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BLUES PILLS – Dorian Sorriaux, un Breton chez les Nordiques

C’est l’histoire d’un môme qui a quitté la Bretagne pour vivre une aventure rock’n’roll en Suède avec le groupe Blues Pills, fondé par d’ex-Radio Moscow et la chanteuse Elin Larsson. Dans les studios de GP, Dorian Sorriaux fait les présentations de leur deuxième album « Lady In Gold ».
Propos recueillis par Flavien Giraud – Photo : © Olivier Ducruix

En 2012, j’avais 16 ans et, lors de notre première tournée au Sud de l’Espagne, on s’est arrêté à une station essence, tout le monde dormait dans le van, mais au dernier moment,
je suis allé aux toilettes, et quand je suis ressorti : plus de van ! Ils m’avaient oublié ! C’était en plein été, il faisait 40°, tu voyais des squelettes d’animaux morts dans les champs, et j’étais pieds nus, en maillot
 de bain ! Pas de portable, pas d’argent ! Et pendant que je me chauffais les fesses sur un banc au bord de l’autoroute, le conducteur a dit « Où est le gosse ? On a oublié le gosse ! ». Ils ont fait demi-tour et sont revenus 1h après. » Dorian Sorriaux a fait son apprentissage en accéléré des joies de la vie d’un groupe de rock…

Comment un jeune guitariste breton s’est-il retrouvé dans un groupe avec une chanteuse suédoise et une section rythmique américaine ?
Dorian Sorriaux (guitare) : Avec mon premier groupe, on a fait la première partie de Radio Moscow, à Lorient, et on a passé la journée à discuter avec Zach (Anderson, basse. Ndr) et Cory (Berry, batteur, remplacé depuis par André Kvarnström, Ndr). Ils étaient là tous les 2 au premier rang à regarder le concert. C’était une journée spéciale : ça a changé ma vie ! Je suis
 resté en contact avec eux et quand ils ont quitté Radio Moscow et commencé Blues Pills en Suède, ils m’ont proposé de venir jammer… Pour des Américains, la France et la Suède, c’est comme aller d’un État à un autre, ce n’est pas si loin, deux heures d’avion : évidemment, j’ai dit oui ! Ils m’ont envoyé les morceaux du premier EP par internet, j’ai enregistré mes parties et 
leur ai renvoyé mes solos : on jouait déjà ensemble avant même de le faire dans la vraie vie ! J’ai fini ma première S et mon bac par correspondance, puis j’ai déménagé en Suède !

Comment ça se passe de débarquer 
si jeune avec sa guitare dans un pays scandinave ?
J’ai appris plein de choses ! Musicalement, mais aussi humainement… Je n’étais qu’un petit guitariste français de 16 ans comme tant d’autres. Il n’y a plus les parents, tu te débrouilles, même s’ils m’ont beaucoup aidé. Si j’ai besoin de conseils je les appelle, mais tu es quand même à l’autre bout de l’Europe. Et puis on a fait plusieurs tournées, on est parti en Australie… Le premier album, on l’a enregistré dans une maison abandonnée : quand on a poussé la porte, on a trouvé un rat mort ! Au premier solo que j’ai fait, Don (Alsterberg, leur producteur. Ndr) avait l’air un peu soucieux, alors je lui ai demandé : « Tu n’aimes pas les solos de guitares ? – Si, mais j’aime les BONS solos de guitare. » L’important c’est d’apporter quelque chose au morceau. Ne pas faire une démonstration sans mélodie. J’ai appris ça grâce à lui. Et sur le deuxième album encore plus : certains trouveront peut-être qu’il y a moins de solos, mais pour moi, chaque partie apporte quelque chose…

Vois-tu « Lady In Gold » comme un nouveau chapitre ou une continuité ?

Je le trouve plus personnel, on a plus trouvé notre son et notre style. Le premier album était blues rock avec de petites touches psychédéliques ; même si ça reste présent, il y a plus de soul, et aussi plus de clavier, des chœurs… C’est le développement naturel du groupe. On est arrivé en studio sans un seul morceau complet, on les a composés en jammant…

– Retrouvez la masterclass de Dorian Sorriaux dans le n°270 de Guitar Part –

Zoom matos
Si Dorian nous a montré ses riffs sur une Gibson SG que nous avions en test à la rédaction, il avait avec 
lui une guitare acoustique bien vintage : « C’est une Levin de 1954, c’est très populaire là-bas, tout le monde a la Levin de sa grand- mère (rires) ! J’ai acheté celle-là dans un magasin de vintage en Suède, dans une petite ville qui s’appelle Karlstad. Ces guitares ne valent pas très cher, ce n’est pas une Gibson LG-1, mais c’est un peu le même esprit. J’aime bien les vieilles guitares pleines de charme. Et puis, au niveau du son, c’est moins agressif que les guitares modernes, c’est plus subtil… Pour l’utiliser sur scène, j’ai installé un micro Fishman Rare Earth en me branchant dans mon ampli, avec de la réverbe et un peu de trémolo. En live je joue principalement avec ma SG II Special de 1970 avec des mini-humbuckers. Elle a un son super naturel, presque comme une Strat boostée à fond. Et l’autre que j’utilise beaucoup, c’est une copie de Les Paul du luthier américain Larry Corsa, avec des P-90. »

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