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X-FILES – Comment bien placer et gérer vos effets de spatialisation

Les effets de spatialisation sont ceux qui font passer votre son de guitare d’un rendu sympa à un vrai truc exceptionnel. Encore faut-il bien les placer dans la chaîne et savoir comment les optimiser.
Par Guillaume Ley

Si la saturation est en général le premier effet vers lequel se tourne le guitariste quand il cherche à se construire un vrai son personnel, les effets de spatialisation sont les incontournables pour embellir le tout et donner de l’air. Le Delay et la Reverb peuvent radicalement changer la donne. Voici quelques conseils incontournables pour que votre son prenne de l’ampleur.

1) Quel ordre dans la chaîne d’effet ?
Il existe plusieurs grandes familles d’effets : saturations, traitements, modulations et spatialisations. 
Si les traitements et les modulations peuvent varier suivant les situations (un compresseur est plutôt en tout début de chaîne d’effets, et un Noise Gate souvent après une saturation qui produit du souffle), le Delay puis la Reverb doivent le plus généralement (sauf choix artistique) être placés en fin de chaîne pour sonner de manière optimale.


2) Avec un ampli et une pédale de saturation
L’utilisation d’une saturation en pédale est un choix
 que font de nombreux musiciens. Pratique quand on n’est pas convaincu par le son saturé de son ampli, ou parce qu’il s’agit d’un monocanal et qu’on veut disposer de 2 sons (un clair et un saturé) en un clic sur un footswitch.

Comment ça marche : le Delay, puis la Reverb sont les 2 derniers effets que traverse votre son avant d’entrer dans l’input de votre ampli.

Particularité : une méthode simple, efficace et directe. Le dernier traitement de votre chaîne reste néanmoins l’égalisation de votre ampli. Cela ajoutera une couleur finale à votre son. Parfait quand on aime la personnalité de son ampli, moins cool si on n’est pas très fan de son caractère.


3) Avec une boucle d’effets
La boucle d’effet est l’outil ultime quand on veut profiter du son saturé de l’ampli. De fait, ce système fait passer les effets qui y sont reliés après le préampli, et donc après la saturation.

Comment ça marche : puisqu’il faut faire une boucle, vous devez absolument respecter l’ordre de branchement. Le Out de votre pédale va dans le In (ou Return) de la boucle de l’ampli, et le In de la pédale est relié au Out (ou Send) de la boucle de l’ampli.

Particularité : Votre Delay et votre Reverb ne sont pas influencés par les réglages de l’ampli (ils conservent leur vraie personnalité) et ne sont pas dénaturés par la saturation. Car mettre de la saturation par-dessus vos effets de spatialisation « écrase » ces derniers, rend votre son plus flou et laisse une impression de saleté qui, pour le coup, est rarement bienvenue.


4) La particularité de certaines boucles : série ou parallèle
Certains amplis proposent 2 types de boucles d’effets : en série ou en parallèle. Les branchements restent les mêmes.

Comment ça marche : en série, il s’agit de la boucle « standard » qu’on retrouve sur la majorité des amplis. Elle traite l’intégralité du signal qui la traverse. En parallèle, la boucle suit le signal Dry. Pour la gérer, un potard de mix est souvent installé sur l’ampli. Avec
 un réglage à 100 %, tout le signal est traité comme avec une boucle en série. Cela permet d’effectuer finement une balance entre le signal traité et le signal non traité.


5) Les essentiels

Tout est envisageable, puisque c’est vous qui, avant tout, décidez de la manière dont ça doit sonner. Néanmoins, certaines choses essentielles peuvent vous aider à obtenir le résultat escompté.

À moins d’un choix pour des raisons purement artistiques, le Delay doit passer avant la Reverb, qui reste la dernière pédale de la chaîne.

Sur la Reverb, ne poussez pas le mix de l’effet trop loin, au risque de noyer vos attaques de médiator et de gommer les répétitions de votre Delay.

Un Delay au temps de répétition très court (par exemple, Slapback Delay) et une Reverb de « petits » espaces (Small Room, Studio…) peuvent grossir votre saturation et aident à construire un vrai mur du son.

Un Delay avec un retard plus long et une Reverb de grands espaces (Church, Hall…) peuvent, suivant le choix du réglage de mix, soit grossir le son (avec peu de Delay et de Reverb), soit rendre le son très aérien (en poussant plus le mix de la Reverb et du Delay).

Puisqu’on vous parle de grossir le son de guitare, si c’est le but recherché, privilégiez un Delay et une Reverb en mono, notamment au cours des enregistrements où on est souvent tenté de tout enregistrer en stéréo en croyant se construire un son super large.

Un Delay calé sur le tempo d’un morceau permet de réaliser de très jolis plans rythmiques, comme si plusieurs guitares jouaient ensemble (pensez aux riffs de The Edge dans de nombreuses chansons de U2), mais ne pardonnent pas l’erreur. Une seule note à côté du temps, et vous entendrez votre erreur se répéter quelques secondes, ce qui peut être très frustrant.


6) Quelques exemples de réglages
Les réglages ci-dessous sont proposés pour une pédale de Delay standard. L’avantage de nombreux modèles numériques, c’est d’embarquer des effets (Delay ou Reverb) déjà préréglés et portant le nom et les caractéristiques recherchées (Slapback, Echo… pour le Delay, Hall, Spring… pour la Reverb).


7) Osez l’expérimentation
Maintenant que vous avez les bases, on va tout déconstruire… ou presque. Conservez de bons réflexes de branchement et de réglages pour des registres rock, blues, hard rock… Mais si vous avez envie de sortir 
un son plus inattendu, dans un esprit psychédélique, progressif, ou expérimental, bousculez certains acquis.

Vous pouvez, dans ce but, placer la Reverb avant le Delay, ce qui rend votre son plus flottant, plus nébuleux, et toujours aérien (on pense notamment à des guitaristes de post-rock qui se servent de ce type de réglage pour certains solos, en replaçant une seconde Reverb derrière ce branchement, ou en utilisant une Reverb branchée à la bonne place, mais qui dispose d’un réglage nommé Pre-Delay, qui peut rendre vos attaques de médiator moins saillantes). Devin Townsend vient de sortir un multi Delay-Reverb chez Mooer, l’Ocean Machine, qui autorise ce genre de folie, avec de multiples réglages et placements de Delay et de Reverb à divers endroits de la chaîne.

Si vous avez 2 Delays sous le pied, pensez The Edge. On entre alors dans le domaine du Dual Delay, ou le second fait se répéter le premier à un tempo différent pour créer d’incroyables riffs. Vous en avez pour des heures de bidouillages, mais vous allez vous éclater.

C’est le moment d’abuser de certains réglages de mix sur la Reverb, mais faites toujours attention au Delay, qui peut totalement modifier la physionomie de votre riff quand les répétitions se font aussi fortes que les notes que vous jouez, à moins que cela ne soit le but recherché.

Des envies de son aux portes du larsen (pensez à la fin du Karma Police de Radiohead), choisissez l’auto-oscillation avec votre Delay. Un effet de jeu plus facile à obtenir avec un modèle analogique qu’avec certains modèles numériques ayant quelques limites. Le principe est simple : poussez au max le potard de mix de votre Delay, ainsi que celui du nombre de répétitions, puis jouez une note. Vous entendrez alors les répétitions augmenter en volume pendant que le son commencera à tordre. C’est le moment de gérer
 le volume (pour ne pas devenir complètement sourd) avec le potard de mix et de jouer sur la vitesse de la vague créée en jouant avec le potard de Delay pour passer d’une vitesse rapide à une vitesse lente, ce qui provoque au passage une variation de la hauteur des répétitions, un peu comme avec une Whammy.

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