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FENDER PRECISION DEE DEE RAMONE – Hey ! Ho ! Let’s play !

Dee Dee Ramone est sans doute à mille lieux du niveau technique de certains bassistes que Fender a honoré (Geddy Lee, Steve Harris) et pourtant, on ne peut s’empêcher de trouver cet hommage sous la forme d’un modèle signature totalement justifié. Les Ramones ont marqué à jamais l’histoire de la musique. Et pas seulement du punk.

L’adolescence de Douglas Glenn Colvin, plus connu sous le nom de Dee Dee Ramone, n’est pas une période des plus faciles à vivre pour l’intéressé : père alcoolique, séparation de ses parents, problème de drogue dès l’âge de 15 ans, séjour de trois mois en prison. Le jeune Douglas, en conflit perpétuel avec sa mère, quitte le domicile familial pour trainer avec un de ses voisins dans les rues du Queens, un quartier de New York. Avec son nouveau pote, John Cummings (Johnny Ramone), il s’amuse à balancer des postes de télé du haut des toits pour effrayer les passants. Heureusement pour eux, les deux compères vont rapidement rencontrer un certain Jeffrey Hymann (Joey Ramone) qui commencera d’abord derrière les fûts. À cette époque, le bassiste en herbe s’achète une Danelectro pour une poignée de billets verts. C’est lui qui propose d’appeler le groupe The Ramones, en référence au pseudonyme qu’utilisait Paul McCartney lorsqu’il signait les registres des hôtels alors que les Beatles, une des références majeures du groupe new-yorkais, commençait leur carrière. Un temps chanteur, Dee Dee préfère se consacrer uniquement à la basse et à son légendaire jeu de médiator (il joue tout en aller) pour laisser le micro à Joey qui cède ses baguettes au propriétaire du local où la troupe répète, Tommy Erdelyi. En 1976, les Ramones enregistrent leur premier album éponyme sur Sire Records pour la somme ridicule de 6400 dollars et deviendront pour bon nombre d’historiens de la musique le premier véritable groupe punk. Durant les années qui suivent, les Ramones ne lèveront que très rarement le pied : tournées incessantes aux quatre coins de la planète, enregistrements à répétition, le tout avec de gros problèmes liés à l’alcool et à la drogue. Autant dire que les tensions au sein du groupe vont très vite se faire sentir et ronger les Ramones de l’intérieur. « Brain Drain », le onzième disque du quatuor, sera le dernier pour Dee Dee. Fatigué que ses talents de compositeur ne soient pas plus appréciés, il quitte ses faux frères en 1989 pour finalement ne jamais réussir à s’émanciper hors des Ramones et à faire oublier son légendaire Perfecto et sa mythique Fender Precision reliée comme un aimant à un Ampeg SVT. On le retrouvera mort le 5 juin 2002, six ans après la séparation officielle du gang punk de New York, non sans avoir au préalable nourri quelques regrets : « On a laissé le business nous pousser à bout. C’est un système qui contrôle la rébellion pour en tirer profit, un peu comme le font les barons de la drogue. L’agressivité est ce qui fait tourner un bon groupe de rock’n’roll. Ça ne peut pas se simuler, sinon c’est de la merde et ça s’entend tout de suite. »

Good job
D’une manière générale, les modèles de la série Artist créée par Fender sont fabriqués selon les spécificités des musiciens qui apposent ensuite leur signature. Certains participent même activement à l’élaboration de leur basse (ou de leur guitare). On veut bien le croire pour des artistes tels que Steve Harris (Iron Maiden), Geddy Lee (Rush) ou encore Marcus Miller. Pour ce qui est de Dee De Ramone, on peut émettre quelques doutes. Si le bassiste du quatuor new yorkais a choisi une Precision (il a utilisé ce modèle entre 1977 et 1983), ce n’est pas forcément pour la marque en elle-même et la légende qui l’entoure, ou pour son look (quoique ?). C’est surtout parce qu’elle correspondait exactement à ce qu’il attendait : un son rond qui sait être percutant quand on attaque les cordes au médiateur (surtout avec des coups donnés quasi uniquement vers le bas, comme c’était le cas pour le jeu de Dee Dee) et le minimum de réglages. Rappelons aussi que, à la fin des années 70, on pouvait encore trouver au pays de l’Oncle Sam des modèles Fender d’occasion pour quelques billets verts…

Dee_Dee_Ramone

1, 2, 3, 4 !
Le présent modèle signature reprend fidèlement l’aspect général de la basse utilisée par Dee Dee Ramone. Une couleur Olympic White très vintage, un pickguard noir à 3 plis, des mécaniques à l’ancienne : ce retour en arrière assumé est vraiment bien réussi. L’instrument ne se montre pas trop lourd, contrairement à certains modèles des années 70 et le vernis du corps est agréable au toucher. Un point plus important qu’il n’y paraît car, si vous décidez de jouer de la même manière que Dee Dee Ramone, autrement dit avec la basse juste en dessous de la ceinture, votre poignet droit sera bien content de frotter en permanence cet accommodant Gloss Polyester. D’une manière générale, la finition made in Mexico est une vraie réussite. Pour le présent test, la Fender P fut branchée dans deux amplis testés également dans ses pages (l’Orange OB1-500 et le combo Gallien-Krueger MB108), histoire de voir comment cette blanche olympienne pouvait réagir selon la configuration. À dire vrai, le résultat fut sans surprise à chaque fois. La Fender Dee Dee Ramone envoie le bois en toute simplicité. Le son ronronne bien dans les graves, se montre chaleureux et pêchu à la fois. Agrémentée d’une légère saturation à l’ampli avec le stack Orange, la Fender P s’est révélée redoutable aussi bien jouée aux doigts qu’avec un médiator. Un volume, une tonalité et un micro à simple bobinage splitté, il est difficile de faire plus et plus efficace. De là à dire qu’elle ramone sévère… Il n’y a qu’un pas que nous franchirons allègrement !

Punk un jour…
Pour ce qui est du prix, la Fender P Dee Dee Ramone Signature pourrait faire débat. Une telle basse, si simple dans sa conception et fabriquée au Mexique peut-elle justifier un prix tournant autour des 870 euros ? Définitivement, oui. D’abord parce que la qualité pour ce qui est de la finition est au rendez-vous. Ensuite parce que l’offre proposée ne se résume pas simplement à une énième Fender (même si vous pouvez logiquement le croire). La basse est livrée dans une housse Deluxe de la marque, bien rembourrée là où il faut, sans oublier un livret de 40 pages présentant et des photos de l’intéressé et des croquis personnels de Dee Dee, avec en plus quelques commentaires de musiciens et autres amis proches. Ajoutez à l’ensemble un sticker et un poster et vous avez un package qui, avec cette magnifique basse, se révèle être bien complet. Les fans du groupe apprécieront. Quant aux autres, ils pourront toujours se dire qu’à ce prix-là, il est possible de s’acheter une Fender Precision qui tient la route.
Olivier Ducruix

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Caractéristiques

  • Corps : aulne
  • Manche : érable
  • Touche : érable
  • Frettes : 20
  • Diapason : 34’’
  • Micros : Standard Precision Bass, simple bobinage
  • Électronique : passive
  • Contrôles : volume, tonalité
  • Chevalet : Standard Vintage Bass à 4 pontets de type fixe
  • Housse : oui (de type Deluxe)
  • Origine : Mexique
  • Prix : 869€
  • Distributeur : www.fender.fr

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