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DEAP VALLY – Wonder women

Avec une bonne dose de blues irrévérencieux à faire pâlir les puristes du genre, accompagnée de quelques touches d’un garage rock fougueux, le contenu du second album de Deap Vally, « Femejism », est ultra efficace, mais pas aussi simple qu’il en a l’air. Rencontre avec Lindsey Troy, la guitariste d’un duo féminin haut en couleur.
Propos recueillis par Olivier Ducruix

« Sistrionix » en 2013 et aujourd’hui « Femejism ». Vous aimez donner des noms mystérieux, voire incompréhensibles, à vos albums ?
Lindsey Troy (chant/guitare) : Oui, nous aimons trouver des noms qui n’existent pas et qui poussent les gens à leur trouver une signification. Il n’y a pas forcément de sens caché derrière tout ça. Chacun peut y trouver sa propre interprétation.

La formule duo est également une autre particularité de Deap Vally. Et on se demande toujours si c’est un choix au départ artistique ou une manière de gagner un peu plus d’argent…
Oh, si nous avions voulu gagner plus d’argent, nous aurions sans doute choisi une autre voie (rires). En fait, c’est un peu arrivé par accident. À l’origine, l’idée était de monter un trio. Nous avons donc commencé à répéter avec Ashley Dzerigan. C’était sans nul doute la plus professionnelle d’entre nous, mais elle était pas mal occupée avec différents projets et elle n’était pas souvent disponible. Lors des périodes de composition, Julie (Edwards, batterie/chœurs. Ndr) et moi, nous nous sommes rendu compte que ça fonctionnait très bien à 2 et nous avons continué ainsi. Et ensuite, on s’est dit qu’on gagnerait plus d’argent comme ça (rires) !

Penses-tu que votre manière d’aborder la composition est différente parce que vous êtes un duo ?
Oui, j’en suis définitivement persuadée… C’est drôle parce que, parfois, je pense à la manière dont notre musique sonnerait si nous avions continué à 3… Peut-être un jour, qui sait, mais ça n’est pour l’instant pas du tout à l’ordre du jour. J’aime bien notre manière de fonctionner, c’est une collaboration vraiment basée sur l’échange.

« Femejism » est un mélange de blues déglingué et de garage rock. Mais quand tu as débuté la guitare, quels sont les artistes ou groupes qui ont pu t’influencer ?
J’ai été pas mal marquée par le jeu de Jimi Hendrix, par son inventivité. Je trouvais complètement dingue ce qu’il arrivait à faire avec sa guitare. Mais je ne me reconnaissais pas forcément en lui. Normal, en tant que fille, j’avais envie de m’identifier à des artistes ou des formations qui pouvaient me ressembler. Et Hole a donc été une grande influence, et par la même occasion Courtney Love.

Trouves-tu qu’il n’y a pas assez de femmes dans l’univers du rock ?
Non, je ne pense pas. Il y en a, mais j’ai l’impression que, pour un musicien, le chemin qui mène au succès n’est pas le même si tu es un homme ou une femme, même si, heureusement, des exceptions existent. Il n’y a pas une avenue toute tracée vers la reconnaissance quand tu es une femme et cela prend plus de temps. J’espère qu’un jour les mentalités changeront !

 

Zoom matos

deap_vally_lindsey_troy
Lindsey Troy et sa Fender Mustang – Photo : © Olivier Ducruix
  • Fender Mustang (1973 ou 1974)
  • Fender Bassman
  • Fender Deluxe
  • Electro-Harmonix Big Muff
  • Electro-Harmonix Holy Grail
  • Boss Super Octave OC-3
  • Boss Chromatic Tuner TU-3
  • EarthQuaker Devices The Depths

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