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DEFTONES – Gore – (Reprise Records/Warner)

Écouter « Gore », le nouveau disque des Deftones, c’est un peu comme retrouver une ancienne connaissance que l’on n’a pas vue depuis quelques années. Et même si le temps qui passe fait que cette personne a évolué dans sa vie, on la reconnaît de suite à ses gestes, à sa manière de s’exprimer. Ce 8ième album du groupe de Sacramento ne sera donc pas la révolution totale que certains auraient pu attendre. D’ailleurs, la souhaite-t-on réellement ? Sincèrement, non. Pourtant, on ne peut pas reprocher à Chino et sa bande de ne pas revisiter leur musique par petites touches, album après album. C’est parfois infime, subtile, pour ceux ou celles qui ne maîtrisent pas le sujet. Cela semble plus marqué pour cette nouvelle livraison, pour peu que vous vous intéressiez aux divers projets auxquels Chino Moreno participe quand la machine Deftones n’est pas en activité. Si on retrouve bien sûr ici l’indéniable patte du groupe, ce mélange si reconnaissable de lourdeur oppressante et de mélancolie hargneuse, dans la plupart des titres (Doomed User, Rubicon), certains semblent avoir échappé au traitement usuel (Prayers/Triangles, (L)Mirl). Peut-être moins immédiat que « Koi No Yokan », son prédécesseur, « Gore » s’apprivoise doucement mais sûrement au fil du temps, comme s’il libérait à chaque écoute des secrets insoupçonnés. C’est beau, c’est grand, comme ce morceau, Phantom Bride, où Jerry Cantrell pose un solo venu d’ailleurs. Comme cet album qui inscrit définitivement (si besoin était) le nom Deftones au Panthéon des groupes de légende. Du grand art, une nouvelle fois.
Olivier Ducruix

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