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DATAGLITCH – Le grand détournement sonore

Avec Dataglitch, une association créée par des passionnés du détournement sonore, le mot bidouillage prend tout son sens. Expérimenter en s’amusant, oui, c’est possible.
Propos recueillis par Olivier Ducruix

Sur quelle base est née l’association Dataglitch ?
Sylvain : l’idée de départ était de créer soi-même des synthétiseurs, des modules de sons ou des effets, à partir de composants bas de gamme du marché et en détournant de leur usage premier des vieilles consoles de jeu vidéo, des instruments en plastique pour enfants. Nous les ouvrons, cherchons à provoquer au hasard des courts-circuits pour déformer le son de base. L’association est également un label qui sort des vinyles en produisant des artistes attirés par ce genre de détournements. C’est vraiment de l’expérimentation sonore et nous sommes à fond dans tout ce qui touche à l’analogique. En parallèle, nous organisons également des ateliers pour aider les gens à construire leurs instruments et leurs pédales d’effets en leur apprenant les bases de l’électronique.

Et pour ce qui est de votre présence à « Silence, ça fuzz ! » (premier salon de la pédale boutique, qui s’est tenu les 25 et 26 janvier 2020, au Point Éphémère, ndlr) ?
Nous avons organisé un atelier pour montrer qu’il est possible de réaliser une pédale de Fuzz avec uniquement quatre composants et ce, sans aucune connaissance en électronique. Au final, les inscrits repartent avec un effet de bonne facture qui leur aura coûté quelques euros.

Sans aucune connaissance électronique, c’est à dire ?
Le niveau équivaut aux cours de troisième en technologie. Il faut juste souder les quatre composants entre eux, vu qu’il n’y a pas de circuits imprimés, avec un schéma que tout le monde peut trouver facilement sur Internet, en tapant les mots clés « pédale d’effet guitare do it yourself ». C’est facile à réaliser, nous ne sommes pas des as de l’électronique. D’ailleurs, personne dans l’asso n’est capable de réparer un frigo ou une télé (rires). Nous aidons surtout les gens à lire le schéma choisi et à bien identifier les composants. Une fois chez eux, ils pourront alors se débrouiller sans notre aide. Il faut juste être patient au début.

Dans la présentation de l’atelier, il était conseillé que les participants viennent avec leur boîtier…
Nous sommes musiciens à la base et nous trouvons ça plus sympa de customiser son instrument ou sa pédale, en récupérant des vieux jouets, des boîtes de conserve, un vieux sèche-cheveux… Tout est possible !

Même si l’association est plus spécialisée dans les synthés, vous faites quand même des pédales. Quel est l’effet roi dans ce genre d’atelier ?
La Fuzz reste facile à faire car elle ne nécessite que quatre composants : deux condensateurs, un transistor et une résistance. Sans le boîtier, il y en a pour 5 euros.

Une pédale de Fuzz qui sonne pour 5 euros ?
Mais oui ! Avant de m’intéresser aux synthés, j’ai joué de la guitare et un jour, j’ai acheté une pédale MXR vintage que j’ai payée 100 euros. Elle ne fonctionnait plus, je l’ai ouverte et j’ai découvert qu’il y avait pour 4 euros de composants ! Après, tu payes la conception du circuit, la recherche, et les ingénieurs qui ont réalisé la pédale.

Construire sa propre pédale, c’est dans l’ère du temps ?
Nos grands-parents faisaient les choses par eux-mêmes et pourtant, ça n’était pas vraiment à la mode (rires). Les synthés ou les pédales, ça coûte un bras et au final, tout le monde a le même son. Lorsque tu fais ta propre pédale, tu vas pouvoir te démarquer, en l’associant à un boîtier plus onéreux, pour au final avoir un rendu plus personnel. Les Fuzz réalisées lors de cet atelier vont sonner différemment en fonction de la qualité des composants. Et cette qualité, c’est toi qui la choisis.

www.facebook.com/dataglitch.org

Dossier complet « Fabriquez vos pédales » dans le Guitar Part n°313

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