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GIMME 5 – Sylvain Joubert (Ez3kiel)

Occupés par différents projets liés à leurs prestations scéniques, les tourangeaux d’Ez3kiel ont mis 6 années pour peaufiner leur dernier album en date, « Lux », et le résultat final ne peut que leur donner raison quant à cette conséquente attente tant ce disque, farouchement post-rock, regorge d’intensité et de maîtrise. Sylvain Joubert, le bassiste, nous parle des albums qui l’ont marqué.
Olivier Ducruix – Photo : © Morgan Bove

 

Nirvana_Bleach

NIRVANA
Bleach
J’ai décidé de me mettre à la guitare en écoutant cet album, et plus particulièrement le titre About a Girl. Pour moi, ce morceau est l’archétype de la chanson pop parfaite. C’était en 1994 et mes parents m’ont offert ma première guitare, une Strat Squier bleue. J’ai filé chez un prof de musique avec ma cassette de Nirvana, je ne savais absolument rien jouer, et celui-ci m’a reproduit les tablatures du groupe. Ce gars était un gros fan de Joe Satriani et il me filait aussi des tabs… Et j’aimais bien ! À la maison, je me cachais pour faire un peu de tapping en jean troué et chemise de bûcheron. « Bleach », c’est ma madeleine de Proust. Je retrouve ma piaule d’ado, mon premier ampli 15W et des morceaux qui m’ont de suite parlé.

 

Tool_Aenima

TOOL  
Aenima
C’est avec cet album que j’ai vraiment découvert la place que pouvait avoir la basse dans un groupe et, par prolongement, ce qu’était une section rythmique digne de ce nom. La richesse mélodique et technique des compositions est encore aujourd’hui une source d’inspiration. Et puis  Justin Chancellor est arrivé dans le groupe pour cet album et il était vraiment très inspiré ! Je pense que c’est le disque que j’ai le plus écouté. Paradoxalement j’ai du mal à m’exprimer sur la musique de Tool, mais elle me parle pourtant énormément. J’ai saoulé pas mal de potes avec des morceaux comme Eulogy ou Forty-Six & 2, je n’ai juré que par ça pendant plusieurs années. Tool, ce fut aussi mon premier gros concert, à L’Élysée Montmartre en 1997.

 

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THE YOUNG GODS  
Second Nature
J’ai longtemps été allergique aux sons électro ou indus… Je sais, c’est sans doute idiot ! Mais je me suis soigné avec cet album, trop méconnu à mon humble avis, et aussi avec « The Fragile » de Nine Inch Nails. Allez écouter des morceaux tels que Lucidogen, Laisser couler ou encore In The Otherland. Ceux-là sont particulièrement forts. La poésie de Franz Treichler, le chanteur, sa voix, sans oublier la puissance des arrangements… C’est un de mes meilleurs souvenirs de concert à la Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand, et les soirées les plus tardives  sont souvent accompagnées de cet album.

 

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JOHN ZORN  
The Gift
Ce choix n’est pas tant pour Zorn que pour le meilleur guitariste du monde : Marc Ribot ! C’est un album très calme et enivrant. On pense d’abord écouter quelque chose du genre rassurant, easy listening… Mais non, ça se gâte et l’évolution du disque est passionnante ! Ribot est un maître pour moi. Écoutez ce qu’il a écrit pour Bashung sur « L’Imprudence ». Ce que j’aime tout particulièrement avec « The Gift », c’est qu’on peut assez facilement repiquer à l’oreille les plans de guitare du Monsieur et c’est très agréable à jouer. En revanche je suis allé le voir en concert à Tours dans ma ville natale et c’était dur… Très expérimental. En solo sur une chaise le nez sur le manche, avec un enfant qui hurlait au premier rang…

 

Radiohead_Hail-To-The-Thief-Album-Cover

RADIOHEAD  
Hail To The Thief
Cet album est bourré de tubes ! Une fois de plus,  dans un style différent, la place et le jeu de la basse dans « Hail To The Thief » sont formidables. Comme souvent avec les disques que j’adule, le premier contact me laisse plutôt de marbre et c’est avec le temps et plusieurs écoutes que les pépites se sont dévoilées telles que Where I End And You Begin ou A Punchup At A Wedding. Colin Greenwood te raconte véritablement une histoire parallèle avec ses riffs. La sensibilité harmonique de ce garçon est transcendante. De plus, c’est faussement simple. Enfin, je parle pour moi… Faire tourner ses lignes de basse n’est pas chose facile. Et si je devais faire un classement, je mettrais Colin Greenwood et Justin Chancellor sur le même piédestal.

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