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AYRON JONES – L’enfant de Seattle

Inconnu du grand public jusqu’à ce jour, Ayron Jones pourrait rapidement voir sa notoriété changer de statut avec un troisième album abouti. Bienvenu dans le melting-pot musical de Mister Jones.
Propos recueillis par Olivier Ducruix – Photo : © Alysse Gafkjen

Quel a été ton parcours avant de te lancer vraiment dans la musique ?
J’ai commencé à jouer de la guitare électrique à l’âge de 13 ans. Je me suis longtemps débrouillé seul, en jouant par-dessus des disques, avant de prendre des leçons. J’étais obsédé par l’instrument et je pouvais passer des heures à déchiffrer tel morceau sur tel album !

Tu as donc appris la musique en prenant des cours ?
Oui… Enfin, dans le cadre de l’école, pas dans un institut privé, ce qui n’était pas forcément fantastique (rires) ! J’y ai quand même appris les bases du violon et de la guitare. Tous les dimanches, je jouais aussi dans une église, j’ai donc pas mal baigné dans le monde du gospel, et la guitare était pour moi un moyen de m’exprimer.

Tu dis avoir suivi un cursus plutôt classique à l’école. Pourtant, ton jeu sonne très atypique, instinctif, surtout tes solos…
Je n’écris pas les parties de mes solos. Parfois, je les enregistre en une seule prise. D’autres fois, cela peut prendre plus de temps, en bricolant plusieurs prises, il n’y a pas de règles. Quand je fais un solo, le plus important est de garder un maximum de feeling, je ne recherche pas forcément la perfection. Ce sont justement les imperfections qui vont donner une identité à ton jeu.

Quels ont été tes modèles lorsque tu as débuté la guitare ?
J’ai grandi dans le même quartier que Jimi Hendrix, à Seattle. Forcément, il m’a grandement influencé. D’autres guitaristes, tels que Stevie Ray Vaughan, B.B. King, Albert King, Freddie King, Muddy Waters ou encore Robert Johnson, ont également joué un rôle très important lorsque j’ai commencé la guitare. Et vu que je suis de Seattle, difficile pour moi de ne pas avoir été influencé par Nirvana… Mais je peux aussi citer Michael Jackson et Lenny Kravitz, deux artistes qui m’ont aidé à façonner mon son.

Dans le livret de ton album « Child Of The State », on peut te voir avec deux guitares : une Telecaster couleur naturelle et une Stratocaster en finition Aztec Gold. Tu es donc un Fender boy avéré ?
Oh oui, même si j’adore aussi le son des Gibson. Disons que je continue de perpétrer l’héritage des guitaristes de Seattle en jouant sur une Strat, comme Jerry Cantrell ou Stone Gossard. Ma guitare principale était une Fender HSS Standard de couleur noire, mais je l’ai cassée lors d’un concert… Je l’ai sacrifiée au dieu du rock (rires) ! Je travaille actuellement avec Fender sur un modèle customisé pour que la marque me fasse une guitare qui me ressemble, avec des caractéristiques choisies par mes soins. Par contre, sur l’album, j’ai utilisé de nombreux modèles : Telecaster, Stratocaster, Thunderbird, Les Paul… Ce qui m’importait, c’était de trouver le bon rendu pour tel morceau, telle partie.

« Child Of The State » est ton troisième album. Comment expliques-tu que les deux précédents soient restés confidentiels, du moins en Europe ?
Je les ai réalisés en indé, ils n’ont donc pas bénéficié d’une véritable promotion. Comme ils sont restés confidentiels, j’ai repris quelques anciens titres pour les réarranger et les enregistrer à nouveau lorsque j’ai signé un contrat avec une vraie maison de disques. Mais la majeure partie de « Child Of The State » est quand même composée de nouveaux morceaux. Et si tu cherches à mettre la main sur mes deux premiers albums, je te souhaite bon courage (rires) ! Ils m’ont quand même permis de savoir qui j’étais en tant qu’artiste et guitariste. Pour le nouveau, c’était plus une recherche de mon son. J’ai eu la chance d’enregistrer dans un grand studio de Seattle (le London Bridge, qui a vu passer Pearl Jam, Alice In Chains, Soundgarden, Candlebox… ndlr). C’était la première fois que je me retrouvais dans un tel lieu, avec du temps pour expérimenter afin de trouver mon identité sonore.

Tu as parfois fait la première partie d’artistes et de groupes de renom (B.B. King, Jeff Beck, Guns N’ Roses…), mais tu as également beaucoup joué dans des bars et des petits clubs. Quelle expérience gardes-tu de cette période ?
J’ai appris qu’il faut être capable de donner le meilleur de toi-même devant n’importe quelle audience, quelles que soient les conditions : un stade lors d’une première partie devant 10 000 personnes ou un bar face deux clients… le serveur compris (rires) ! C’est comme cela que je suis devenu musicien à plein temps, en jouant tous les soirs, parfois des reprises à mes débuts, ou mes morceaux. Le plus important, c’est que les personnes présentes se souviennent de ton concert parce qu’elles reviendront au prochain et en parleront autour d’elles : « j’ai vu un gars dans un bar, on devait être trois ou quatre. Et pourtant, il a joué comme s’il était devant des milliers de personnes » (rires) !

Le mot grunge est souvent revenu dans la discussion. Pourtant, « Child Of The State » est loin d’être un album voué à ce style. On y trouve aussi du blues, de la soul, du hip hop et bien sûr, du rock. Un vrai melting-pot musical…
C’est exactement ça ! J’ai probablement grandi dans la période la plus diversifiée de l’histoire de la musique, entre la fin des 80’s et toutes les années 90. Le hip hop commençait à faire son trou, le grunge explosait, il y avait de gros groupes de hair metal, tels que les Guns N’ Roses, Def Leppard, sans compter mes propres influences : Jimi Hendrix pour les raisons déjà évoquées, le blues… J’ai donc toujours eu en moi ce mélange de la culture black et du rock, de toutes ces influences qui se télescopaient et je tenais absolument à ce que cela se reflète dans mon nouvel album.

Ex-batteur des Screaming Trees (ancien groupe de Mark Lanegan durant sa période grunge), de Mad Season et de Walking Papers, Barrett Martin a joué un rôle important dans la carrière d’Ayron Jones.
« Barrett a produit mon second disque et il a été comme un mentor pour moi en m’apprenant comment arranger ma musique et en me préparant à une éventuelle signature avec un gros label. Sur le nouvel album, il a coproduit trois titres, dont le single Take Me Away, qui m’a permis d’être plus médiatisé. Son importance a été capitale dans mon parcours de musicien et, quand je parle de mes influences grunge en tant qu’habitant de Seattle, je ne peux que penser à lui. »

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