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FENDER MUSTANG PLAYER – Le bon cheval ?

Si vous avez une envie pressante de riffer simplement et sans prise de tête, dans l’esprit post-punk/indie rock nerveux, cette Mustang Player paraît tout indiquée pour arriver à vos fins sans vous ruiner.

Lors du NAMM Show 2020, Fender a présenté quatre modèles dans la série Player : deux Mustang (dont une avec des P-90), une Duo-sonic et une basse. La jolie Mustang que nous testons ici voit ses caractéristiques classiques revues et corrigées, ou devrait-on dire plus exactement, modernisées,
voire simplifiées. Tout d’abord, esthétiquement la petite attire l’œil 
avec sa finition dorée Firemist Gold, 
une plaque de protection mint, des micros couleur crème et deux boutons noirs. Si on ajoute la belle touche en Pau Ferro à la place du palissandre, moins uniforme, presque délavée, et un corps enrobé d’un vernis très brillant, elle a de l’allure ! Question confort, la Mustang est une guitare très légère et maniable, qui une fois sanglée a un centre de gravité assez central par rapport à notre corps. De ce fait, en plein riff, votre main droite pourrait rencontrer le sélecteur de micros placé dans le prolongement de sa course. Si son manche plus court ne pose aucun problème d’adaptation, on regrette que le bord des frettes accroche un peu jusqu’à irriter l’intérieur des doigts, ce qui gâche un peu le plaisir : à surveiller au moment d’essayer. Il faudra aussi privilégier un tirant de cordes de type 10-52 plutôt que du 10-46, trop mou sur un tel diapason, et stabiliser au passage l’accordable qui bouge constamment (c’est énervant). L’accastillage et l’électronique diffèrent de la Mustang originale, puisqu’on trouve un sélecteur de type Swichcraft au lieu des deux sélecteurs à glissières, et que le Dynamic Vibrato est remplacé par un simple chevalet fixe de type Strat Hardtail. Une configuration qui la rapproche un peu plus de la Duo-Sonic.

Modern riff
Ces deux micros simples sont annoncés comme une version réactualisée des modèles classiques, ce qui dans les faits veut dire plus modernes, avec moins de nuances puisque les switches pour les mettre hors phase ont disparu, mais dont le niveau de sortie reste moyen, comme à l’origine. En action, le micro chevalet manque un peu de mordant et de consistance, du moins en son clair et à bas volume. Avec une saturation orientée moderne, les aigus deviennent assez agressifs, obligeant à baisser la tonalité jusqu’à la moitié de la course, rôle qu’elle remplit fort bien. Si elle 
perd globalement un peu de son ADN d’origine, le micro manche se montre plutôt séduisant en rythmique avec des sons clairs, évoquant parfois le circuit Rhythm d’une Jazzmaster, il se pare d’un relief plus intéressant sur un ampli au profil classique où l’on prend un réel plaisir. La position intermédiaire en profite alors, gagnant un léger twang qui claque, s’accommodant ici d’une pédale d’Overdrive en version soft. Quitte à faire du barouf de sale gosse, on préférera une Fuzz plus épaisse 
aux saturations parfois trop propres 
et linéaires. On notera son bon comportement avec des simulations d’amplis dans un environnement home-studio. Totalement pedal friendly, elle s’accorde à tous les effets de modulation qui lui redonnent des couleurs et des sonorités entendues en post-punk, psyché, shoegaze, new-wave… Si les adeptes de l’originale l’appréhenderont peut-être avec un brin de frustration, cette Mustang Player sera idéale pour débuter dans des ambiances à la Fontaines DC, Murder Capital, Idles, Shame et consorts, sans se ruiner.
Olivier Davantès

Caractéristiques

  • Type : Solidbody

  • Corps : aulne

  • Manche : érable, profil C, diapason 24”, 22 frettes médium jumbo
  • Touche : Pau Ferro

  • Mécaniques : standard

  • Chevalet : Strat Hardtail
  • Micros : Mustang simple (x2)
  • Contrôles : volume, tonalité (bouton type Jazz Bass), sélecteur micro
  • Finitions : Firemist Gold, Sienna Sunburst et Sonic Blue (avec manche touche érable)
  • Origine : Mexique
  • Prix : 629€
  • Distributeur : www.fender.fr

Changement de Pau
Entre déforestation, changement climatique, espèces en voie d’extinction et insectes destructeurs (voir GP 316), certaines essences de bois avec lesquelles sont fabriquées nos guitares sont en passe de devenir persona non grata (sans jeu de mots). À l’instar d’autres marques se conformant aux réglementations CITES, Fender a décidé assez tôt de remplacer le palissandre de la touche par du Pau Ferro venu du Brésil, sur ses instruments fabriqués au Mexique. Visuellement plus clair, le Pau Ferro est un bois dense, dont le veinage est inégal et d’aspect presque délavé par endroits, et dont le toucher se rapprocherait plutôt de l’ébène. Le rendu est très joli. En ce qui concerne ses caractéristiques sonores, on l’annonce plus proche de l’érable, donc avec plus de claquant dans les médiums/aigus alors que le palissandre est plus chaleureux dans les basses.

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