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GIMME 5 – Laura Chevalier (The Videos)

Après un EP en guise de présentation, le quatuor parisien The Videos a livré un premier album, « Drugs », brut de décoffrage, habile mélange de punk’n’roll et de grunge. Laura Chevalier (chant/guitare) nous parle des 5 albums qui l’ont marquée.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Olivier Ducruix

 

NIRVANA
Nevermind

Enfant des années 80, j’avais 6 ans et demi lorsque « « Nevermind » est sorti en 1991. C’est mon père qui m’a fait découvrir ce groupe, et plus généralement le rock, lorsque j’étais toute petite. Nous voyagions beaucoup tous les 2 car il était journaliste à Radio France. Lors des trajets en voiture, il me faisait écouter en boucle aussi bien Nirvana, que Led Zep, Deep Purple, les Floyd, Hendrix, Crosby, Still, Nash & Young. On n’écoutait pas Sardou à la maison ! Nous faisions même des quizz un peu déglingos dans la voiture du genre : « Bon Scott, il est mort comment ?  « Dans son vomi, Papa ! » Du coup Nirvana, pour beaucoup de gosses des années 80, c’était la rébellion de l’adolescence, mais pas pour moi. C’est toute mon enfance. J’ai récupéré à Radio France tous les albums de Nirvana, sous l’œil bienveillant de mes parents. J’aimais particulièrement Lithium et Territorial Pissings. C’était incisif, puissant, coups de couteau au cerveau…

 

HOLE
Live Through This
En découvrant Nirvana, je me suis logiquement penchée sur Hole. C’est très difficile de choisir entre « Pretty On The Inside » et « Live Through This », car j’adore les 2 albums : le premier plus punk, frontal, et l’autre plus grunge, mais le tout avec une mélancolie latente. De la poésie écorchée vive comme avec les titres Violet et Gutless. Nous ne sommes pas dans le raffiné, ni dans l’élégance, mais cette hargne me plaisait. J’ai commencé à jouer de la guitare à 15 ans et à composer mes premiers morceaux. Ado, je n’ai jamais été vraiment groupie de chanteurs, mais par contre j’ai toujours eu une fascination pour les chanteuses. Les femmes musiciennes compositrices comme PJ Harvey, Björk, et Courtney Love m’ont profondément influencée. Aujourd’hui, je réinjecte inconsciemment toutes ces influences grunge des 90’s dans The Videos.

 

PJ HARVEY
To Bring You My Love
Mon plus grand amour de musique. Je suis une inconditionnelle de PJ Harvey pour plusieurs raisons : sa voix, ses talents de compositrice, son élégance et sa capacité à se renouveler depuis des décennies. C’est la reine du rock à mon sens, qui sait chanter toutes les émotions, des plus sombres aux plus agressives, jusqu’aux plus délicates. Lorsque j’ai découvert To Bring You My Love, Long Snake Moan, Teclo, Down By The Water, j’ai su quelle musique je voulais faire par la suite. J’ai beaucoup hésité avec l’album « White Chalk » qui est un chef-d’œuvre intimiste au piano. J’ai vu PJ Harvey de nombreuses fois en live, mais mon plus beau souvenir reste la tournée « White Chalk » en 2007, au Royal Albert Hall à Londres. Elle était seule sur scène, enchaînant les titres en changeant d’instruments. Ce concert était somptueux et chargé d’émotions.

 

PLACEBO
Without You I’m Nothing
Björk avec « Homogenic », les Smashing Pumpkins, Nine Inch Nails, Radiohead, Marilyn Manson, Siouxsie, Joy Division, Depeche Mode, Black Sabbath, toutes ces légendes ont traversé ma vie d’adolescente grunge/gothique, et mes nuits à Saint-Sabin. Mais s’il faut choisir, alors ce sera Placebo ! Je me rends compte que je n’ai cité aucun guitariste avec une technique de folie pour Guitar Part, mais toujours des artistes aux univers singuliers avec des plans de guitare simples, puissants et mélancoliques. Lorsque j’ai entendu Pure Morning, Brick Shithouse et le morceau caché Evil Dildo, j’ai de suite adhéré à cette noirceur, cette rage et cette tristesse… Ce disque est comme hanté. Placebo, c’est aussi symbolique dans mon parcours de musicienne. Plus tard, avec mon premier groupe, nous avons rencontré Brian Molko, qui a pris le temps d’écouter notre premier EP, ce qui n’était pas le cas de tous les artistes. Il nous a toujours suivis et aidés. C’est un être intelligent et à l’écoute.

 

UNKLE
War Stories
J’ai découvert Unkle à la fin des années 90 avec le premier album, « Psyence Fiction », grâce à un duo avec Thom York de Radiohead. Et depuis je n’ai jamais décroché. C’est un groupe « crossover » entre le rock, l’électro et le trip-hop, dans la lignée de Massive Attack, mais plus rock et plus chargé. Le travail des guitares et des ambiances est incroyable, notamment sur l’album « War Stories » ou encore sur « Where Did The Night Fall ». C’est un voyage au bout de la nuit. La musique d’Unkle s’apparente à des tableaux et les clips sont magnifiques, comme par exemple celui de Follow Me Down. C’est un collectif discret, mais ses membres sont reconnus depuis des décennies dans le milieu. Ils ont conquis et collaboré avec de nombreux artistes que j’adore tout autant : Josh Homme des Queens Of The Stone Age sur les titres Chemistry et Restless, ou encore The Duke Spirit avec les titres Mayday ou The Dog Is Black, Black Angels, Sleepy Sun…

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