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BOKASSA – Au royaume du stonerpunk

Adoubé par le batteur de Metallica, en première partie des Four Horsemen sur toute leur tournée européenne, ce jeune trio norvégien au nom étrange semble vivre un rêve éveillé. Bokassa est fin prêt à conquérir le monde avec la sortie de son second album, « Crimson Riders », mélange abrasif de punk, de hardcore et de stoner.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Ole Ekker

Vous définissez votre style comme étant du stonerpunk. Pourquoi avoir choisi cette appellation ?
Jørn Kaarstad (chant/guitare) : Personnellement, j’ai grandi en écoutant autant Fu Manchu et Clutch que Bad Religion et Propagandhi, d’où ce mélange entre lourdeur et mélodie. J’ai également toujours été un grand fan des Suédois d’Entombed, surtout de leur période death’n’roll dans le milieu des années 90, avec l’album « DCLXVI : To Ride Shoot Straight And Speak The Truth ». Mais bon, pour moi, Propagandhi reste probablement le meilleur groupe du monde !

Et ce sont ces mêmes groupes qui t’ont poussé à faire de la guitare électrique ?
Non… Quand j’étais môme, je me souviens d’avoir vu un jour un poster de Jimi Hendrix avec sa Stratocaster. Il avait l’air tellement cool sur cette photo que ça m’a donné envie de m’y mettre ! Tout comme l’album « Use Your Illusion II », des Guns N’ Roses, que j’adore. Slash a bien sûr compté pour moi, mais quand j’ai commencé à faire de la musique, mes modèles ont été Greg Graffin de Bad Religion et Fat Mike de NOFX. J’adore aussi Joe Perry, le guitariste d’Aerosmith. « Get A Grip » fut d’ailleurs le premier disque que j’ai acheté de ma vie.

Tu as une culture punk très marquée et, en même temps, tu cites des guitaristes très hard rock, ce qui n’est pas commun…
Je me moque des règles élaborées par la police du punk (rires) ! Si j’aime un truc, c’est le plus important, quelque soit le style, et ça ne me pose aucun problème d’écouter dans la foulée les Guns et Propagandhi.

Bokassa est devenu l’un des groupes préférés de Lars Ulrich et vous ouvrez pour Metallica sur toute la tournée européenne. N’as-tu pas peur qu’avec une telle exposition les choses aillent trop vite pour le groupe ?
Non, car nous sommes conscients qu’en 2019, la musique la plus populaire est la techno ou le rap, pas le rock. Ok, nous bénéficions actuellement d’une grosse exposition médiatique en jouant dans des stades en première partie de Metallica, mais nous allons quand même rester un « petit » groupe. Les radios ne diffusent pas de rock et cela reste un genre confidentiel. Et cela me va car, au final, ce sont vraiment des passionnés qui viendront nous voir en concert ou qui achèteront nos disques. Cette exposition médiatique nous permet de toucher un public beaucoup plus important en peu de temps, en jouant dans des stades. Mais cela ne nous empêche pas de continuer à nous produire dans des clubs comme ce soir (la veille du concert en première partie des Four Horsemen, Bokassa donnait un concert dans un club parisien, le 1999, devant une soixantaine de personnes. Ndr). C’est d’ailleurs plus notre lot quotidien de jouer dans ce genre d’endroits plutôt que dans des stades immenses.

« Crimson Riders » est la continuation logique du premier album, avec toujours ce mélange de punk, de hardcore et de stoner. Pourtant, il y a un titre qui sort du lot, Vultures, beaucoup plus catchy que les autres…
J’avais le riff principal de ce morceau depuis un moment, mais je ne savais pas quoi faire avec. Je le trouvais trop pop et groovy pour Bokassa. Et puis nous nous sommes dit : « on l’aime ? Oui, alors rien à foutre, on le joue ! ». C’est effectivement un titre à part, mais tu ne contrôles pas toujours ce que tu composes : parfois, tu sors un gros riff, d’autres fois, quelque chose de plus léger. Il ne faut donc pas prendre Vultures comme une possible nouvelle direction musicale pour nous. Je travaille en ce moment sur des nouveaux morceaux pour notre troisième album et, crois-moi, il y aura du gros riff !

Bokassa, c’est un nom bien étrange… Est-ce une référence directe au dictateur de la République centrafricaine en place dans les années 70 ? Et pourquoi l’avoir choisi ?
C’est bien de Bokassa 1er dont il s’agit. Nos paroles abordent très souvent les atrocités dans le monde, les cultes, la religion organisée, les dictateurs… Nous trouvions qu’en choisissant ce nom, il résumerait les thèmes de nos chansons. L’Histoire ne doit pas être oubliée. On a toujours l’espoir que toutes ces atrocités n’auront pas lieu à nouveau… En fait, c’est notre batteur qui a proposé ce nom et comme je suis fasciné par les dictateurs, du moins ce qui les amène à le devenir et que j’étais en train de lire un ouvrage sur Bokassa, ce nom est apparu comme une évidence. Mais je comprends qu’en France, avec l’affaire des diamants, il peut porter à controverse (révélée par Le Canard Enchaîné en 1979, cette affaire avait fortement contribué à la défaite de Valéry Giscard d’Estaing aux élections présidentielles face à François Mitterand, deux ans plus tard. Ndr).

Zoom matos

  • Guitares Nebelung Riffmeister (x2)
  • Tête Victory VX100 Super Kraken
  • Baffle Victory 4×12″
  • Pédales : Wah Wah, Noise Suppressor, Delay

Pays d’origine de Bokassa, la Norvège a enfanté un paquet de bons groupes de rock, (DumDum Boys, Motorpsycho, Kvelertak, Audrey Horne…), sans oublier sa scène black metal très active (Enslaved, Satyricon, Dimmu Borgir, Mayhem…).  Voici les formations qui ont marqué Jørn Kaarstad.
« J’étais vraiment un grand fan de Gluecifer et de Turbonegro, mais le groupe norvégien qui m’a le plus marqué est Thulsa Doom avec l’album « … And Then Take You To A Place When Jars Are Kept », qui est à mon avis le meilleur disque de rock sorti dans notre pays. Nous avons eu la chance d’ouvrir pour Thulsa Doom lors d’un concert au Rockfeller Music Hall, en Norvège, et ce fut un moment incroyable, comme si je jouais avant mes héros ! »

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