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EPIPHONE MASTERBILT CENTURY COLLECTION – Des guitares au top

En ressortant une ligne venue d’une autre époque, celle des big bands, remise à jour et au son modernisé, Epiphone frappe un grand coup et va faire swinguer plus d’un guitariste fan de archtop.

Epiphone renoue avec un type de guitare très prisé des musiciens jouant en orchestre entre les années 1930 et 1950 : l’archtop. Un instrument inventé par Orville Gibson à la fin du XIXe siècle, dont l’aspect évoque des guitares folks ou classiques, mais dont la taille de la caisse, le chevalet flottant et les cordes métalliques à fort tirant envoyaient un sacré volume sonore, nécessaire pour se faire entendre. La marque américaine sort 3 modèles : l’Olympic, la Zenith, et la De Luxe. La tête caractéristique de l’époque arbore un look très art-déco. Le « simple » instrument acoustique d’époque est désormais équipé d’un préampli HD eSonic (dans la rosace ou les ouïes) et d’un micro HD Shadow Nanoflex (sur toutes les guitares). Le plus petit modèle, Olympic, n’est disponible qu’en version avec des ouïes en ƒ, tandis que la Zenith (plus grande) et la De Luxe (encore plus grande) sont proposées soit avec les ouïes (version « Classic »), soit avec une rosace.

Vintage-moderne
Vraie partenaire du guitariste/chanteur, l’Olympic offre un rendu assez nasillard en acoustique, mais un peu plus rond une fois branchée, avec un choix de réglage de son plus grave sur le préampli. Les sensations de jeu (manche en C) sont assez modernes, tout comme le son obtenu en électrique. Le plus vintage, c’est finalement son look. Mais c’est très agréable à écouter. La définition des notes est précise, chose agréable pour dérouler ses gammes. C’est assez smooth dans l’ensemble, avec ce petit côté hollowbody très sympa. Il est clair que ce type de guitare invite plus à essayer de se la jouer Django qu’à faire du strumming de folkeux. Comme on pouvait s’y attendre, le son de la Zenith est un peu plus large que celui de l’Olympic. Cela reste un son « pointu » et précis. Mais la projection est quand même plus généreuse, surtout avec le modèle que nous avons choisi, c’est-à-dire celui avec une rosace, histoire de changer un peu des versions avec les ouïes. Une fois branchée, cette guitare livre un peu plus de graves, mais conserve ce son assez serré et moderne (on peut obtenir des basses énormes en réglant le Tone, mais cela devient très vite envahissant, et surtout moins naturel). Elle offre plus de punch dans les médiums.

Projection XXL
Retour aux ouïes avec la De Luxe Classic et sa caisse encore plus généreuse. Si on retrouve à nouveau
ce petit côté nasillard en unplugged,
 le reste des fréquences est malgré tout plus présent que sur les 2 modèles essayés auparavant. Un médium bien installé, et un grave plus ample. Et encore, la projection du modèle avec rosace est plus impressionnante et
plus violente que celui avec les ouïes. Une fois branchée, elle envoie du son encore plus massif. Mais en triturant un peu l’égalisation, on est parvenu à obtenir un résultat plus serré et moins envahissant, bien que ce ne soit pas vraiment le but de la manœuvre avec une guitare au format si généreux. Finalement, le son branché de ces 3 instruments est quasiment le même quand on règle bien les potards, ce qui permet de bien rentrer dans un mix (ou d’en sortir) avec un rendu moderne. Pour les différencier, c’est avant tout le son débranché qui prime. Plus serré sur l’Olympic, plus dans le médium avec la Zenith, plus large et avec une grosse projection pour la De Luxe.
Guillaume Ley

De gauche à droite : Zenith, De Luxe Classic, Olympic – © Olivier Ducruix

Caractéristiques

  • Type : électroacoustique archtop
  • Corps : érable laminé (Zénith et Deluxe)/acajou (Olympic)
  • Table : épicéa massif
  • Manche : 5 pièces, érable et acajou
  • Touche : ébène
  • Préampli : eSonic HD avec Master Volume et Master EQ
  • Micro : Nanoflex HD
  • Prix : 499€ (Olympic), 598€ (Zenith), 899€ (De Luxe Classic)
  • Distributeur : www.epiphone.com

Sonner Plus fort
L’origine de l’archtop est attribuée à Orville Gibson, qui a commencé à en fabriquer vers la fin du
XIXe siècle. Le chevalet de
 ces guitares évoquait celui d’un violoncelle et leur ouïe était ovale. En 1919, il engage Lloyd Loar, musicien célèbre et consultant pour General Motors, qui va organiser toute une partie de l’entreprise autour de la conception, puis de la production de la L5. Cette guitare, sortie en 1923, fut la première avec une table arquée, un cordier flottant
 et les fameuses ouïes en ƒ. La première archtop de jazz était née. De nombreuses marques vont suivre le mouvement : Stromberg, D’Angelico et bien entendu, Epiphone. Ces guitares se faisaient entendre dans les orchestres (surtout les big bands) grâce à leur énorme projection. Les solidbodies et l’électricité auront raison des archtops au cours des années 50. Il faudra attendre les années 90 et un nouvel engouement pour la guitare « jazz » pour ce que ce type d’instrument revienne dans le cœur des musiciens.

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