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ANA POPOVIC – Madame est Serbie

À l’heure où le disque semble presque dépassé, Ana Popovic a su faire preuve d’audace en sortant un triple album sobrement intitulé « Trilogy » avec 3 différentes ambiances : jazz, funk soul et blues. Un projet majeur pour celle qui ne cesse de grimper sur l’échelle des guitaristes qui comptent.
Propos recueillis par Thomas Baltes

Ana, comment t’es-tu lancée dans ce projet ?

J’avais cette idée en tête depuis un certain temps, et le business musical est dans un état tel que personne ne peut prédire ce qui va se passer dans les prochaines années. Je me suis dit que si je devais mener ce projet à bien, j’avais intérêt à le faire maintenant. Dans quelques années, qui sait si les gens achèteront encore des CD ?

Quel était le sens du projet ?
Je voulais donner beaucoup de musique pour assez peu d’argent, mais sans faire ce classique double album, dans lequel les gens amassent tout ce qu’ils ont, et même des trucs qu’ils n’aiment pas forcément. Pour moi, il y avait vraiment 3 sessions différentes, et j’ai choisi avec une grande attention les bonnes chansons pour cette trilogie. Au départ, je ne savais pas si j’allais sortir les disques en même temps. Mais quand j’ai enregistré la première partie, « Funk & Soul », ça s’est passé si parfaitement que je l’ai terminée en un clin d’œil. Et j’en voulais encore plus ! Alors j’ai enregistré le jazz, puis j’ai gardé le meilleur pour la fin, avec seulement du blues et du rock. J’ai essayé de les faire sonner aussi différemment que possible les uns des autres.

Comment y es-tu parvenue ?
J’ai choisi 3 groupes, 3 studios,
et 3 producteurs. Tous étaient très bons, et ils auraient probablement pu faire les 3 disques – ils en avaient d’ailleurs envie. La façon dont je chante, mon phrasé, s’est aussi adaptée aux différents styles musicaux.

On ne te connaissait pas dans un registre jazz…

Non, c’est vrai. Mais tu sais, c’est aussi un disque de blues-jazz. Si tu écoutes Sarah Vaughan ou Ella Fitzgerald, tu réalises qu’elles sont bluesy ! C’était ça, le jazz avant, et j’aime ces standards. Parfois, je me demande pourquoi
 les gens qui étudient le jazz dans les écoles ne l’approchent pas par le côté blues, parce qu’en réalité, ce n’est qu’un blues un peu altéré.

As-tu joué sur du matériel différent pour les trois albums ?

Oui, j’ai bien sûr joué sur ma Stratocaster de 1964. Pour le funk et le blues, j’ai utilisé 3 amplis, le Mesa Boogie Mark IV, un Fender Super-Reverb Blackface 65 et un Bassman. Ils ont été enregistrés tous les 3 en même temps, de telle sorte que je puisse choisir après coup. Pour la partie jazz, j’ai enregistré sur un Fender Deluxe Reverb avec une Gibson ES-175 ; c’était la première fois que je jouais sur Gibson.

Parlons du Jimi Hendrix Experience Tour auquel tu participes depuis
 2014 avec de très nombreux grands musiciens. Qu’as-tu appris d’eux ?

J’ai appris plein de choses, et je pense vraiment que cette tournée le permet, parce qu’on se serre les coudes, et qu’on écoute beaucoup ce que les autres font. Ces musiciens ont vraiment les pieds sur terre, ce qu’on n’attendrait pas vraiment de la part de gens aussi connus. Et ce n’est pas juste un concert de reprises, c’est la famille de Jimi qui a mis ça sur pied. C’est différent quand c’est sa sœur Janie qui t’appelle pour jouer !

Les musiciens de la tournée ont-ils appris quelque chose de toi ?
Je ne peux pas parler pour eux, mais je sais qu’ils pensaient que c’était fantastique que je fasse une chanson au slide, parce que c’est la seule de la tournée (Can You See Me).

ana_popovic_2

Zoom matos

  • Fender Stratocaster Serie L 1964
  • Gibson ES-175
  • Mesa Boogie Mark IV
  • Fender Super-Reverb Blackface 65
  • Fender Bassman
  • Fender Deluxe Reverb

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