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FENDER METEORA – Nouvelle (ré)forme

La série Parallel Universe accueille une véritable nouveauté qui, contrairement à certaines autres guitares de cette gamme, n’est pas un mix de modèles existants. La Meteroa est-elle pour autant une révolution ? Rien n’est moins sûr.

Cela fait un an que les curieux lorgnent sur cette guitare présentée au NAMM Show 2018. Un design qui comme toujours avec les réinterprétations, laissent certains
 de glace, pendant que d’autres s’enflamment. Chacun se fera son avis. Pensée par le designer Josh Hurst, la Meteora a mis plusieurs années à sortir des ateliers du fabricant (le premier croquis a été réalisé en 2011). Le corps asymétrique peut autant évoquer une Jazzmaster qu’une Gibson Firebird ou une Explorer, tout du moins un mix d’influences tirées de tous ces instruments. De l’inédit ? Pas vraiment 
si l’on part du principe que 
Fender a voulu soi-disant innover, tout en rassurant ses fidèles en conservant une identité forte qui évoque de nombreux produits de la marque. Cette guitare 
fait d’ailleurs penser à d’autres Fender d’antan que beaucoup ont déjà oublié (voir plus bas). Finalement, on retrouve de grands classiques sur cette Meteora. Le manche est un modèle de Jazzmaster vintage au profil mid 60’s, confortable 
et verni juste ce qu’il faut pour ne pas accrocher la paume de la main. Côté accastillage et électronique, ça saute
 aux yeux : on est en plein univers Telecaster. Mention spéciale pour la plaque de protection, qui suit bien les lignes du corps et donne un joli cachet 
à l’instrument. Ce corps en frêne, léger, est agréable à porter. Debout comme assis, l’équilibre bien réalisé rend le jeu confortable. L’accès aux dernières cases est aisé. Finalement, ce qui va faire la différence, c’est le son.

Par ici la sortie
Les micros qui équipent ce modèle proviennent du Custom Shop. Il s’agit
 d’un Tele Custom Shop Vintage Style en position chevalet et d’un Custom Shop Twisted Tele en position manche. Leur niveau de sortie est plus élevé que celui des modèles plus classiques. C’est d’ailleurs ce qui pose problème. En effet, on ne ressent pas franchement de vrai twang, ni n’obtient de son vraiment vintage ou chaleureux et ce, quel que soit le micro choisi. On aime bien l’interposition, qui offre un rendu un peu plus compressé. Justement, c’est avec un petit compresseur qu’on obtient des sons plus piqués et sympas, et qu’on atténue légèrement le niveau de sortie un peu trop généreux. C’est quand on commence à enclencher les saturations que le son reprend un peu de vie, et encore plus avec un gain élevé.

Chant de météorites
On ne s’attendait pas à ce résultat, surtout avec un tel set de micros. Quand on passe outre le look ouvertement Telecaster de l’ensemble, on se rend compte que 
c’est finalement dans un registre plus musclé que tout se passe. Nous avons essayé plusieurs pédales de disto, poussé un Laney IRT Studio (au son vraiment moderne) en mode hi-gain, et abusé du
s on saturé d’un ampli Orange. À chaque fois, c’était propre et bien défini. Pas une personnalité très affirmée, mais une surprenante réaction en matière de bruits de fond et autres parasites pour des micros simples. Pas le silence absolu, mais très peu de déchet entre chaque accord. Malgré son design au côté rétro-futuriste emprunté aux années 60 et sa paire de simples de Telecaster, la Meteora serait une guitare taillée pour des registres beaucoup plus contemporains qu’il n’y paraît. Pourquoi pas ? À ce titre, elle s’en sort très bien. On aurait juste apprécié un peu plus de vintage dans les enceintes, surtout en son clair.
Guillaume Ley

Caractéristiques

  • Type : Solidbody
  • Corps : frêne
  • Manche : érable
  • Touche : érable
  • Micros : Custom Vintage Tele (chevalet), Custom Shop “Twisted” Single-Coil Tele (manche)
  • Contrôles : volume, tonalité, sélecteur à 3 positions
  • Chevalet : fixe type Tele avec cordes traversantes
  • Mécaniques : Deluxe à bain d’huile
  • Origine : États-Unis
  • Prix : 1849€
  • Distributeur : www.fender.com


Des essais, encore des essais
Des guitares au design étrange, ce n’est pas une première chez Fender. En 1969 sortent la Swinger (également appelée Arrow et Musiclander) ainsi que la Custom (aussi connue sous
 le nom de Maverick). À l’origine, il s’agissait d’écouler des stocks de pièces provenant de modèles peu vendus comme l’Electric XII. La Custom restera un an au catalogue (1970) et sera elle-même un échec, victime de nombreuses moqueries. La Meteora est elle aussi une série limitée. Reste à savoir ce que l’avenir lui réserve…

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