc imposant, la version 2 est beaucoup plus facile à glisser sur un pedalboard. Et pourtant, les réglages sont toujours aussi nombreux (une bonne dizaine). On est à nouveau dans le domaine du synthé monophonique, avec en plus un vrai moteur analogique, aux sons ultra gras et punchy. Le réglage de dynamique aide à adapter la manière dont le son va être influencé par l’attaque. C’est très réactif et bien réalisé. On ne cherchera pas forcément la finesse ici tant elle permet d’imposer un gros son. Mais qu’est-ce que ça sonne bien ! Et puis, ça fonctionne aussi bien avec une guitare standard qu’avec une 8-cordes (ou une basse, encore une fois), sans décrocher, avec un rendu très organique (la logique de ce guide d’achat voudrait qu’on dise synthétique, mais ça sonne vraiment analogique, technologie utilisée oblige). Du bien fat bien fait !

Meris Enzo (355€)

La marque s’est spécialisée dans les effets qui stimulent la créativité, à l’instar de son Polymoon, sorte de Delay agrémenté d’harmoniques et de nappes pour remplir de grands espaces sonores. Avec l’Enzo, Meris se lance dans le synthé. Et quelle réussite ! Le son est sublime et l’utilisation de l’arpégiateur donne naissance à d’incroyables boucles mélodiques qui sonnent comme si un vrai synthé d’époque était de la partie. Comme sur d’autres modèles de ce dossier, l’entrée pour pédale d’expression élargit les possibilités d’utilisation. Et surtout, en plus des nombreux réglages pointus, on retrouve un petit potard pour passer du mode Mono au mode Poly, ce qui permet de profiter d’algorithmes parfaitement adaptés au type de jeu que vous désirez aborder. Un très joli modèle, inspirant.

Seymour Duncan Fooz (398€)

Un vrai travail de recherche sur le son comme avec un bon vieux synthé, voilà ce qui vous attend avec cette Fooz qui, comme son nom l’indique, part d’un effet Fuzz, auquel viennent s’ajouter divers filtres et modulations. Pour le coup, c’est chargé côté réglages (9 potards, 3 toogle switches, 8 dip switches à l’arrière du boîtier et même un footswitch de Tap Tempo). Autant dire que les possibilités sont plus qu’étendues : elles sont gigantesques. Des textures à ne plus savoir qu’en faire, des vrais sons bien sales, mais pas que, et aussi la possibilité de s’éclater en transformant
la pédale en Auto-Wah si besoin est, ou de se concentrer plus particulièrement sur le côté Fuzz
 de cet outil ultra-complet. On est à la limite plus proche du vrai bloc de synthèse sonore auquel on 
a envie d’ajouter un clavier pour piloter le tout que de la pure pédale pour guitare, ce qui implique de grands moments de prise de tête avant d’obtenir certains sons. Pas accessible à tous, mais redoutable en termes de propositions de sonores.

Boss Guitar Synthesizer SY-300 (689€)

Avant Boss, pour jouer avec un pédalier permettant de la synthèse, il fallait se tourner vers Roland, la marque mère, 
et surtout équiper sa guitare d’un capteur MIDI, plutôt envahissant, pour un prix costaud. La donne change avec ce SY-300 qui fonctionne désormais avec un simple jack (comme pour la concurrence). Avec quatre footswitches, un large écran LCD et plusieurs potards de réglage, ce modèle complet est à l’aise dans tous les registres et surtout facile à utiliser malgré 
ses nombreuses options. Le son 
est au rendez-vous. D’abord parce 
qu’il est crédible (les synthés, les claviers plus classiques…). Ensuite parce c’est un vrai synthé pour guitare dans le sens où il réagit parfaitement 
à tous vos effets de jeu (bend, slide…), sans décrocher, en conservant toutes les intentions et subtilités.

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