
Depuis plusieurs mois, tu inondes tes réseaux sociaux avec tout un tas de clip et/ou vidéos humoristiques. C’est plutôt atypique comme façon de procéder.
Eh bien, figure toi que je me suis inspiré de Julien Doré qui a sorti un album de reprises avec des titres délirants comme du L5 ou encore du Philippe Risoli. Il sortait un clip par mois. Et, s’il l’a fait, c’est bien qu’il y avait une raison. Pour moi, cela me permettait de fidéliser mon audience et, en même temps, d’en gagner une nouvelle. En plus, cela maintient l’algorithme de Spotify constant et heureusement que j’ai procédé ainsi. Par contre, c’est énormément de boulot, car il fallait à chaque fois trouver l’idée – une idée qui coute que dalle, car je n’ai pas d’argent –. Mais, au final, on s’en est bien tiré et je suis super contente.
D’autant qu’en plus de l’artistique, tu as monté une équipe et géré ce qui se passe à côté. Ce qui n’est pas forcément perceptible par le grand public.
C’est exactement ça. Quand tu te lances dans la musique, tu penses que tu ne vas que composer des titres et les jouer, mais c’est totalement faux. Si je devais quantifier, je pense que la musique ne prend que 10 % de mon temps, mais, heureusement, je suis très bien entourée. J’ai un super manager, Richard Gamba, qui a géré Gojira pendant 11 ans et qui m’aide au quotidien. Il m’a trouvé les bons RP, les bons tourneurs etc.
C’est album n’est pas ton coup d’essai, puisque tu avais déjà sorti un disque, tu as joué également dans Furies. Pour autant ce disque semble être l’éclosion de Lucie Sue
La différence c’est qu’avant j’étais toute seule. Je ne savais même pas qu’il fallait pitcher les titres sur Spotify par exemple. En plus je sortais de mon divorce, j’avais un mood super down. Après, avec Furies, ça a été la rencontre avec Zaza (batteuse de Furies) qui m’a appris énormément de choses, je lui dois beaucoup aussi. Et là, en 2025, j’ai la patate, je suis en mode bulldozer. Je pense que les gens ont besoin de ce positif et que c’est l’une des raisons pour lesquelles l’album plait.
Tu as plus d’une casquette sur ce disque. Comment s’est fait le choix de la guitare sur scène et pas la basse, comme c’était le cas dans Furies ?
Tout simplement parce que j’ai du mal à jouer de la basse et chanter en même temps. Sur scène, je fais la guitare rythmique, donc c’est relativement simple. Alors que la basse est une ligne mélodique contre la ligne mélodique du chant et mon cerveau n’aime pas ça du tout (rires). Ça se travaille, je pense en être capable maintenant, mais j’en étais incapable quand je me suis lancée, donc c’est resté ainsi. Les parties compliquées, je les donne à Enzo, parce que c’est un tueur et moi, je fais les trucs « Roch Voisine » (rires).
Au cours de tes vidéos, on a pu vu que tu es endossée par de nombreuses marques. Peux-tu nous parler de ton équipement ?
Pour les guitares, je suis chez Jackson, pour le côté industriel, et par le luthier Novo. Valentin m’a fait une guitare sur mesure à partir de tonneaux de vin qui ont plus de 200 ans. Moi, ce storytelling, je kiffe (rires). J’ai vraiment pu dessiner la forme et il me l’a fabriquée. Jackson j’adore leurs guitares qui font bien heavy metal avec des SP custom. Et c’est cool, car si j’avais un pourcentage au début, celle avec laquelle j’ai joué au Hellfest m’a carrément été offerte. J’ai aussi un deal Fender. Pour les pédales, je suis chez Audiolithe, elles ont un aussi cool qu’elles sont belles. L’équipe est géniale. Je suis également chez Two Notes. À la base il m’avait donné un preamp quand je jouais dans Furies, c’est tellement pratique et le son est fat. Pour les sangles, ce sont des Get’m Get’m faites à la main par des filles à Los Angeles. C’est marrant d’ailleurs, au dernier concert d’Ozzy, beaucoup de musiciens en avaient. Et comment oublier Shure, heureusement qu’ils sont là eux aussi. Honnêtement, je suis hyper bien entourée et je réalise que j’ai beaucoup de chance.
Quelle sera la suite après la sortie de l’album ?
J’ai déjà pas mal de dates en France. Après, si tout se passe bien, il devrait y avoir pas mal de dates à l’étranger, même rien n’est signé encore, mais il y a plein de signes positifs. Mes titres passent sur deux grosses radios anglaises, ce qui est trop cool. J’ai eu aussi beaucoup de retours positifs dans mes interviews hors France. Ils doivent surement me trouver exotique (rires).

Article paru dans le numéro 375 de Guitar Part.
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