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FRANCIS ZÉGUT – L’animateur fête ses 40 ans de radio ce soir

Il y a 40 ans, Francis Zégut débutait presque par hasard à la radio en s’improvisant standardiste lors de l’émission « Les routiers sont sympas », animée par Max Meynier et diffusée sur RTL, pour devenir, 4 ans plus tard, la légendaire voix de « Wango Tango », LE rendez-vous hertzien  incontournable de l’époque pour les amateurs de musique chargée en décibels (les « graisseuses et les graisseux »). Toujours aussi curieux et passionné qu’à ses débuts, l’animateur de « Pop-Rock Station » fête ce jeudi 17 novembre de 22 heures à minuit, en direct du grand studio de la station, ce carré de décennies avec une émission spéciale sur RTL2 dans laquelle les auditeurs auront le droit, entre autres choses, à un live du groupe Last Train. Pour célébrer cette immense carrière, nous vous proposons un portrait de ce grand monsieur de la radio paru dans le Guitar Part n°220.
Olivier Ducruix – Propos recueillis par Thomas Baltes – Photo : © Thomas Baltes

En 1980, on t’entendait pour la première fois à la radio, avec l’émission Wango Tango, sur RTL. La radio t’avait-elle toujours fait rêver ?
Oui, mais pas pour en faire, pour l’écouter. Dans la radio, il y a un peu, comme dans la lecture, un côté fantasmagorique. Tu peux rêver, les yeux grands ouverts et ressentir plein de choses.

C’était donc pour la musique avant tout ?
Oui, j’ai grandi dans un milieu de grande solitude, j’ai été placé dans des familles quand j’étais môme, et la musique est devenue une amie, un abri. J’avais un petit transistor, je me mettais sous le poirier et j’écoutais Salut Les Copains. La musique m’a sauvé la vie. J’ai acheté mon premier 45-tours en 1962, c’était Love Me Do des Beatles. Puis il y a eu les Rolling Stones, Jimi Hendrix, et surtout Led Zeppelin, quand j’avais 15 ans. Le premier album a été une vraie révélation, ça a été l’électrification du blues.

Avant de devenir animateur, tu as été standardiste à RTL. Comment es-tu finalement passé à l’antenne ?
En 1980, RTL a instauré une grille d’été pour laquelle ils cherchaient de nouveaux animateurs, donc ils ont fait des annonces à la radio. Laurent Ruquier avait même envoyé une cassette ! Mon ambition était de devenir programmateur, plus qu’animateur. C’est l’amour de la guitare et du metal qui a fait qu’en cette année 80, j’ai fait une maquette avec trois disques et trois interventions. Ils ont écouté ça, ils ont dit : « d’où ça vient » ? Mais ils ont essayé. Et c’était avant les radios libres !

Tu avais des expressions particulières ?
« Lut-sa bande de petites graisseuses et de petits graisseux ! ». J’ai toujours inventé des sortes de jingles, comme « Je vais vous carboniser le pois-chiche à tous les étages », « L’émission qui vous fait remonter les pistes de ski sans tire-fesses »… Il y avait ce côté hurlant, bruitiste, un peu corrosif, mais avec de l’humour.

Était-ce incroyable d’avoir une émission metal sur la radio en 1980 ?
Oui, et en même temps, c’était dans la mouvance générale. En 1979, on a connu le succès d’Highway To Hell aux États-Unis, et ça a commencé à partir très fort. La même année, la nouvelle vague anglaise est arrivée avec Maiden, Def Leppard, et ça a déclenché un embrasement musical général. En France, c’est devenu une espèce de phénomène complètement dingue ! Pendant 10 ans !

Voilà 11 ans que tu es à la tête de Pop-rock Station, sur RTL2. Quelle est la ligne directrice de ton émission ?
La musique ! Je fais la prog’ avec mes émotions avant tout. La fin d’un morceau doit prendre la main de l’autre, et continuer le chemin, ou emmener vers un autre univers. Je peux passer No Class de Motörhead et Ara Batur de Sigur Rós.

Tu es l’un des rares à pouvoir diffuser des chansons hors format. As-tu dû te battre pour cela ?
Oui  (rires)! Il y a eu des périodes un peu troubles… En fonction des personnes… Deux écoles se sont affrontées, l’une qui était purement « entreprise », avec des consultants, des plans de com’, des chiffres, etc. ; et de l’autre côté, un truc plus artistique.

Depuis que Bernard Lenoir est parti de France Inter, tu es un l’un des derniers îlots du rock sur la FM en France. Est-ce que tu te sens seul ?
Je suis un peu triste, surtout. Au début des années 80, la FM et les radios avaient une identité musicale. Il y avait La voix du lézard, un peu new wave, Carbone 14… Et puis tout s’est uniformisé, et avec le marketing au début des années 90 est arrivée une culture des amuseurs publics. On a cultivé des Arthur, des Cauet, mais on a laissé de côté les animateurs purement musicaux. Tout le monde s’est retrouvé formaté, c’est-à-dire : tu parles 30 secondes, tu cites 5 fois le nom de la radio, tu ne donnes pas ton avis, etc. Et je suis triste parce qu’à part (Laurent) Lavige sur Inter, (Georges) Lang sur RTL et moi… Et on est un peu avancés dans l’âge, on n’est plus de jeunes premiers (rires).

Tu as eu la chance de faire de belles rencontres avec de nombreux artistes. quelle est celle qui reste, pour toi ?
Jimmy Page, en 2003. Ça m’a rappelé mon amour pour sa musique. Tina Turner aussi, je lui ai posé une question à l’antenne, et elle s’est mise à chanter, d’un coup, je suis resté interdit. J’ai rencontré plein de gens, mais je ne veux me souvenir globalement que de leur musique.

Pop-Rock Station, RTL2, du jeudi au lundi, de 22 heures à minuit.
Blog : www.byzegut.fr

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