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GRETSCH G6228 PLAYERS EDITION JET BT WITH V STOPTAIL – La Duo Jet d’aujourd’hui

Même si le concept solidbody n’est pas celui auquel on associe immédiatement la firme Grestch, le premier modèle G6128 Duo Jet remonte à 1953 ! Il incarne alors la modernité de Gretsch à suivre les voies empruntées par Fender et Gibson, en marge des plus traditionnelles hollowbody.
 La Players Edition Jet entretient ce mythe avec une version actualisée de la Duo Jet, un grand standard moins connu qui a séduit notamment Cliff Gallup, George Harrison et Jeff Beck.

Cette pseudo solidbody (voir plus bas) aux allures de Les Paul est malléable et légère. Le couple corps creux/manche a été étudié de sorte que l’équilibre soit très bon et peu fatigant. La position debout de la guitare se fait avec le manche légèrement relevé et sans poids excessif sur l’épaule. De cette légèreté, on gagne en nervosité avec une guitare qui ne s’impose pas au musicien mais plutôt se laisse gesticuler à souhaits, d’autant que le manche, relativement étroit et plat, est rapide à jouer. Les frettes pourraient être un peu plus douces car cela râpe un peu par endroits. Pour le reste, la finition de l’instrument est très soignée. Ce modèle affiche une belle table en érable figuré, parfaitement symétrique (avec un rappel sur la tête), dont la teinte orangée se marie bien avec celle, vintage, des filets et plastiques jaunis. L’acajou en finition naturelle au dos est très beau à regarder. La voûte de la table est assez prononcée, ce qui est plus élégant et s’accompagne de reflets lumineux plus contrastés. Le chevalet est de type Tune-O-Matic (un standard) et la forme en V du cordier fixe joue la carte de l’originalité. Pour le reste, on est sur une configuration classique pour Gretsch, avec une paire de micros (à double bobinage ici), un volume général (sur l’échancrure), un volume par micro et une tonalité générale.

Légère… et fiable comme un rock
L’actualisation du modèle vient de quelques détails d’équipements apportant plus de fiabilité : des mécaniques à blocage, un sillet en os synthétique, des attache-courroies sécurisées (kit complet fourni) ainsi qu’un léger biseau à la base du corps,
à la jonction du manche, qui facilite
 très légèrement l’accès aux dernières cases. L’instrument sonne ouvert dans les aigus, avec des basses fermes et
 une grande clarté générale puisque l’association micros/lutherie produit des attaques au rendu précis et des accords aux résonances, qui s’entremêlent sans introduire de variabilité animée dans le son. La pente de décroissance de l’amplitude du son n’est pas heurtée, la perte de brillance se fait progressivement et sans paliers. La durée des notes se contrôle facilement, avec la proximité de l’ampli. Le micro manche est rond, mais ne sonne pas avec ampleur. Le micro chevalet est particulièrement saillant, nerveux, incisif. Il perce facilement même avec des saturations très denses, ce qui rend le micro manche un peu lisse en comparaison. La position 
en interposition donne une belle configuration de son nasal devenue conventionnelle, mais véritablement contrastante et sans perte de 
niveau. Cet instrument se comporte particulièrement bien en son crunch et saturé, le mordant des notes produites étant très agréable dès lors que l’entrée en saturation est proche. La lutherie est résonante, la guitare est belle, le confort est très bon et les sonorités intéressantes et musicales. À ce tarif, la Players Edition Jet est une sérieuse concurrente aux modèles d’une autre marque américaine bien connue dont elle est immanquablement une émanation, avec la nervosité et le caractère plus trempé d’une Gretsch.
Benoît Navarret – Photo : © Olivier Ducruix

Caractéristiques

  • Type : guitare électrique à corps évidé
  • Corps : acajou, table voûtée en érable figuré « Tiger Flame »
  • Manche : acajou, en forme standard U
  • Touche : ébène, 22 frettes
  • Micros : doubles Broad’Tron BT65 (x2)
  • Mécaniques : Gotoh à blocage
  • Contrôles : volume général, volume par micro (x2), tonalité générale, sélecteur à 3 positions
  • Origine : Japon
  • Autres : livrée en étui Deluxe avec certificat d’authenticité, kit Strap Security Lock Schaller complet, et clé de réglage du manche.
  • Prix : 2400€
  • Distributeur : www.gretschguitars.com


Vraies solidbody ?
Une guitare électrique « extra-plate » (comme il se disait en France dans les années 1960 avec le modèle Jacobacci
 Ohio) n’est pas forcément une solidbody à corps plein ! Par exemple, Paul Bigsby revendique la paternité de la guitare électrique moderne, mais ses modèles de la fin des années 1940 – Merle Travis (1948) et Billy Bird (1949) – sont réalisés avec un corps à cavités en érable, probablement pour alléger le poids de la guitare. De même, la Gretsch Duo Jet sort en 1953 avec un corps évidé en acajou et recouvert pour certains exemplaires de matériau plastique noir (utilisé pour les fûts de batteries de la marque). Dès 1956, Danelectro propose un concept de guitare électrique creuse en matériau peu noble, avec les U1 et U2, dont l’armature en peuplier pour la caisse est recouverte de 2 plaques d’isorel (masonite en anglais US), c’est-à-dire un assemblage sous haute pression de fibres dures de bois. Un dernier exemple des années 1960 peut être la Hagström/Goya Deluxe Sparkle qui a brillé en France entre les mains yé-yé des Chats Sauvages (groupe de Dick Rivers) et plus récemment de Nick McCarthy (Franz Ferdinand). Elle est une association de matériaux flashy issus de la fabrication des accordéons… Quelques revêtements plastiques et paillettes sur des planchettes de bois… il n’en fallait pas 
davantage
 pour trouver un look rock’n’roll et déchaîner les foules !

Test paru dans le Guitar Part n°294

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