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BERTRAND MUSIC – Une histoire de famille

C’est à Issoire, en plein cœur de l’Auvergne que Pierre et Nils Bertrand, père et fils, animent un magasin de musique où il fait bon aller, avec des instruments neufs, vintage et un atelier de lutherie dédié à la guitare sous toutes ses formes : électrique, folk, classique, jazz, Weissenborn…
Propos recueillis par Jean-Louis Harche

Pierre, le père, s’est installé en 1993, puis est devenu luthier, en autodidacte, par passion. Depuis tout ce temps, et jusqu’à la
 lecture de ces lignes, de fidèles clients l’appellent d’ailleurs Bertrand, en croyant utiliser son prénom, à cause de l’enseigne, Bertrand Musique… Son fils Nils a fait de son côté un choix réfléchi. Doté d’une licence professionnelle en design de produit et packaging, suivie d’une expérience en conduite de projet, il a d’abord enchaîné une année de voyage à travers le monde et deux années de petits boulots, avant de suivre les cours de l’ITEMM (Institut technologique européen des métiers de la musique), et d’envoyer enfin, comme tout le monde, un CV pour travailler dans l’entreprise familiale ! Écoutons Pierre : « Ce que j’ai transmis à Nils, en premier, c’est ma démarche qualité, Je ne veux pas qu’il y ait de défauts, surtout ceux qui ne peuvent pas se voir. Quand je fais une guitare, le temps ne compte plus, ce n’est pas un métier que tu peux faire à moitié. Le choix du bois est essentiel. Pour évaluer sa sonorité il ne suffit pas de tapoter dessus,
 il faut étudier chaque pièce, la regarder, la toucher, la ressentir… Coupé, le bois reste un matériau “vivant”. Pour le travailler, nous utilisons des machines traditionnelles, sans commande numérique. Nous sommes très vigilants sur l’hygrométrie au moment du collage, c’est une condition absolue de la pérennité de l’instrument. Nous attachons aussi beaucoup d’importance à l’écoute du client, pour trouver ce qu’il y a derrière les mots, traduire les sensations en technique et… écarter les éventuelles impossibilités (rire) ! C’est aussi cela la lutherie ! Coté stock nous privilégions les bois locaux, j’ai un magnifique érable argenté ondé de plus de 50 ans, qui a appartenu au grand-père d’un client, du très beau Noyer de 40 ans d’âge coupé par mon oncle, un excellent frêne olivier (frêne commun, Fraxinus excelsior L. quand il est veiné de brun) et un gros stock d’ovangkol, (proche du palissandre, est utilisé par des marques comme Taylor, Eastman, ou Warwick, pour ses basses. La résine issue de son écorce, solidifiée ou semi-fossile, appelée « copal » est censée éloigner les mauvais esprits… Ndr) un bois qui du côté son est deux tiers palissandre et un tiers érable ». La
 Blush que nous avons testée a été créée par Nils pour Samuel Ducloux, un architecte amateur de PRS qui joue du death metal et du doom en drop C (Do Sol Do Fa La Ré). Il est arrivé à l’atelier avec un premier dessin déjà bien avancé… Quelques rectifications plus tard, surtout dans la recherche d’une ergonomie maximale, le plan final était prêt !

Cliquez sur l’image pour accéder au site de l’atelier

Photo : © C. Mellini

Jean-Louis Horvilleur est depuis
 plus de 12 ans, Jean-Louis Harche, testeur matos chez Guitar Part, avec un goût immodéré pour les grosses
 pelles metal, ce qu’il cumule
 avec le rôle d’audioprothésiste. Il donne des conférences, enseigne et écrit sur le risque auditif et les bons moyens de conserver son audition tout au long de sa vie. Il est aussi de président du Conseil Scientifique de Bruitparif (l’organisme de surveillance du bruit en Ile de France), et à ce titre membre du groupe Santé du Conseil National du Bruit.

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