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TesseracT, James Monteith - Un écran au-dessus

Digne représentant de ce courant si particulier du metal, le djent, depuis plus de quinze ans, restant technique, mélodique et toujours en avance sur son temps, TesseracT ne met jamais ses pieds dans le même sabot. Pour preuve, ce troisième live hautement cinématographique. Il est l’essence même de la musique du quintette de Milton Keynes, tout en proposant son lot de nouveautés. Le moment pour nous d’en discuter avec James Monteith, également guitariste de Cage Fight, groupe dans lequel chante la Française vue dans un Incroyable Talent, Rachel Aspe.

TesseracT 2025 : Acle Kahney (guitare), Jay Postone (batterie), Dan Tompkins (chant), James Monteith (guitare), Amos Williams (basse).

Vous sortez votre troisième live en quinze ans. Peux-tu nous décrire ce qu’il contient exactement ?

Ce concert est notre plus grosse production à ce jour. Nous l’avons capté en 2024. Nous ne voulions pas juste enregistrer cinq mecs sur scène, nous voulions proposer plus. Créer une vraie atmosphère, raconter une histoire… Que ce soit même au niveau de notre visuel, Dan (Daniel Tompkins, chant) a par exemple voulu opter pour un maquillage rouge. De même, nous avons voulu proposer la prestation la plus « live » possible. De nos jours, beaucoup de groupes utilisent des bandes. Cela nous arrive aussi, car nous n’avons pas assez de guitaristes pour toutes les harmonies, mais, pour ce qui est des chœurs, nous avions des chanteuses supplémentaires, ce qui donne un rendu incroyable. Le résultat est vraiment unique, que ce soit visuellement ou musicalement.

Pour l’occasion, vous avez joué des titres jamais joués live auparavant. N’était-ce pas un peu risqué, sachant qu’il n’y aurait pas de seconde chance ? As-tu ressenti du stress au moment de les jouer ?

Tu sais que je ne me souvenais pas que nous les avions joués pour la première fois ce jour-là (rires), car nous les avons joués plus d’une fois depuis, sur l’année qui vient de s’écouler. Enregistré ou non, c’est toujours stressant de jouer pour la première fois un titre live. De toute façon, nous ne sommes jamais vraiment contents de nos prestations. Au maximum, nous le sommes à 90 % (rire). La vérité est que nous étions surtout inquiets, car le show était bien plus gros avec plus de lights, plus de personnes sur scène, des transitions différentes. Nous préparons bien la musique, mais, dès que cela touche à autre chose, il est évident que le stress est plus grand.

Je fais le parallèle avec votre précédent live, réalisé durant le confinement, où vous aviez eu deux jours pour les prises.

Il est certain que, pour celui-là, nous avons fait trois sets complets et gardé les meilleures prises, ce qui est bien plus confortable (rire). Mais, heureusement pour nous, tout s’est bien passé cette fois-ci et nous sommes très satisfaits du résultat final.

La setlist de « Radar OST » contient sept titres de « War Of Being », alors que, par la suite, vous n’en jouiez plus que cinq. Pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce que, lorsque nous sommes en tournée, nous choisissons les titres les plus énergiques. L’optique est de faire un show vraiment rock and roll et pas forcément proposer le même type de voyage que nous avons proposé lors de ce concert qui restera un one shot.

Un mix Dolby Atmos est proposé pour l’album. As-tu eu l’occasion de l’écouter dans ces conditions ? Et il y aura-t-il des sessions pour les fans, car tout le monde n’a pas ce système chez lui.

Je n’ai pas eu la chance de l’écouter dans ces conditions, malheureusement. J’espère avoir l’occasion de le faire. Cela serait une super idée que de proposer cela à nos fans.

« RADAR O.S.T », TesseracT.

Votre son en général évolue entre chaque album, ce fut encore le cas sur « War Of Being ». Peux-tu nous parler de ton approche du son ?

C’est effectivement une constante chez TesseracT. Nous essayons d’évoluer sans pour autant tenter de nous réinventer. Nous ne voulons pas nous répéter, car cela pourrait être ennuyeux pour tout le monde. Acle (Alec Kahney, guitariste et membre fondateur) est le cerveau de tout cela et il fait très attention à ce que nous ne nous répétions pas. Par exemple, nous avons beaucoup plus jammé ensemble, afin de créer les prochains titres afin d’avoir un rendu plus organique, car c’est finalement ce qu’un groupe live doit faire : proposer quelque chose d’organique. Le djent, comme il était fait avant, était plutôt créé dans sa chambre, avec une précision chirurgicale, nous avons voulu nous éloigner de ça et proposer quelque chose de plus vivant, tout en gardant cette approche technique, bien entendu.

Est-ce pour cela que vous venez de passer sur des Quad Cortex ?

Nous sommes en permanence à la recherche de nouvelles sonorités et il donne effectivement un côté très organique. Notre premier album a été enregistré avec un Line 6 Pod et puis nous sommes passés sur des Kemper et maintenant le Quad Cortex.

Finalement, penses-tu qu’il est plus facile de travailler sur son son en 2025, que dans les seventies où tu devais pour cela tester plein d’amplis, de pédales, changer de guitares…

La question est très intéressante, car, entre le Kemper et le Quad Cortex, j’ai accès à quasiment tous les amplis et son du monde. J’aime travailler avec tout en sachant que cela peut avoir ses limites aussi. Mais j’aime leur praticité, car, lorsque tu es en tournée, que tu sois dans une petite ou grande salle, ton son reste le même. Cela évite à ton ingé-son de s’arracher les cheveux pour que tu aies le même son chaque soir. C’est un gain de temps et d’argent.

J’ai vu que, récemment, tu avais mis ta guitare préférée en spare laissant place à ta custom shop.

Elle est même à la retraite, maintenant (la sortant de son rack derrière lui), je n’ai pas envie de l’endommager. Mais celle que j’utilise actuellement en est très proche. Elle est toujours sur une base d’Ibanez RGD, sauf que, cette fois, elle est verte translucide. J’ai laissé le kill Switch dessus, même si je ne m’en sers quasiment plus. Mais j’aime parfois faire comme Tom Morello (rires).

As-tu d’autres guitares que des Ibanez (en arrière-plan, il y a une acoustique Ibanez elle aussi) ?

Je suis un grand fan d’Ibanez depuis toujours. Que ce soit Steve Vai, Joe Satriani, Paul Gilbert ou encore Korn et Fear Factory, tous jouent sur Ibanez et j’adore leurs guitares. Très jeune, j’ai eu un deal avec un distributeur anglais et, depuis 2011, j’ai eu accès à des custom shop. Leurs guitares sont géniales.

« Je suis un grand fan d’Ibanez depuis toujours. Que ce soit Steve Vai, Joe Satriani, Paul Gilbert ou encore Korn et Fear Factory, tous jouent sur Ibanez et j’adore leurs guitares. »

Penses-tu qu’un jour on pourrait sortir des albums sans avoir à utiliser de guitares ?

Avec l’intelligence artificielle, tout est possible. Regarde ce qui il y a eu avec ce titre d’Architects. Mais, tant qu’il y aura des amoureux de l’instrument, cela n’arrivera pas. Et, personnellement, j’aime trop la guitare pour ça, c’est un sentiment unique que d’en jouer.

Avez-vous commencé à travailler sur le prochain album ?

Il y a déjà quelques titres bien avancés. Il n’y aura pas de nouvel album en 2026, mais il y aura des nouveautés, à commencer par une nouvelle chanson avant les festivals de l’été (TesseracT se produira notamment au Hellfest). Un album pour 2027 ? C’est possible… Je ne sais pas exactement quels sont les plans exacts.

Lorsque tu composes pour TesseracT, as-tu déjà eu le sentiment que les riffs étaient trop extrêmes et donc plutôt à utiliser dans Cage Fight, ou arrives-tu à séparer tes sessions de travail ?

Oh oui. Parfois je bosse sur des choses pour TesseracT, mais ça ne colle pas, alors je les simplifie et ça finit dans Cage Fight (rires). Blague à part, ce que nous faisons avec Tesseract est plus expérimental, moins rentre dedans tout en restant heavy malgré tout. Si j’ai une idée qui est peut-être trop « metal », je la garde effectivement pour Cage Fight.

Avec TesseracT ou Cage Fight, James Monteith varie les plaisirs.

Cela a-t-il été le point de départ de Cage Fight, ces riffs qui n’avaient pas de place dans TesseracT ?

Lors du confinement, je voulais faire quelque chose de plus direct, de plus metalcore. Et, en moins de temps qu’il en faut pour le dire, j’ai eu un nouveau groupe. Nous avons eu ensuite des propositions de concerts, un album. C’est un accident heureux, ce n’était pas prémédité. Dans les faits, c’est compliqué de jongler entre les 2. C’est pour cela qu’il y a pas mal de concerts où je ne suis pas d’ailleurs. Nous avons un deuxième album pour l’année prochaine et nous allons donner plusieurs concerts en France d’ailleurs.

Pour finir, avez-vous déjà pensé à proposer une version acoustique de l’un de vos albums ?

Faire cet exercice sur un album complet serait trop difficile, mais adapter des titres de notre catalogue serait envisageable. Nous avions tenté l’expérience avec des morceaux du premier album, c’était une expérience vraiment intéressante, mais cela reste compliqué à mettre en œuvre.

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