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GRETSCH G2622T STREAMLINER CENTER BLOCK WITH BIGSBY – Entre vintage et modernité

La série Streamliner de Gretsch a beau avoir un aspect vintage, comme le reste des instruments de la marque, elle cache pourtant bien son jeu. Une touche de modernité à pas cher, c’est un peu le but.

Un peu moins chère que la série Electromatic, proposant des sonorités plus modernes, mais un look toujours aussi vintage (et assez épuré pour un côté rock et direct), la série Streamliner poursuit son bonhomme de chemin. Trois ans après leur apparition, ces guitares continuent d’offrir un petit bout de légende à un tarif accessible. Nous en avons profité pour essayer de nous rabibocher avec cette ligne, dont le modèle G2655 nous avait laissés 
sur notre faim, la légèreté du contrôle qualité ayant laissé passer trop de détails impardonnables à nos yeux (prise jack trop fragile, un potard tournant dans le vide). Ce modèle 2019 (ici, une G2622T) a-t-il été réalisé avec plus de sérieux ? Nous sommes en présence, comme
 avec sa consœur essayée il y a 3 ans, d’un modèle Center Block, c’est-à-dire avec une poutre centrale, chose plutôt rassurante pour éviter que des larsens ne viennent gâcher le plaisir, comme 
il advient parfois lorsqu’on enclenche une saturation avec une guitare full hollowbody. La finition est propre et l’accastillage semble tenir la route. La G2622T est à peine mieux équilibrée que la G2655, dont le format compact faisait piquer le manche du nez dès qu’on le lâchait. L’attache-courroie située juste au niveau de la jonction corps-manche, ça n’aide pas toujours à bien équilibrer l’instrument. Bien entendu, l’électronique et les micros restent les mêmes. Mais c’est l’architecture de la guitare qui pourra les faire sonner autrement.

Son moderne
S’ils évoquent des Filter’Tron, ces micros sont en fait des Broad’Tron, dont le niveau de sortie est beaucoup plus conséquent. En son clair, c’est sympa, mais on sent que ça envoie plus violemment, ce qui laisse une plage dynamique
 un peu plus réduite qu’avec un micro plus vintage. En revanche, ça crunche facilement, et c’est excellent pour faire des riffs rock en mode Malcolm Young, ou des sons à la Ten Years After. Le son est plus ouvert qu’avec la G2655 au corps plus compact. Mais dans l’ensemble, c’est quand même assez sourd. On ne retrouve
 pas cette jolie pointe de médium qui fait le sel de nombreuses Gretsch, 
grâce à des micros qui aident à percer dans le mix. Il faut donc bien penser à pousser ces fréquences sur les réglages de l’ampli pour mieux s’entendre en groupe, quand la basse et la batterie commencent à s’imposer dans le bas du spectre.

Chevalet vintage
On continue de pousser le gain de l’ampli et, surprise, alors que le résultat devient plus méchant (limite hardcore), la G2622T tient la route, ne part pas en larsen, et développe un son plutôt épais (le côté mat des micros fonctionne très bien ici). Pop-rock musclée à la Weezer, punk, tout fonctionne. C’est ce côté moderne que voulait obtenir Gretsch avec ces micros. Le contrat est donc rempli. On a quand même essayé de renouer avec une vibration plus rockab’, look de la belle oblige. Il a fallu baisser le potard de master volume de la guitare pour essayer de trouver un semblant de gain modéré et apprécier un peu plus le son clair de l’ampli, surtout quand on peut au passage donner quelques coups de vibrato, grâce au Bigsby B70 qui fait bien son office, sans trop désaccorder la guitare (c’est toujours le risque avec un Bigsby à ce tarif). On est donc rassuré. Non seulement cette Gretsch a une belle gueule, mais elle peut servir à s’exprimer dans plusieurs registres, tout en restant un instrument abordable. De quoi séduire même les plus indécis.
Guillaume Ley

Caractéristiques

  • Type : Hollowbody

  • Corps : érable laminé
  • Manche : nato

  • Touche : palissandre

  • Micros : Gretsch Broad’Tron BT-2S (x2)
  • Chevalet : Bigsby B-70

  • Mécaniques : Die Cast, Nickel
  • Contrôles : Volume (x2), Master Volume, Master Tone, sélecteur à 3 positions
  • Origine : Indonésie
  • Prix : 499€
  • Distributeur : www.gretsch.com

Le Retour d’un nom
En 1954, Gretsch produit plusieurs guitares, dont trois modèles à micro simple : la Convertible, la Corvette et… la Streamliner ! Cette guitare ne possède qu’un seul micro, côté manche. L’histoire est plutôt amusante, car, la Streamliner vient remplacer à l’époque un modèle nommé Electromatic, dont le nom restera gravé sur la tête jusqu’en 1958. Huit modèles seront déclinés (un modèle au corps fin, avec deux micros, devient le fer de lance de la série à partir de la fin des années 60). Les dernières Streamliner furent fabriquées au cours des années 70 avant que le nom ne disparaisse du catalogue de la marque, jusqu’à son retour en 2016. Un destin qu’avait aussi connu le nom Electromatic. Comme quoi, rien ne se perd et tout se transforme chez Gretsch. Un nom d’époque pour faire vibrer la fibre nostalgique et rester dans la tradition…

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